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 Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]

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MessageSujet: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Mer 23 Nov - 14:42


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon


Je soupire profondément, quelle pénible journée que fut la mienne. Le laird s'évertue à me faire atteindre des sommets d'irritabilité jamais encore inégalés jusqu'à ce jour. C'est à se demander, s'il ne complote pas avec ma femme pour me faire perdre la raison.  Il est peu probable que ce soit le cas, je pense que mon oncle n'a pour l'instant aucun intérêt concret envers ma femme, depuis que celle-ci s'est uni à moi s'entend. Il ne manquerait plus que ça d'ailleurs, quelques encouragements feraient sans doute d'elle la plus enragée de toutes les femmes du pays, quant à moi, ne me resterait-il plus que la pendaison, la noyade ou l'empoisonnement pour m'extirper d'une telle situation ? Inutile de songer à cela, après tout, bâillonner ma femme sera sans doute la manière la plus aisée d'obtenir une paix certaine pour moi-même. De fait, cela aura raison de l'idée qu'elle se fait de mon côté barbare. Allons bon, il faut que je cesse d'y penser ou cette idée deviendra si tentante que je risque bien de la mettre à exécution, sans même y éprouver le moindre remord.

Je glisse une main dans mes cheveux, tout en frottant machinalement. Le laird m'a fait perdre mon temps avec des choses sans importance. Le retard, n'est pas un fait coutumier chez moi et je ne tiens pas à ce qu'il en devienne une habitude. Le pauvre William qui à dû m'attendre sans savoir si je viendrais, heureusement qu'il possède un certain talent pour la patience, tout du moins plus que j'en aurait au cours de mon existence. Enfin, il avait de bonne raisons de prendre son mal en patience. En tout cas, la lettre en ma possession peut sans fausseté se prétendre, posséder la vertu d'un tel fait. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de jeter un œil à son contenu, que dieu donne à l’Écosse sa liberté et je crois que je serai bon de gagner la mienne. Quoiqu'il en soit, William m'a paru plus mal en point que la dernière fois. La mort d'Anne, semblerait-il fait de lui un autre homme. J'éprouve quelques peines à songer à cela, je ne suis d'aucune utilité pour venir soulager un malheur si grand. Je n'ai même pas idée de ce qui pourrait atténuer des maux si fort. Il faut que j'en parle à Peter, peut être saura t-il trouver une manière plus à même de satisfaire une volonté qui m'est chère.

Je fais quelque pas pour venir m'appuyer contre le rebord de la cheminée. Seul le feu pétillant sur l'âtre vient à troubler un silence certain. Je sors de ma poche la lettre que j'avais glissé un peu plus tôt. Je l'ouvre et en parcours son contenu. L'écriture y est fluide, sans doute l’œuvre de quelqu'un de coutumier du fait. Elle ne m'est pas inconnue, par le passé j'avais dû recevoir les lignes de ce correspondant-ci. Je fronce les sourcils à l'évocation d'un nom qui ne m'est guère connu. J'éprouve un certain scepticisme quant aux faits indiqués, pourtant je dois me rendre à l'évidence que ces derniers semblent corréler entre eux. Décidément, tout est fait pour m'exaspérer, comme si la journée ne s'était pas suffise à elle seule. Agacé par le contenu de la lettre, je la froisse avant de la jeter dans les flammes. C'est en regardant cette dernière brûler que je me convaincs de la nécessité de m'entretenir avec Peter et le plus tôt sera le mieux. Il est grand temps qu'on en finisse avec cette affaire, elle n'a eu de cesse que de trop durer, j'ai hâte d'y mettre un terme et je pense que Peter et William seront tous les deux prêt à m'accorder ce point.

Je me redresse et m'étire en me retournant, puis je parcours la chambre du regard. Bon sang ! Où est-elle passée ? N'y a t-il pas d'indiquer dans son manuel de parfaite petite anglaise que la ponctualité peut être considérée comme une vertu ? Je lâche un profond soupire en me passant une main sur le visage. Je ne suis pas d'humeur à m’exhorter à la patience et au calme ce soir. Je finis par laisser mon regard se porter sur les flammes qui dansent dans l'âtre, j'y cherche un moyen d'y apaiser mes pensées, mais n'y trouve aucune satisfaction. A quoi dois-je m'attendre ce soir ? La connaissant, par habitude disons-le, je ne pense pas qu'elle soit enclin à m'accorder une parfaite tranquillité, à croire qu'elle ne s'arrête jamais, ou qu'elle trouve un intérêt certain à m'exaspérer.  Celui qui n'a pas de femme se garde bien loin de tous les maux envisageables, ou alors fut-il sourd ou aveugle celui qui se croit capable de les supporter. Remarque, jamais Peter n'a paru avoir quelques griefs à l'encontre de Jane, ou mon père à l'égard de ma mère. Que de réjouissance, à l'idée que je sois le seul à posséder une épouse qui se complaise à faire perdre la raison à son mari.

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♛ Arrivé(e) en Ecosse le : 08/10/2016
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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Mer 23 Nov - 23:16


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon


"Mon cher Arthur, chers anglais, je dois malheureusement vous laisser. Dieu sait que mon époux doit m'attendre dans sa demeure écossaise. "


Dans une révérence digne d'une parfaite anglaise, elle offre un sourire à ces compatriotes avant de tourner les talons. Des soldats anglais sont arrivés aujourd’hui sur les terres Douglas. Au grand plaisir d’Élizabeth qui a déjà sympathisé avec l'un d'entre eux. Le Laird l'avait chargé de présenter les terres aux soldats et sans la moindre hésitation elle avait accepté. Cela lui évitait d'être avec sa belle-sœur qui lui rappelait que trop bien qu'elle était une anglaise, une rose bien seule dans ce pays inconnu. Elle était simplement restée un peu tard avec tous ces hommes, leur racontant avec plaisir son calvaire depuis son mariage. Se rappelant avec plaisir pourquoi elle se devait de détester son mari qui fait bien trop d'effort envers elle et qui est bien trop charmant pour qu’elle arrive à le détester autant qu'elle le voudrait. A cette pensée elle soupire. Et elle fait clore une toute petite partie d'elle même qui lui dit qu'elle est ridicule et que la personne qui lui a tellement plu au bal est avec elle tous les jours mais qu'elle refuse de le voir. Oui elle la fait taire à coup de talons posé fermement sur le sol. Elle ouvre la porte, se sert un verre d'eau qui lui fait du bien après la bière qu'elle a bu avec les anglais et se dirige vers sa chambre, leur chambre en revêtant cette armure d'anglaise parfaite et haineuse envers son mari trop écossais. Elle ouvre la porte, et après avoir lancé le bonsoir le moins chaleureux du monde part se cacher derrière le paravent qu'elle a fait installer au grand dam de George dans la chambre du couple. Derrière elle hôte sans difficultés ces vêtements et prend sa chemise de nuit.

"Des soldats anglais sont arrivés aujourd'hui, ils sont charmants de vrais gentleman. Votre oncle m'a demandé de leur faire visiter le clan. Et la bière qu'ils ont rapportée et très bonne. Cela doit bien faire un an que je n'ai pas passé une si bonne soirée!"


Une pique après l'autre elle lui dit clairement qu'elle n'est pas heureuse ici. Elle dit clairement à cet écossais qui n'aime sans plus les anglais qu'elle à passer la soirée avec des anglais. Des anglais, des vrais. La bière qu'elle a ingurgité ne la rend pas saoule, mais permettent à plusieurs partie d'elle de se déchirer. Elle sort de sa cachette recouverte de sa longue chemise blanche, pour aller se poster devant un petit miroir dans le coin de la chambre, près de la cheminé. Doucement elle défait ces longs cheveux châtains, tandis qu'elle observe ses yeux à la lueur de la bougie.

" Je crois que ce soldat, Arthur avait raison. Mes cheveux sont exactement de la même couleur que mes yeux. Miel. Je crois même qu'il a rajouté quelque chose comme étincelant, ou... pétillant. Qu'en pensez-vous George? Les autres soldats anglais avaient l'air d'être de son avis. "


Une partie d'elle lui dit de se taire, que ce n'est peut-être pas le soir où elle devrait le chercher. Pas au vue de sa posture. Pas au vue de l'air fatigué qui lui tire les traits, cette partie d'elle avant même qu'elle est l'occasion de la bâillonner et de l'enfermer dans un coffre de sa mémoire traverse ses lèvres.

"Vous devriez vous reposez, vous avez l'air extenué."


La bière anglaise lui avait peut être fait plus d'effet qu'elle ne l'aurait voulu. En un an, jamais elle ne lui a dit quelque chose comme ça. Jamais elle ne lui a montré le moindre intérêt. Et jamais elle lui à montrer qu'elle connaissait son visage, sa façon d'être quand il ressent telle ou telle émotions. Jamais. Et elle n'avait pas l'intention de le faire un jour.

"Vous ne voudriez pas avoir l'air d'un pauvre écossais fatigué devant ces fringuant anglais. "


Elizabeth sourit face à son miroir. Peut-être que quelques secondes ce sont passées avant qu'elle ne se rattrape. Mais elle doute que George prenne cela pour une faille. Non, cela fait longtemps qu'il a abandonné l'idée qu'Elizabeth accepte ce mariage. Du moins elle l'espère c'est plus facile de le détester quand il fait exactement ce qu'elle attend de lui, être une écossais, s'énerver, se tourner et abandonner. Oui. C'est plus facile.


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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Jeu 24 Nov - 16:06


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George Douglas et Elizabeth Brandon


La porte s'ouvre, cela ne peut être qu'elle. Elle lance un bonsoir glacial qui m'est destiné, je n'y prête guère attention et ne veille même pas à y répondre. De toute façon, elle n'en a que faire. Elle continue son chemin pour se dissimuler derrière le paravent. Maudit Paravent ! Encore l'une de ses brillantes idées pour m'exaspérer. Une chose est sûre, ma femme ne manquera jamais d'ingéniosité, si elle pouvait l'employer à une cause plus noble que celle à laquelle elle s’exerce chaque jour, je pourrai y éprouver quelques plaisirs.   Je jette un regard noir à l'objet incriminé, si ça ne tenait qu'à moi, il y a longtemps que cette chose innommable ne serait plus dans ma chambre et accessoirement la sienne. A présent, je n'ai plus qu'à me fustiger moi-même d'avoir tolérer sa présence depuis qu'elle l'a fait installer.

—Des soldats anglais sont arrivés aujourd'hui, ils sont charmants de vrais gentleman. Votre oncle m'a demandé de leur faire visiter le clan. Et la bière qu'ils ont rapportée et très bonne. Cela doit bien faire un an que je n'ai pas passé une si bonne soirée!

Ma chère, c'est inutile de m'informer de leur arrivée, je suis homme qui ne se tient pas en ignorant. Charmant, plait-il ? Je comprends pourquoi vous teniez, tant à me le dire. Des soldats Anglais gentleman ? On aura tout vu, dire qu'on ose me mépriser à l'idée même que je sois un barbare. Tiens donc ! Une chose visiblement dont je n'étais pas au courant, si mon oncle pouvait éviter de s'occuper de vous, cela m'arrangerait au plus haut point. Qualifier la bière Anglaise de bon goût, c'est faire abstraction du bon sens qui est propre à chacun ! Au moins cela a pour mérite d'expliquer la raison d'un tel babillage !  Je serre les dents à sa dernière réplique, cette tirade n'avait que pour intérêt de me froisser, de me blesser dans mon amour propre et dans mon orgueil. Je dois reconnaître que c'est plutôt réussi. Je m'exhorte au calme, pensant qu'elle a sans doute finit ses enfantillages. C'est ce moment là qu'elle choisie pour sortir de sa cachette, je me contente de la suivre du regard. Elle s'arrête devant un miroir, s'affaire à ses cheveux, un truc de femme.  

—Je crois que ce soldat, Arthur avait raison. Mes cheveux sont exactement de la même couleur que mes yeux. Miel. Je crois même qu'il a rajouté quelque chose comme étincelant, ou... pétillant. Qu'en pensez-vous George? Les autres soldats anglais avaient l'air d'être de son avis.

Plait-il ? Depuis quand les anglais fusent-ils soldats, sont ils pourvus de la moindre raison ? Je sens la tension que j'avais voulu évacuer revenir à la charge. J'ai le cœur qui s'emballe, signe avant coureur d'un agacement profond. Oh ! Qu'importe ce que pensent ces maudits Anglais ! Ils n'ont le talent que de flatter à dessein, quant à vous le talent de vous y confondre ! Ce que j'en pense ? Il n'y a qu'un anglais pour gâcher toute forme de compliments. Comparer votre chevelure à la teneur de vos yeux, n'est que parfaite sottise ! Limiter deux aspects de vous à une seule forme, si plaisante soit elle, ce n'est que donner peu d'importance aux choses qui devraient en posséder. Je pourrai concéder un aspect étincelant ou pétillant, mais à ne pas s'y méprendre, cela n'est guère suffisant. Je pourrai dire avec aisance que vos cheveux ont l'avantage de souligner les traits fins de votre visage, qu'ils ont la particularité de posséder quelques reflets cuivrés aux soleils, qu'au feu de bois ils prennent une teinte plus foncée et qu'à la lueur d'une bougie ils s'obscurcissent tel un ciel d'hiver ! Je pourrai dire que l'idée de glisser une main à travers votre chevelure est alléchante, cela serait tel-que de caresser du bout des doigts une étoffe faite de matières inconnues ! A cela, je pourrai ajouter que l'élégance avec laquelle  vos cheveux retombent sur votre chemise blanche, donne un aspect plus voluptueuse de votre personne ! Ainsi que la manière dont ils glissent contre le tissu lorsque vous vous agitez, ne peut que contraindre à l'imagination de les voir s'épanouir à même votre peau !

Quant à vos yeux que certains se complaisent à qualifier de couleur miel, je me refuserai à accepter une telle comparaison, même sous la contrainte ! Je pourrai dire que lorsque vous, vous évertuez à jouer votre comédie auprès de moi, ils se voilent et donne un marron assez terne, ce qui ne rend pas justice au regard que vous possédez ! Je pourrai aussi dire, lorsque vous êtes agacée, qu'ils ont tendances à se foncer et on peut y déceler une brillante lueur, je comparerai aisément cela à une pointe d’impétuosité qui est le propre même de votre personne. A cela j'ajouterai que lorsque vous prenez du plaisir à quelque chose, bien qu'on ne puisse pas dire que vous teniez à me le montrer ! Ils prennent une teinte mordorée qu'on peut songer à s'y méprendre, être seulement dû à l'effet de jeux de lumières ! Mais pour celui qui à la chance de le savoir, cela n'est que le reflet de la perspicacité de votre caractère et de la finesse d'esprit que vous possédez! Je pourrai aisément vous dire tout cela ! mais ma chère, je ne suis guère d'humeur à vous accorder ce plaisir, pas même s'il l'on m'offrait le trône d’Écosse et je pèse mes mots !  

—Vous devriez vous reposez, vous avez l'air exténué.

Tellement occupé à songer que j'ai manqué de peu de ne pas entendre sa réflexion. Mais à peine ai-je le temps de porter attention à ce propos qu'elle vient à approfondir sa remarque.

—Vous ne voudriez pas avoir l'air d'un pauvre écossais fatigué devant ces fringuant anglais.

Je me disais aussi qu'elle ne pouvait pas se montrer si aimable, voilà qui ressemble d'avantage à ses réflexions habituelles. J'inspire profondément, pour ne pas céder à la fureur qui menace de jaillir, cela ne serait que de lui donner ce qu'elle désire. Lentement je m'approche d'elle, pour m'arrêter à sa hauteur, puis je me penche pour capter le reflet de son regard dans le miroir. C'est sur un ton froid et hostile que je lui rétorque :

—Au regret de vous contrarier, je n'ai malheureusement pas encore un pied dans la tombe. Quant à vos Anglais et ce…Alfred ? Si je ne m'abuse, ne sont que de la poudre aux yeux….

Je viens poser ma main sur son épaule et fait jouer mon pouce avec le tissus. A cette distance très limitée je peux aisément sentir l'odeur de la bière qui l'a imprégné. Je fais glisser mes doigts contre le tissu, en souriant cyniquement à son reflet, puis en arquant un sourcil qui peut me donner un air de suffisance, je continue sur le même ton :

—Je pourrai m'évertuer à vous prouver que je ne suis pas si fatigué que mes traits semblent laisser paraître… gage qu'un écossais éreinté vaut certainement une troupe de fringant anglais, mais à vrai dire, je ne suis guère d'humeur pour cela.

Je m'écarte d'elle, puis je regagne ma place prêt du feu, sans chercher à nouer de nouveau son regard au mien. Je soupire profondément avant de passer une main dans mes cheveux pour tempérer les battements de mon cœur qui ne font que me rappeler mon exaspération. Enfin, je lâche sur le ton de l'avertissement :

—Elizabeth, ma chère, ce soir il serait préférable que vous cessiez vos enfantillages. Je ne suis vraiment pas d'humeur à me prendre à votre jeu. Allez vous coucher, je crois que seules des scènes fort pénibles y compris pour vous que pour moi-même, pourraient résulter d'une conversation qui n'a que peu de raison de s'éterniser.

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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Dim 4 Déc - 15:21


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon


Elle se touche les cheveux, essayant de les faire ressembler à quelque chose même si la seule chose qui aura le plaisir de les observer sera son oreiller. Et son mari. Cet homme si charmant qu'elle s'oblige à détester. Les raisons de cet acharnement s’éronnent au fils des mois et toute piqure de rappel que ce soit de l’énervement de sa part ou la visite d'anglais est bon pour lui faire respecter la promesse qu'elle s'est faite à elle-même. Ne jamais céder. Elle est anglaise et aurait dû épouser un anglais non un écossais. Encore moins un écossais qui s'habille tel un anglais dans un bal afin de lui mentir. Elle sourit face au miroir. Oui elle ne cèdera pas. Son silence lui laisse le soin d'aller plus loin dans sa provocation, et pourtant une partie d'elle-même le trouve fatigué. Usé? Une partie d'elle- même s'inquiète et serait déjà en train de lui demander d'aller se coucher, de prendre soin de lui, peut-être même de l'embrasser et de se blottir contre lui. Doux rêve. Cauchemard. Non ça n'est pas elle, jamais une telle chose n'arrivera. Son cerveau est en plein combat et elle rattrape une inquiétude par une réflexion plus blessante encore.


—Au regret de vous contrarier, je n'ai malheureusement pas encore un pied dans la tombe. Quant à vos Anglais et ce…Alfred ? Si je ne m'abuse, ne sont que de la poudre aux yeux….

Son ton est encore plus froid que d'habitude. Plus froid est plus lointain. Et davantage que les paroles, c'est le ton de son époux qui la blesse. Surement l'alcool qui la rend plus faible que d'habitude. Son cœur se serre mais en passant une dernière fois le peigne dans ces longs cheveux elle se reprend. Une main se pose sur son épaule et elle sent le pouce de son cher et tendre jouer avec le tissu de sa chemise, tissu si fin qu'elle sent la chaleur de son doigt sur son omoplate. Elle serrait tentée de fermer les yeux mais ce geste montrerait trop qu'elle apprécie sa proximité, à lui, et à elle.


—Je pourrai m'évertuer à vous prouver que je ne suis pas si fatigué que mes traits semblent laisser paraître… gage qu'un écossais éreinté vaut certainement une troupe de fringant anglais, mais à vrai dire, je ne suis guère d'humeur pour cela.

La chaleur sur son épaule s'évapore et elle observe l’écossais rejoindre le feu, autre source de chaleur. Elle ne dit rien quant aux paroles. Que pourrait-elle dire. Que cela veut dire? Qu'il serait prêt à la forcer? Elle se demande elle même si elle arriverait bien longtemps à lui résister. La bière était décidément trop forte. Mais aucune partie de son cerveau ne lui donne cette information. Enfin elle se lève, et se dirige vers le petit flacon de whiskey présent dans la pièce afin d'en servir deux verres. Un pour elle? Peut-être. Elle se maîtrise se dit-elle. Elle n’a pas trop bu se dit-elle. Foutaise. Un verre de plus et toute sa résistance et ces belles promesses pourraient s'envoler. Mais elle n'en a pas conscience. Sinon elle ne tiendrait pas ce verre à George alors qu'elle se trouve à une demi mètre de lui à côté de la cheminé.

—Elizabeth, ma chère, ce soir il serait préférable que vous cessiez vos enfantillages. Je ne suis vraiment pas d'humeur à me prendre à votre jeu. Allez-vous coucher, je crois que seules des scènes fort pénibles y compris pour vous que pour moi-même, pourraient résulter d'une conversation qui n'a que peu de raison de s'éterniser.

Elle hausse un sourcil. Enfantillage? Elle boit une gorgée de son verre. Fait tourner le verre entre ses doigts avant de se rapprocher d'une vingtaine de centimètre.

"Si vous souhaitez me faire peur George. Vous vous fourvoyez. Je n'ai pas peur de vous. Et je n'aurais jamais peur de vous, quelque soit vos avertissement. "

Elle-même ne sait pas à quoi elle joue. La partie froide d'elle même, celle qui est au-devant de la scène depuis un an essaie de la prévenir. Prévenir que son comportement change. Que l'alcool prend sa place et que si elle continue tout changera. Tout. Elle essaie de la prévenir, encore et encore, mais la bière et la gorgée de Whiskey tel une vague se contente d'enfermer cette partie d'elle dans un coffre. Et Elizabeth ne s'en rend même pas compte. Elle ne se rend pas compte qu'habituellement elle ne se tiendrait pas si proche de son mari. Qu'elle ne lui tendrait pas un verre. Qu'elle ne plongerait pas ses yeux dans les siens. Rien de tout ça ne lui est habituel. Une autre gorgée du breuvage écossais vient lui brûler la gorge. Cette brûlure lui fait un petit rappel, son mari est écossais. Elle ne doit pas succomber. Quand bien même elle se retrouve si proche de lui. Il l'a acheté, comme un bétail. Et ces ces mots qu'elle essaie de garder en mémoire alors qu'elle se rappelle qu'elle doit envoyer une lettre à sa mère.

"J'ai eu une missive d'Angleterre aujourd'hui. Ma mère, elle s'inquiète. Elle pense que ce mariage est une erreur. Elle me dit que si elle avait eu le choix elle n'aurait pas conclu ce mariage. Je serai curieuse de savoir comment vous l'avez forcé à conclure ce contrat. "


Alors même que les mots sortent de sa bouche, la partie d'elle même qui est amouraché de George depuis un an lui rappelle que sa mère avait le choix. Que tout le monde à ce choix. Et que si George l'a acheté, sa mère la vendue. Elle finit son verre dans un mouvement brusque et pose le petit récipient sur la cheminée.

"Vous savez que je ne pourrais jamais me faire à habiter ici George n'est-ce pas?"


Étrangement sa voie est plus posée et elle chuchote presque. C'est comme une confidence qui s'échappe de ces lèvres. Parce que si elle n'aime pas les écossais, les écossais haïssent les anglais. Si d'habitude ces mots seraient sortis avec provocation et méchancetés gratuite, cette fois c'est comme une triste confidence que ces mots sont prononcés. D'une femme à un homme. D'une femme imbibée par bien trop d'alcool dont les différentes parties d'elle-même se font la guerre. La guerre pour être une anglaise, qui ne cédera jamais. Pour être Elizabeth, qui ne comprend plus ces batailles. L’alcool gagne la bataille au fur et à mesure que son comportement illogique et incompréhensible change.


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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Lun 5 Déc - 9:52


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—Si vous souhaitez me faire peur George. Vous vous fourvoyez. Je n'ai pas peur de vous. Et je n'aurais jamais peur de vous, quelque soit vos avertissement.

Vraiment ? J'espère pour vous, Elisabeth que sur ce point là, l'avenir vous donnera raison. A force de provocations, gageons que ce qui risque de suivre ne saura qu'être déplaisant. Quant à la peur que je pourrai vous inspirer, je ne serai que trop espérer que vous ailliez vu juste car loin de moi l'idée de vous effrayez, mais parfois, il est difficile de savoir sous l'effet de la colère qui de l'humain ou de la bête, tapis en chacun de nous prendra le dessus. J'ai si peu confiance en moi-même que je ne saurai affirmer quoique ce soit en cet instant, même si elle semble penser qu'il n'y a aucun risque. Après tout, oublie t-elle, cette vision dépréciative qu'ont les Anglais à l'égard des Ecossais, de mes semblables et de moi-même ? Ce soir, je ne suis pas d'humeur à savoir si les fondements qui font de moi un barbare puise cette idée dans une vérité quelconque. Elle ne me craint pas, mais fort heureusement, je me crains à moi-même. Elle me tend un verre, je crois que je le prends plus par réflexe que par envie. J'estime qu'elle a suffisamment bu pour nous deux, il vaut mieux que je garde la tête froide, déjà que c'est assez difficile sans avoir bu, alors je n'imagine même pas si je me laissais aller à ingurgiter du Whiskey. Elle, cela ne semble pas la déranger puisqu'elle continue à boire, comme si elle pouvait noyer quelque chose dans tout cet alcool. Honnêtement, elle y perdra seulement son esprit et le bon sens qu'il peut posséder. Elle finit par reprendre la parole, toujours sur le même ton :

—J'ai eu une missive d'Angleterre aujourd'hui. Ma mère, elle s'inquiète. Elle pense que ce mariage est une erreur. Elle me dit que si elle avait eu le choix elle n'aurait pas conclu ce mariage. Je serai curieuse de savoir comment vous l'avez forcé à conclure ce contrat.

Heureusement que je ne bois pas, sinon je me serai probablement étouffé en avalant de travers. Comment cette vieille mégère a t-elle pu dire qu'elle n'avait pas eu le choix ? De qui se moque t-on ? Il y a un an, elle était bien loin d'éprouver tant de scrupules, au fait de vendre sa fille au premier venu. Quant à ma responsabilité, c'est parfaitement ridicule de songer à cela quand on sait ce qui s'est vraiment passé. Je n'ai pas le temps de répondre qu'elle finit son verre et avec le moins de délicatesse possible, elle le pose sur la cheminée. Puis elle dit d'une voix beaucoup plus posée et légère, comme un chuchotement :

—Vous savez que je ne pourrais jamais me faire à habiter ici George n'est-ce pas?

Mon sang ne fait qu'un tour. Dans un premier temps j'éprouve une certaine peine à imaginer sa tristesse à l'idée se retrouver dans la situation qui est la sienne, mais dans un second temps je ne peux m'empêcher de penser à ce que cet aveu à pour effet sur moi-même. Autant je suis habitué à supporter toutes ces méchancetés qu'elle peut me jeter au visage, autant cet aveu qui semble sincère  me fait étrangement plus de mal. Peu importe, je ne dois pas oublier tout ce qu'elle m'a fait endurer pendant cette année, ne serait pas que de faire preuve de faiblesse que de s'évertuer à se montrer agréable et oublier tout le reste juste parce qu'elle en ressent le besoin ? Bien sûr. Rien que de repenser à ce qu'elle m'a dit sur sa mère, je ne peux pas m'empêcher de lâcher un rire amer et de dire sur un ton hostile :

—Qu'importe ce que ce soit disant parangon de vertu vous ait dit ! Il ne s'agit là que de viles calomnies ! D'ailleurs si vous ne vous laissiez pas aveuglément guider par votre orgueil vous n'auriez pas besoin de ma guidance pour vous en rendre compte par vous même ! Au diable  toutes ces idées sur notre mariage !

Je commence à faire les cents pas dans la pièce pour ne pas me laisser à des propos plus désagréables que ceux que je voudrai voir franchir mes lèvres, puis je m'arrête en la regardant et poursuis :

—Vous savez Elisabeth, je vais vous donner la vérité des faits qui me sont si injustement reproché ! Votre mère, n'a pas hésité un seul instant à vendre sa propre fille au plus offrant ! Peu importe, si je puis dire qui serait celui qui accepterai de vous épouser, tant qu'elle y trouverait un intérêt certain. Aurais-je été le pire des hommes que cela n'aurait nullement fait de différence ! Quant à moi-même qui aurait supposément forcer la chose, je puis  vous assurez que sur ce point là, je n’ai à me reprocher que d'avoir accepter, car en vérité, je n'avais nullement l'intention d'épouser une Anglaise ! Cette volonté n'était que seul désir de mon oncle ! Croyez le ou non, celui-ci ne m'a pas vraiment laissé maître de la décision!

Je recommence à refaire des vas et viens dans la pièce, puis je soupire en continuant à parler :

—Bien que sur ce dernier point, les choses son telles que les dire ainsi reviendrait à mentir. A peine avais-je été informé de la volonté de mon oncle à me voir vous épouser que j'ai formaté le plan incongru devenir moi-même en Angleterre, estimer la propre réalité de ma situation et ainsi évaluer le malheur qui serait le mien. Cela ne fut guère compliqué de mettre ma volonté à exécution, tout le monde semblait ravi de ce fait. C'est ainsi que je vous ai rencontré la première fois à ce bal, je n'ignorai en rien votre identité, j'ai donc pu prétendre sans risque d'être dupé, de savoir qui vous étiez vraiment.

Je m'arrête et reporte mon attention sur elle, je poursuis sur un ton qui pointe ma déception :

—Ainsi donc qu'elle ne fut pas ma surprise, oserai-je dire mon étonnement, de constater, bien que cela risque de vous offenser que vous n'aviez à ma propre opinion, rien de l'Anglaise traditionnelle qui est celle que nous connaissons. J'estime ne pas avoir à rougir des sentiments qui étaient alors les miens. A juste titre, je vous avais alors trouver une jeune femme fort plaisante, pour laquelle je ne pouvais éprouver qu'une inclination profonde. Aurais-je pensé un seul instant que dés le lendemain je devrai affronter une froideur et un mépris le plus total ? Bien sûr que non, pour autant, je me suis rangé à l'évidence que cette union, quel-quelle soit d'ailleurs ne pourrait satisfaire qu'à mon propre bonheur. Je pensais, peut être à défaut que le temps finirai par atténuer vos ressentiments à mon égard.

Je fais un vague geste de la main et reprends mon propos :

—A l'évidence, ce ne fut qu'idiotie de songer à cela. A présent, cela fait un an que vous vous évertuez à me mépriser qu'importe la manière dont je me conduis à votre égard, qu'importe les efforts que je m'évertue à faire, cela ne fait guère de différence. Sans doute est-ce plus simple pour vous que de vous complaire dans vos préjugés qui n'ont que pour seul intérêt, de me tenir à une certaine distance de votre personne. Pendant un an j'ai cherché, j'ai tenté de trouver la réponse à mes questions mais n'y suis jamais arrivé. Je ne peux concevoir ce qui vous pousse à être ainsi avec moi.

Je m'approche d'elle et pose mes mains sur les siennes en poursuivant :

—J'aurai tout essayé, tout tenté pour vous convaincre, pour me faire accepter de vous. Si vous êtes malheureuse à présent, vous ne pouvez avoir de grief seulement contre vous même. Vous êtes celle qui refuse d'accéder au bonheur, qui s'empresse de toujours rejeter la main qu'on lui temps.

Je l'enlace, en la serrant contre moi, puis j'ajoute :

—Elisabeth, les sentiments sont comme un feu de bois si on ne les entretiens pas, ils perdent de leur consistance et finissent un jour par s'éteindre. En cela je ne suis pas bien différent. Sans s'en rendre compte on pourrait très vite être bercé par les regrets.

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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Dim 11 Déc - 23:30


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon



- Je ne vous permets pas de parler comme ça de ma mère George ! Et encore moins de me parler comme ça ! Jamais elle n’aurait fait ça.

Avant même qu’elle puisse dire quoi que ce soit son mari qui fait les cent pas dans leur chambre poursuis sans prêter guère attention à ce qu’elle vient de dire.  Il lui lance à la figure ce qu’il appelle une vérité.  Une vérité ? Elle hausse les sourcils.  Elle voudrait dire quelque chose, défendre sa mère, mais la partie d’elle qui est orgueilleuse et qui n’écoutes que d’une oreille ce qu’il dit habituellement est déjà enfermé dans un coffre au fond de son cerveau. Alors elle se contente avec toujours ces fins sourcils haussé d’écouter. D’essayer de comprendre ce qu’il lui lance au visage, d’abord sur sa mère, elle essaie de comprendre encore et encore. Elle sait bien que si son frère avait vécu et non elle, la vie de sa génitrice  serait bien plus facile, bien plus… comme elle le souhaiterait. Sa mère ne lui avait jamais caché sa préférence pour son frère. Mais de là à la vendre comme le soutient George…c’était une autre histoire. Quand elle entend  parler de leur première rencontre elle ne peut s’empêcher de sourire légèrement. « Sentiments qui étaient alors les miens » bizarrement, c’est cette phrase qui lui arrache un battement de cœur. Elle se demande un instant pourquoi il parle au passé, pourquoi elle se pose la question. Elle ne devrait même pas le remarquer et pourtant, elle aurait préféré qu’il parle au présent. Son léger sourire s’éteins aussi vite qu’il est apparu, et elle sent ses yeux devenir humide en entendant le reste de la tirade de celui qui partage désormais sa vie. Elle sent son cœur battre dans sa poitrine comme lors de leur rencontre lorsqu’il la presse contre elle, et avant qu’il n’est le temps de partir c’est elle qui le tient collé contre elle. C’est une larme qui coule lentement le long de sa joue. Larme qu’il ne peut pas voir. Elle pose sa tête sur son torse, et la voie brisée elle parle, beaucoup trop.

-C’est plus compliqué George. Nous venons de deux pays différents. Avec des cultures différentes, des visions différentes. J’ai été éduqué en Angleterre George, j’aime mon pays, j’aime tout ce qui se rapporte à mon pays. Comme  vous aimez tout ce qui se rapporte au votre.  Les Ecossais n’arrêteront jamais de se battre pour leur indépendance, pour celui que vous considérez comme votre roi, nous le savons tous les deux. Et je ne pourrais jamais être de votre côté.  Ce n’est pas parce que je ne dis rien que je ne vois pas que de plus en plus de gens de votre clan se rapproche du jacobisme, que vous…vous en faites partie. Ne me dites pas le contraire, je le sais. Et j’ai déjà perdue un membre de ma famille dans cette histoire lors des dernières rebellions jacobites.  Si l’Angleterre gagne encore, tous vos proches me détesteront encore plus qu’aujourd’hui, qu’importe la position de votre oncle. Et si l’Ecosse obtient ce qu’elle veut… je n’aurais pas ma place ici, vous le savez comme moi. Ce mariage... cette union... tout est voué à l’échec. Je pourrais vous aimer du plus profond de mon cœur, cela ne changerais rien à cette situation…


D’un geste vif elle se défait de lui, et se tourne, de façon à ce qu’il ne voit pas son visage décomposé. Elle se découvre ce soir, elle s’ouvre. Surement trop. Elle ne se rend même pas compte de ce qu’elle dit. C’est au fur et à mesure de ces paroles qu’elle a l’impression que tout ce qu’elle dit est beaucoup trop véridique, qu’elle découvre que son prétexte de mensonge, n’est qu’un prétexte, et que c’est en fait la peur plus qu’autre chose qui l’habite. Bon et son orgueil d’avoir été trompé aussi. Et celui de s’être retrouvé loin de tout ce qu’elle connaissait. En fait c’est un mélange de tout ça ! La tête lui tourne un peu, l’alcool la prend au ventre, elle le sent. Et pourtant, elle ne se rend toujours pas bien compte de ce qu’il se passe.

- Nous aurions une autre vie si  seulement vous étiez anglais. Ou si moi, j’étais née écossaise, tout serait différent.


Elle avance d’un pas. Voilà qu’elle-même s’est surprise. Souhaiter être écossaise. Une absurdité.

- Oubliez ce que je viens de dire. Vous avez raison, je devrais aller me coucher.  


Elle sourit à George, un sourire qui sans aucun doute ne reflète rien d’autre qu’une jeune femme complètement perdue. Elle va de son côté du lit, et s’assoit se permettant de souffler deux secondes. Quelques mots viennent se poser dans sa tête. Qu’est ce qu’il lui arrive ? Voilà la question. Demain tout sera différent. Après une discussion comme celle-là, même si elle lui demande d’oublier, elle sait bien qu’il n’a pas fini avec elle. Et qu’il ne laissera pas tomber. Ni ce soir. Ni demain. Doucement son inconscient lui demande si finalement c’est l’alcool qui parle ? Parce que même avec ce qu’elle à ingurgiter, ces paroles aussi brouillonne soit elle, n’ont jamais été aussi vrai en un an.


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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Mar 13 Déc - 15:54


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon


Je la sens à présent s’agripper à moi, j’éprouve quelques culpabilités, peut-être avais-je été trop dur à son encontre, aurais-je dû m’y prendre autrement ? Je ne saurai le dire, en vérité dés qu’il s’agit de ma propre épouse, il y a peu de choses que je saurai affirmer avec emphase. C’est un fait comme un autre, selon moi qu’une femme, quel-quelle soit d’ailleurs, possède l’art de se rendre l’objet de toute forme de complexité. Un jour j’ai écrit que les femmes sont pires que la peste, là-dessus, je n’ai guère la volonté d’atténuer mon propos. Les hommes ont le talent de s’entre-tuer pour peu de choses et les femmes de pousser un homme à se perdre lui-même. Je n’ai guère le temps de poursuivre mes réflexions qu’elle me dit d’une voix brisée :  

—C’est plus compliqué George. Nous venons de deux pays différents. Avec des cultures différentes, des visions différentes. J’ai été éduqué en Angleterre George, j’aime mon pays, j’aime tout ce qui se rapporte à mon pays. Comme  vous aimez tout ce qui se rapporte au votre.  Les Ecossais n’arrêteront jamais de se battre pour leur indépendance, pour celui que vous considérez comme votre roi, nous le savons tous les deux. Et je ne pourrais jamais être de votre côté.  

Quand je pensais à un fait de complexité, voilà qu’elle même apporte de l’eau à mon moulin. Enfin, en toute sincérité, j’aurai préféré qu’elle me contredise. Je ne comprends pas son obstination à marquer toutes nos dissonances. Je le reconnais, ce serait que de mentir que de ne pas le faire, nous sommes différents sur plus d’un point, par le seul aspect de notre origine même. Pour ma part, je n’y vois là aucun problème réel, ou je m’évertue à ne pas en voir. Quoiqu’il en soit, il est vrai et je l’espère d’ailleurs que les écossais, comme moi, ne cesseront jamais de lutter pour l’indépendance de l’Ecosse, pour que le trône d’Ecosse revienne à celui qui de droit lui appartient. Je ne nierai pas tout cela. Quant au fait de ne pas choisir cette idée-là, je ne peux y éprouver qu’une certaine déception, mais ne me ferait pas l’écho d’un jugement si peu noble et juste que d’invoquer une illégitimité à ce fait, mais cela n’entachera jamais mes propres convictions.

—Ce n’est pas parce que je ne dis rien que je ne vois pas que de plus en plus de gens de votre clan se rapproche du jacobisme, que vous…vous en faites partie. Ne me dites pas le contraire, je le sais. Et j’ai déjà perdue un membre de ma famille dans cette histoire lors des dernières rebellions jacobites.  Si l’Angleterre gagne encore, tous vos proches me détesteront encore plus qu’aujourd’hui, qu’importe la position de votre oncle. Et si l’Ecosse obtient ce qu’elle veut… je n’aurais pas ma place ici, vous le savez comme moi. Ce mariage... cette union... tout est voué à l’échec. Je pourrais vous aimer du plus profond de mon cœur, cela ne changerais rien à cette situation…

Je ne peux pas m’empêcher de sourire légèrement, à ce premier point évoqué. Au moins, il n’y a pas de doute là-dessus, ma femme est plutôt futée. Je perds immédiatement mon sourire à ce qui suit, plus d’une personne avait perdu quelqu’un lors des dernières rébellions Jacobites qu’il s’agisse des Anglais ou des Ecossais, chacun avait eu à payer le prix des tensions et révoltes entre Anglais et Ecossais. Est ce quelque chose de typiquement féminin que de parler en conjoncture ? Si l’Angleterre tue dans l’œuf un quelconque soulèvement Ecossais, il est a envisagé que tout ceux qui ont apporté leur soutien soit tout simplement jugé et condamné pour cela. Autant dire que cela ne me serait guère favorable. Quant à l’autre idée qui m’est bien plus plaisante, celle qui voudrait que l’Ecosse fusse libérée du fléau que représente l’envahisseur Anglais, selon moi, ne représente en rien une menace sur sa propre condition. En m’épousant, elle peut légitimement prétendre à être reconnue comme Ecossaise, après, le vrai fond du problème, c’est qu’elle peut tout autant si refuser. Je ne suis pas de son avis, celui qui à assez de volonté peut parvenir à ce qu’il désire.  Alors qu’une fois de plus, je me perds à mes propres réflexions d’un geste vif elle se défait de moi, et se tourne, avant d’ajouter :

—Nous aurions une autre vie si  seulement vous étiez anglais. Ou si moi, j’étais née écossaise, tout serait différent...Oubliez ce que je viens de dire. Vous avez raison, je devrais aller me coucher.  

Anglais ? Moi ? Que dieu m’en préserve. Certes, elle n’ai guère née Ecossaise, mais notre union  la rend tout autant légitimement Ecossaise qu’une autre. Enfin, c’est comme ça que je me plais à voir la chose. Ah non ! Elle ne m’écoute jamais et voilà qu’a présent, au moment le moins opportun elle s’évertue à le faire ! Décidément, les choses ne sont jamais comme je les désirerai ! Oublier ? Moi ? Bon sang, pense-t-elle qu’il y ait une quelconque possibilité pour que je fusse enclin à avoir des oublis fréquents ? Elle me sourit, mais son sourire n’a rien de flatteur pour moi, elle semble perdue, oserai-je dire désabusée. Elle s’assoit de son côté du lit, se refusant ainsi à poursuivre cette discussion comme si, elle n’aurait rien qu’y puisse donner un intérêt certain. Je ne suis plus sûr de la position que je dois adopter à présent, avec Elizabeth j’ai toujours l’impression de marcher sur des œufs. Ce n’est pourtant pas une raison suffisante d’abandonner en si bon chemin. Enfin, rien est moins sûr, il n’y a pour l’instant, rien de bon qui fut sortit de cette conversation, ou alors je suis suffisamment sot pour ne pas l’avoir remarqué. Quoiqu’il en soit, je viens moi-même à présent m’asseoir sur le lit, à côté d’elle, puis dis d’un ton calme :

—Je ne suis pas homme qui aime à se plaire dans des conjonctures, mais je vais vous accorder quelques mots au votre. Si, effectivement comme vous, vous plaisez à penser je participe d’une manière ou d’une autre à la cause Jacobite et qu’un soulèvement se met en place et qu’il est anéanti par les Anglais, alors vous n’avez rien à craindre. Je serai, probablement arrêté et condamné pour ça, vous ne serez pas entaché par une quelconque association avec moi, vos origines anglaises vous préserve d’une telle chose. Si cela arrive, alors il est certain que vous n’aurez plus à vous souciez de ce que pense ceux de mon clan. Au vu de ce qui risque de m’arriver dans un tel cas, vous ne serez plus soumis à un quelconque engagement à mon égard, libre ainsi de retourner auprès des votre si cela est ce que vous désirez. Pour ce qui s’agit d’une victoire éventuelle d’un soulèvement Jacobite sur la présence Anglaise, cela n’entacherait en rien à mon avis, votre position. Après tout, en vous mariant avec moi, vous pouvez légitimement prétendre à être Ecossaise. Qui peut prétendre posséder un quelconque droit à désunir ce qui a été uni devant dieu ? Personne, ou alors, cela ne serait être qu’un abus de droit. Mais…

Je soupire profondément en me passant une main dans les cheveux. Je ne suis pas sûr de vouloir aller au bout de ce que je m’apprête à dire. Cependant, je poursuis même si cela m’en coûte que de le faire :

—Mais, sur mon honneur Elizabeth, si l’Ecosse finit par repousser les Anglais en dehors de son territoire et que la cause Jacobite l’emporte, je vous laisserai le choix. Si dans une telle condition vous désirez retourner auprès des votre en Angleterre, je ne m’y opposerai pas. Je vous laisserai partir loin de moi, même si ce n’est pas ce que je veux vraiment. Oh ! Je ne suis pas un saint, croyez moi, mais je ne serai pas plus heureux de vous savoir à côté de moi si ce n’est pas ce que vous désirez réellement.


Je fais un vague geste de la main, avant d’ajouter :

—Pour l’heure, personne ne peut dire de quoi l’avenir est fait. Quoiqu’il en soit, je vous trouve bien pessimiste, pour ma part, je ne vois pas les choses ainsi. Je ne suis pas du genre à me plaire dans la pensée d’une vie qui n’est pas la mienne. Aussi imparfaite qu’est celle à laquelle je peux prétendre, elle me donne a satisfaction et je préfère m’assurer à dessiner ce de quoi elle sera faite en son avenir. Je crois en moi et en mes propres convictions pour ne pas craindre ce qui semble poser des incertitudes pour vous. J’ai du mal à comprendre que vous trouviez autant d’entrave à la pérennisation de notre mariage.


Je n’ai pas seulement des difficultés à comprendre une telle chose, j’ai aussi du mal à accepter que cela semble l’empêcher d’éprouver pour moi de l’affection, en vérité bien plus qu’une légère inclination. En toute honnêteté j’ai tôt fait de dire que le sentiments non entretenus pouvaient déserté celui qui les possède, comme s’il s’agissait de ma propre situation. Pêché d’orgueil sans doute, si j’avais réellement été sincère j’aurai du dire que les miens sont aujourd’hui si ce n’est inchangé par rapport à hier, d’autant plus profond que je les avais alors imaginé, mais cela aurait été un peu rabaissant que d’admettre pareille chose. D’un geste hésitant je pose l’une de mes mains sur l’une des siennes, comme si, je craignais qu’elle me rejette. Toujours sur le même ton je dis :

—Vous savez Elizabeth avec vous je ne sais jamais comment m’y prendre, j’ai toujours l’impression de mal faire. C’est simple dés que j’ai l’impression de me rapprocher de vous j’ai tôt fait de me rendre compte que c’est tout le contraire...Je ne voulais pas vous blessez ce soir, je sais que mes propos ont été dur, mais vous m’avez mis hors de moi...

Je n’aurai sans doute pas été aussi exaspérer si elle n’avait pas commencé par s’évertuer à me pousser à bout en me parlant de la sorte de ses stupides anglais qui sont actuellement chez nous. Pour tout dire, bien que j’éprouve une certain contrariété à le reconnaître, cela avait fait naître en moi de viles instincts très peu flatteur pour ma propre personne. Rien que d’y repenser j’ai l’impression d’avoir un poids qui vient m’enserrer. Je lâche un profond soupire en retirant ma main de la sienne et en me levant, puis je dis alors que je commence à me dévêtir du nécessaire pour la nuit :

—Je vous saurais gré à l’avenir de m’épargner le récit de vos activités telle que celles dont vous m’avez fait l’aveu ce soir. Je ne tiens pas à savoir jusqu’à quel point, je suis capable de rester maître de moi-même. A moins bien sûr que vous ailliez l’envie, bien que cela puisse être surprenant de me voir vous enfermer dans cette chambre pour une durée indéterminée.


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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Mer 11 Jan - 20:50


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon


  Elle se sent un peu basculer sur la gauche, et c'est le poids de son mari à ses côtés qui fait fléchir le sommier. Bien sûr qu'il n’oublierait pas. Elle le savait bien, et déjà elle regrettait ses paroles. Elle regrettait cette conversation. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle changerait et pourtant, elle savait que changements il y a aurait. C'était certain. Elle souffle un peu, en se disant qu'elle aurait mieux fait d'aller se coucher, qu'elle aurait mieux fait de rentrer, de fermer la porte, d'ignorer George et de se coucher sans mot dire. Oui. Mais ça ne se passait pas comme ça. Et une partie d'elle n'avait pas envie que ça s'arrête. Vraiment pas. Et c'était cette partie d'elle, enfermée, enfouie trop longtemps qui avait le dessus en ce moment précis.

—Je ne suis pas homme qui aime à se plaire dans des conjonctures, mais je vais vous accorder quelques mots au votre. Si, effectivement comme vous, vous plaisez à penser je participe d’une manière ou d’une autre à la cause Jacobite et qu’un soulèvement se met en place et qu’il est anéanti par les Anglais, alors vous n’avez rien à craindre. Je serai, probablement arrêté et condamné pour ça, vous ne serez pas entaché par une quelconque association avec moi, vos origines anglaises vous préserve d’une telle chose. Si cela arrive, alors il est certain que vous n’aurez plus à vous souciez de ce que pense ceux de mon clan. Au vu de ce qui risque de m’arriver dans un tel cas, vous ne serez plus soumis à un quelconque engagement à mon égard, libre ainsi de retourner auprès des votre si cela est ce que vous désirez. Pour ce qui s’agit d’une victoire éventuelle d’un soulèvement Jacobite sur la présence Anglaise, cela n’entacherait en rien à mon avis, votre position. Après tout, en vous mariant avec moi, vous pouvez légitimement prétendre à être Ecossaise. Qui peut prétendre posséder un quelconque droit à désunir ce qui a été uni devant dieu ? Personne, ou alors, cela ne serait être qu’un abus de droit. Mais…


Elle écoute, ne le regarde pas. Son regard est ancrée sur ses mains, s'interdisant de regarder un instant celui qui fait se combattre en elle ses sentiments et sa raison. Ses sentiments. Voilà ce qui change ce soir. C'est sa carapace, parce que même s’ils ne se parlent plus jamais, même si elle partait demain, cette discussion, cette étreinte amène une chose en évidence, les sentiments qu'elle a ressentie pour George le soir du bal, les sentiments qu'elle s'est empressée de faire disparaître, n'ont jamais disparue. Bien présent dans sa poitrine. Sa carapace si épaisse est pareille à du givre qui fond. Elle fond lorsqu'il lui dit sous des sous-entendus que s'il meurt elle serait libre. Sa poitrine se tord et s'il elle ne veut pas succomber, si elle veut rester la parfaite petite anglaise qui reste fidèle à son pays, elle ne veut pas sa mort. Non, jamais. Pas lui. Et s'il n'a pas tort dur la légitimité de leur mariage, elle ne doute pas un instant que certains aimerait avec plaisir voir son mariage être dissout. Agnès, sans aucun doute. Elle, George? Elle ne sait plus.

—Mais, sur mon honneur Elizabeth, si l’Ecosse finit par repousser les Anglais en dehors de son territoire et que la cause Jacobite l’emporte, je vous laisserai le choix. Si dans une telle condition vous désirez retourner auprès des votre en Angleterre, je ne m’y opposerai pas. Je vous laisserai partir loin de moi, même si ce n’est pas ce que je veux vraiment. Oh ! Je ne suis pas un saint, croyez-moi, mais je ne serai pas plus heureux de vous savoir à côté de moi si ce n’est pas ce que vous désirez réellement.

Elle a envie de lui hurler quelle ne sait pas ce qu'elle désire. A-t-elle seulement encore sa place en Angleterre? A-t-elle seulement une place quelque part?

—Pour l’heure, personne ne peut dire de quoi l’avenir est fait. Quoiqu’il en soit, je vous trouve bien pessimiste, pour ma part, je ne vois pas les choses ainsi. Je ne suis pas du genre à me plaire dans la pensée d’une vie qui n’est pas la mienne. Aussi imparfaite qu’est celle à laquelle je peux prétendre, elle me donne a satisfaction et je préfère m’assurer à dessiner ce de quoi elle sera faite en son avenir. Je crois en moi et en mes propres convictions pour ne pas craindre ce qui semble poser des incertitudes pour vous. J’ai du mal à comprendre que vous trouviez autant d’entrave à la pérennisation de notre mariage.


Elle fixe toujours ces mains quand une des siennes vient entourer ses mains menues. Elle ne lève pas la tête, mais elle n'entend plus, elle se retrouve perturber par cet échange, par cette sensation de la main sur la sienne, de sa peau contre la sienne. Elle n'entend pas ce qu'il dit, et pourtant elle ne peut s'empêcher d’espérer qu'il n’enlèvera pas ses mains. Mais au moment où elle pense cela, il se détache, la coupant de ses pensées, et lui intimant de ne plus le chercher comme elle l'avait fait au début sous peine de l'enfermer ici.
]
-Vous n'oseriez pas George. Vous ne feriez que confirmer le fait que les écossais sont des brutes.


Sur ce elle se lève face à lui, le regard au défi et en colère. Comment peut-il suggérer cela. Les contradictions se font plus présente en elle, elle observe un instant ce corps qui se dévêtit, et elle n'en tire que du plaisir dans le fond de son cœur et dans le bas de son ventre. Et puis elle monte son regard dans les yeux de son époux.
]
-Vous êtes incroyables, comment pouvez-vous me parlez de la sorte après ce que vous venez de dires. Comment pouvez-vous gâcher de si beaux mots, en si peu de temps!


Contradiction éternelles. Elle finit par se coucher dans le lit, dos à l'endroit où il prendra place. Une larme, mélange de sentiments, d'alcool et de vérité, coule sur son nez, et finalement elle lâche la voie brisée sans aucun doute permis.

- Quand je vous ai vu et parlé il y a un an George, mon cœur était en joie. Vous étiez tout ce que j'avais espéré. Et puis la vérité est venue s'abattre comme une épée Damoclès sur mon monde. Et aujourd'hui, un an après, je ne sais toujours pas comment faire, vous êtes.. vous êtes d'un autre monde, et si je n'étais pas...moi, votre monde aurait eu tôt fait de me détruire à coup de sarcasme et de phrases sanglantes lancées entre deux broderies. Si je baisse ma garde, que m'arrivera-t-il Georges? Votre famille, votre sœur, tous ceux qui comme vous haient les anglais me prendront davantage comme cible qu'ils ne le font déjà. Je ne vous dis pas que je suis parfaite, je leur rends bien la monnaie de leur pièce. Mais vous vous fourvoyer si vous pensez que je suis cette personne seulement par fierté et nationalisme. Je défendrais toujours l'Angleterre bien sûr, je serais toujours fière de mon pays et de mes coutumes, mais aussi impertinente que je suis, pensez un seul instant à ce qu'il se serait passé si j'étais venue ici la fleur dans les mains et le cœur ouvert. Il ne se passe pas une journée sans que je repense à ce bal, et à ce brillant avenir que j'avais imaginé pour nous, et vous pourrez bien m’enfermer dans cette chambre parce que je vous réponds trop à votre gout, mais la vérité est telle qu'elle est. C'est à vous d'ouvrir les yeux George, imaginez-vous vivre avec ma mère, et mes cousins en Angleterre, imaginez-vous un instant de quelle façon vous évolueriez pour rester ce que vous êtes, et ne pas être détruit.


Sa voie se brise. Elle en a trop dit. Elle le sait bien. Cela fait bien longtemps qu'elle en a trop dit. Alors quoi qu'elle dise à présent, ce ne sera seulement qu'un pas de plus franchi vers l'inconnue déjà abordée.

-M'aimez-vous seulement George?


C'est un souffle. Un souffle qui dit changement, vérité, un souffle qui vient se poser sur l'espoir et les confidences. Une appréhension aussi. C'est un souffle, peut-être pas suffisamment une voie pour qu'il est entendue quoi que ce soit. Alors elle se persuade qu'il n'a pas entendu et du même ton elle lance un bonne nuit qui n'est pas sûr d'atteindre des oreilles.


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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Ven 20 Jan - 23:06


Rose épineuse et Chardon piquant
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—Vous n'oseriez pas George. Vous ne feriez que confirmer le fait que les écossais sont des brutes.

Moi qui songeais que tout débat était présentement clos, il semblerait que je me sois fourvoyé. Si je n’oserais pas? Oh ! Je ne vois pas ce qui rendrait cette idée inenvisageable. Si commettre un tel geste fait écho en quelques formes à une idée de brutalité, alors ce n’est pas seulement les écossais qu’on peu nommer comme tel, il s’agirait simplement du propre de l’homme. Gageons que dans pareille situation cette volonté ne serait pas due au seul fait de ma nature, de ma condition d’Ecossais, mais dans une plus grande mesure d’une volonté égoïste qui se retrouve aisément chez tout homme quel qu’il soit d’ailleurs. Il n’y a que  les femmes pour ne pas comprendre cela. A peine ai-je le temps d’y songer qu’elle se lève, elle me semble irritée, je n’y vois aucune raison, en tout cas, rien qu’y puisse m’éclairer sur cette soudaine colère.  C’est en plantant son regard dans le mien qu’elle ajoute :

—Vous êtes incroyables, comment pouvez-vous me parlez de la sorte après ce que vous venez de dires. Comment pouvez-vous gâcher de si beaux mots, en si peu de temps!

Moi ?  Allons bon, je n’ai fait qu’évoquer un point qui pourrait aisément se dérouler à l’avenir, si un tel fait se reproduisait. Lui parler de la sorte ? Il serait préférable d’être sourd que d’entendre pareille chose. Ce qui est certain c’est qu’elle ne fait pas tant de manières quand il s’agit de son propre comportement. Je serre légèrement les dents, contrarié par ce reproche qui me semble totalement injustifié. De si beaux mots ? Oh ! Ils n’étaient assurément pas fait pour apporter une quelconque note de beauté, mais seulement là pour argumenter une vérité, plaisante ou non d’ailleurs. Cela porte la chose à un jugement d’appréciation sur lequel je ne souhaite pas m’étendre. Je continue de m’affairer, que suis je censé répondre à cela ? Elle finit par aller se coucher. Une fois terminé, je me dirige vers le lit pour gagner ma place, constatant sa décision de faire en sorte de me tourner le dos. Je n’ai pas le temps de m’installer qu’elle dit d’une voix brisée :

—Quand je vous ai vu et parlé il y a un an George, mon cœur était en joie. Vous étiez tout ce que j'avais espéré. Et puis la vérité est venue s'abattre comme une épée Damoclès sur mon monde. Et aujourd'hui, un an après, je ne sais toujours pas comment faire, vous êtes.. vous êtes d'un autre monde, et si je n'étais pas...moi, votre monde aurait eu tôt fait de me détruire à coup de sarcasme et de phrases sanglantes lancées entre deux broderies. Si je baisse ma garde, que m'arrivera-t-il Georges? Votre famille, votre sœur, tous ceux qui comme vous haient les anglais me prendront davantage comme cible qu'ils ne le font déjà. Je ne vous dis pas que je suis parfaite, je leur rends bien la monnaie de leur pièce.

En joie ? Je peux accorder à cette idée un certain crédit, mais à présent que reste-il d’une nuit qui ne semble jamais avoir existé ? La vérité ? Quelle vérité ? Celle qui fait de moi l’objet de toute forme d’animosité ? Est-ce si compliqué de ne pas tenir compte d’un fait qui pour ma part n’a que peu d’importance ? Moi ? D’un autre monde ? Quelle exubérance! Oh ! Certes, je ne nierai pas que nos patries sont toute somme dissonantes, mais est-ce là, le seul fruit à apporter à une théorie mal aboutie. Vous prendre pour cible ? Qu’y puis-je ? Que suis-je censé faire ? Ah ne pas en doutez, vous ne facilitez en rien la situation.

—Mais vous vous fourvoyer si vous pensez que je suis cette personne seulement par fierté et nationalisme. Je défendrais toujours l'Angleterre bien sûr, je serais toujours fière de mon pays et de mes coutumes, mais aussi impertinente que je suis, pensez un seul instant à ce qu'il se serait passé si j'étais venue ici la fleur dans les mains et le cœur ouvert. Il ne se passe pas une journée sans que je repense à ce bal, et à ce brillant avenir que j'avais imaginé pour nous, et vous pourrez bien m’enfermer dans cette chambre parce que je vous réponds trop à votre goût, mais la vérité est telle qu'elle est. C'est à vous d'ouvrir les yeux George, imaginez-vous vivre avec ma mère, et mes cousins en Angleterre, imaginez-vous un instant de quelle façon vous évolueriez pour rester ce que vous êtes, et ne pas être détruit.

Vraiment ? N’est-ce pourtant pas là, tout le fond du problème ? Votre vision, votre perception, votre interprétation qui chaque jour se posent à elles seules l’unique supposée vérité de ce qui est sensée être. Je passe une mains sur mon visage, ou alors, bien que cela me semble difficile à penser, je me suis peut-être trompé dans mes propres impressions. A ne pas croire je n’ai jamais songer au fait que tout ceci aurait pu être évident, mais j’ai toujours prit la décision de me tenir éloigner de toutes les relations que vous pouviez entretenir avec chaque membre de ma famille, simplement pour ne pas faire preuve d’ingérence. Quelque part, je veux bien faire l’aveu de mon manque de soutien, mais comment aurai-je pu supposer qu’il aurait pu être la réponse à des maux qui ne semblaient même pas exister et alors que ma simple présence apparaissait comme le pire des affronts ? J’aurai presque envie de rire, s’imaginer que je puisse vous enfermer dans cette chambre à la simple idée de votre impertinence est tout ce qu’il y a de plus risible. Oh, vous êtes bien loin de l’idée de ce qui est vraiment, de toute manière comment pourriez vous comprendre ? Ah non ! Je ne veux plus entendre parler de votre mère ! Quant à vivre avec elle, plutôt mourir ! Moi ? Vivre en Angleterre ? Quelle plaisanterie de mauvais goût ! Être détruit ? Je m’estime suffisamment, pour ne pas craindre qu’une telle chose puisse se produire.

—M'aimez-vous seulement George?

Le ton de sa voix, me donne l’impression qu’elle ne me posait pas réellement la question, mais se parlait plus à elle-même. Pour autant, je reste stupéfié, je ne m’étais pas attendu à une telle question et encore moins maintenant. Alors que je reste silencieux, elle me dit bonne nuit, comme pour clore tout ce qui pourrait suivre. Cette simple question à suffit à me faire regagner un semblant de calme. Je me passe distraitement une main dans mes cheveux, comme pour me faire sortir de ma torpeur, puis vais m’installer à ma place dans le lit. Que suis-je sensé répondre ? Devrai-je même envisager de le faire ? Je ne sais pas, je ne sais plus ce qui serait le moins regrettable. De toute manière, pourquoi poser la question ? Depuis quand s’intéresse t-elle à ce que je peux éprouver ou non ? N’a t-elle toujours pas fait en sorte de marquer le moins de considération possible pour tout ce qui était de ma personne ? J’ai toujours pensé que le plus insupportable aurait été d’épouser une femme pour laquelle je n’aurai eu aucun intéressement, mais à l’évidence je n’avais pas songer à quel point cela n’était en rien le pire de ce qui pouvait arriver. Répondre, reviendrai à faire peu de considération de ma propre personne, en tout cas c’est sans doute ce que la part orgueilleuse de moi se plaît à penser. D’un autre côté, peut-être de manière moins prédominante, l’honnêteté aurait l’espoir de prendre part à ce débat intérieur.

Je suis allonger, mais il est certain que le sommeil n’est guère prêt à m’accompagner dans le royaume des songes. Je coule un regard en direction de ma femme, ou plutôt de son dos, comme si cela pouvait m’apporter quelques réponses. Je devrai sans doute me montrer sincère, mais en même temps n’est-ce pas quelque peu dangereux? Après tout, elle s’est montrée méprisante et froide à mon égard. Pour autant, je ne nie pas, sa place au sein de notre clan n’est pas si évidente que cela, je veux bien envisager cette éventualité. Alors peut-être que son comportement est  seulement dû à une posture de défense, de méfiance. Inconsciemment, je me tourne pour la regarder et tend ma main, mais en l’abaissant je me rétracte. Accorder si facilement de montrer une sincérité vulnérable est sans doute que pure folie. Je soupire doucement, quelque part je suis peut être tout ce qu’il y a de moins lucide quand il s’agit d’elle. A présent, je me sens contrarié, exaspérer par mes propres incertitudes, irrité par la note inconnue qu’elle représente, affligé par les émotions qui m’enserrent et qui ne m’accordent que peu de capacité au discernement.  De ma vie, je n’ai jamais autant souhaité être si ardemment égoïste et  si altruiste pour une même raison, ça en serait presque désolant. Je finis par répondre d’un ton lasse:

—Vous, vous êtes évertuée à expliciter les raisons de la seule possibilité de l’aboutissement de notre mariage en échec et vous voudriez que je vous fasse part de mes sentiments ? Ce qui est relativement paradoxal vous en conviendrez…

Je ferme brièvement les yeux en secouant légèrement la tête. C’est le moins que l’on puisse dire, je ne sais comment elle fait, pour toujours parvenir à rendre les choses ainsi. Je tends une main qui vient frôler le tissu de son vêtement, suivant du bout des doigts les courbures plus ou moins marquées. Vint le contact caressant d’une peau gracile, le touché est plus hésitant comme inconscient de lui-même. Puis la douce sensation de la chevelure dépeint plutôt comme fait de matières inconnues. Ce geste peut se targuer de posséder la capacité d’apporter un sentiment de plénitude. Cela a quelque chose de relativement grisant. Après un moment de flottement, je finis par poursuivre d’un ton calme :

—Souvent, je songe à combien cela me serait plus profitable que ça ne fusse pas le cas, ou tout du moins que la chose fusse moins prononcée, mais que voulez vous…

J’appuie ma main contre son épaule pour la faire basculer, me permettant ainsi de voir son visage, alors que je me rapproche d’elle et dit sur un ton plus agité :

—Elizabeth, je vous aime. Parfois, j’eus envie que cela ne fusse qu’une simple impression fugace, mais à l’évidence, il ne s’agit pas de cela. Je suis irrémédiablement attaché à vous, cela est tel que…

En fermant les yeux, je soupire, c’est en les rouvrant que je dis sur un ton lasse :

—Enfin, vous ne pouvez pas comprendre…Dormons à présent voulez-vous.

Je dépose du bout des lèvre un baiser sur son front, puis je me rallonge tel que je l’étais avant.

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MessageSujet: Re: Rose épineuse et Chardon piquant [Elizabeth Brandon]   Dim 5 Fév - 21:29


Rose épineuse et Chardon piquant
George Douglas et Elizabeth Brandon


Le lit bouge, et elle sent le corps de son époux s’étendre près d’elle.  Après un moment elle se dit qu’il n’a tout simplement pas entendu, et si une parie d’elle s’en réjouie, l’autre partie d’elle lui dit que c’est dommage, qu’elle est déçue, et que peut être la réponse à sa question aurait pu débloquer des choses. Des choses ? Quelles choses ? La situation ? Ou bien des sentiments ? Et puis en se remémorant sa question, elle se la pose à elle-même, est ce qu’elle aime son époux. Est-ce qu’elle aime celui qu’elle s’évertue à détester depuis un an. Est-ce le simple charme qu’elle lui trouvait lors du bal s’est transformé malgré ses efforts en sentiments, en amour. Non. Oui. La réponse est trop dure à dire. Pourtant elle sait bien la vérité, elle la sent, elle la sent dans son cœur, cette vérité qui prend de l’ampleur. Qui à décider que ce mélange d’alcool, de fatigue et de tristesse qu’elle ressentait ce soir, était la faille pour un changement. C’est cette vérité qui parle, qui essaie de libérer la situation, malgré ce qu’elle voudrait bien s’avouer, peut être que l’alcool n’est qu’une excuse, peut-être qu’elle n’en peut plus. Peut-être qu’elle ne sait plus, qu’elle ne veut pas savoir.

—Vous, vous êtes évertuée à expliciter les raisons de la seule possibilité de l’aboutissement de notre mariage en échec et vous voudriez que je vous fasse part de mes sentiments ? Ce qui est relativement paradoxal vous en conviendrez…

Alors qu’elle se bat avec elle-même, la voie grave de George résonne. Lui rappelle qu’elle à passer la soirée à lui dire, à lui démontrer que ce mariage n’avait ni queue ni tête.  Et c’est vrai. Et il à passer sa soirée à essayer de lui faire comprendre que le seul obstacle à l’aboutissement de ce mariage, c’était elle. Elle et sa foutue raison. Elle et sa foutue méfiance. Elle ferme les yeux et une larme coule sur son visage. Elle n’en peut plus de cette situation. Situation qu’elle a elle-même instauré au final. Mais situation qu’elle ne supporte plus. Elle n’en veut plus. Non, la Elizabeth de ce soir est fatiguée, elle n’en peut plus et ne veut plus vivre comme ça. Ne plus jamais. Alors Vérité lui susurre à l’oreille que oui, elle veut qu’il lui confesse ses sentiments s’il en a. Parce que s’il le fait, elle se promet d’accepter les siens. Du moins ce soir, elle se promet que si elle ne changera pas avec le clan, avec Agnès, si George lui confesse ce qu’il ressent, elle l’acceptera ce changement dont elle a envie au fond d’elle-même. Est-ce la fatigue ? Tout est flou en elle. Elle est perdue, et elle se rend compte la jolie brune que même ses pensées son brouillonne. Quant à ses dires, il n’y a aucune logique. Elle sent un frôlement contre le tissu qui protège… qui cache sa peau. Elle ferme les yeux et une autre larme coule sur l’oreiller. Les doigts qui se promènent timidement sur elles finissent par se perdre dans sa chevelure, et des frissons qu’elle essaie de rejeter la traverse, alors qu’une troisième larme coule. Elle est en train de craquer Elizabeth. La belle rose anglaise est en train de perdre ses épines, les unes après les autres. La belle rose anglaise, elle n’arrive plus à vivre, ni à survivre dans cette atmosphère qu’elle-même à créer.

—Souvent, je songe à combien cela me serait plus profitable que ça ne fusse pas le cas, ou tout du moins que la chose fusse moins prononcée, mais que voulez-vous…

Elle ouvre les yeux qui se retrouvent être pleins de larmes. Elle prend consciences des mots prononcés, elle prend conscience que c’est exactement ce qu’elle pense. Une main puissante l’oblige à basculer pour se retrouver face à son mari qui se rapproche. Plus vite qu’elle ne se croit capable de le faire elle empêche ses larmes de couler, mais ses yeux sont toujours humides.

—Elizabeth, je vous aime. Parfois, j’eus envie que cela ne fusse qu’une simple impression fugace, mais à l’évidence, il ne s’agit pas de cela. Je suis irrémédiablement attaché à vous, cela est tel que…


La voix de son époux se fait plus pressante, et les saints mots sortent enfin. A tel point qu’elle a du mal à réaliser ce qu’il vient de dire. Elle se contente de regarder son mari fermer les yeux, avant de soupirer. Elle essaye d’assimiler la chose. Il l’aime. Indéniablement. Malgré l’impertinence, malgré la distance, malgré tout ce qu’elle a pu lui dire, malgré les disputes et tout ce qu’il s’en suit. Elle lui en veut de ne pas continuer sa phrase, elle veut savoir. Elle est égoïste parce qu’elle ne lui donne aucun signe, mais elle veut savoir, elle l’observe, son époux qui a les yeux fermé face à elle. Elle regarde chaque trait de son visage, cherchant la suite e sa phrase dans ses traits. Cherchant comment répondre.

—Enfin, vous ne pouvez pas comprendre…Dormons à présent voulez-vous.

Les lèvres de son époux viennent se presser contre son front avant que celui-ci ne se recouche comme si l’échange n’avait jamais eu lieu. Elle le regarde, l’observe, et tient sa promesse. Pas la première, pas celle qui était de ne jamais baisser sa garde. Non, pas celle-là. Pas celle de lui faire vivre un enfer. Elle l’a déjà tenue. Non, elle tient celle d’accepter ces sentiments, d’accepter ce qui viendras ensuite…peut-être. Elle s’autorise à l’aimer. A vivre aussi. A risquer. A son tour, Elizabeth tend la main vers le bras de son mari, et doucement elle y pose sa main et fait des allers-retours avec son index.

-Je ne veux pas dormir Georges. Je veux...


Elle souffle, ne sachant pas comment amener la chose. Elle se déteste un instant, de  l’avoir poussé à se confier, à dire ce qu’il ressentait avec les bons mots, quand elle ne sait pas comment dire ce qu’elle-même ressent, ce qu’elle-même veux. Pourtant ce sont des mots simples.

-Je me suis protégé, j’ai essayé en tout cas. Je n’ai pas bon caractère, et je suis impossible à vivre dès que je me mets quelque chose en tête. Je suis anglaise, et … je vous en ai tellement voulu de m’avoir menti. Je ne vous dis pas que nous aurions passé une si belle soirée au bal si j’avais su que vous étiez écossais. Et vous aviez surement raison de le faire ainsi. Mais j’ai été plus blessé que je ne pourrais l’admettre.

A nouveau elle se déteste. Ce n’est pas ce qu’elle veut dire. Elle ne veut pas qu’il le perçoive en tant que reproche. Non. Parce que ce n’est pas des reproches qu’elle essai de lui faire passer. D’un coup elle se lève, et se dirige vers sa commode, en toute hâte, elle prend le petit coffre en bois où elle renferme les lettres de sa mère, les deux sculptures que son père avaient fait pour son frère et elle, et la fleur séché. Celle que George lui avait offerte ce soir-là. Cette fleur dont elle n’a pas pu se séparer. Elle prend le précieux objet, et non sans faire attention, se rallonge auprès de son mari laissant moins de distances que ce qu’il y avait quand elle s’est levée. Elle pose la fleur sur le torse de son mari avant de reprendre son mouvement tendre sur le bras de l’écossais.

- Je n'ai pas pu m'en séparer, j'ai essayer.. mais cette petite fleur compte tellement pour moi, et vous.. vous aussi.. ce n'est qu'un souvenir, d'une soirée qui remonte à si loin désormais.. mais..Ce que j’essaie de vous dire c’est que. Je comprends. Je… je suis bien plus qu’attaché à vous, qu’importe combien je me bats contre ça. Je vous … je vous aime Georges.

Sans attendre une réponse elle se pose sa tête sur le torse de son mari, près de la fleur séchée. Il ne peut pas voir son visage, et elle se retient de verser des larmes, encore.

-Je ne peux plus vivre comme ça, George. Je, je vous en ai tellement voulu pour votre mensonge, j’ai tellement été blessée d’être éloignée de tout ce que je connaissais et aimais que je ne vous ai laissée aucune chance. Et quand j’ai vu à quel point ma présence était attendue par votre famille, j’ai préféré me protéger que de laisser une chance à… Que de vous laisser une chance. A nous. Je me suis battue pour repousser tout ce que je ressentais. Mais je ne peux pas, je ne peux plus, et je veux que les choses changent. Je ne parle pas de votre famille. Je ne parle pas de votre clan. Mais si…

La jolie anglaise prend la fleur séchée dans ses doigts fins et la faire tourner en laissant échapper un soupir chargé d’émotions. Voilà qu’elle se confiait. Enfin. Elle appréhendait la réaction de Georges. Après tout, tout cela n’allait-il pas trop vite ? Elle reconnaissait certains de ces torts, c’était vrai. Mais n’était-il pas vrai non plus qu’elle l’avait poussé à bout dès son arrivée dans la chambre, seulement quelques minutes auparavant ? Comment un couple qui s’est déchiré pendant un an peut-il seulement repartir sur de bonnes bases. Comment peut-il simplement exister alors que tout un clan, toute une famille est contre ce dit couple. La raison d’Elizabeth lui dit d’arrêter, qu’elle est ridicule, et qu’elle ferait mieux de repartir de son côté du lit, de dormir, et de reprendre là où ils en étaient bien avant qu’elle commence à avoir des états d’âmes. Mais en est-elle seulement capable ? Elle n’en est plus sure. Pas avec George en tout cas.

- Petite je m’étais promis de ne jamais rêver au mariage parfait. J’ai toujours eu conscience que je serai marié contre mon gré et je savais que je devrai faire avec le mari que l’on aura choisi pour moi. Et je m’étais faite à cette idée. Je savais cependant trois choses sur mon futur mari, qu’il serait riche,  qu’il serait bien éduqué, et qu’il serait anglais. Et quand je vous ai rencontré, j’ai brisé ma promesse, vous étiez tout ce que je n’aurais jamais espérer rêver.

A nouveau elle soupire, ce n’est pas de cette manière qu’elle arrivera à faire comprendre à George quelque chose. Elle ne sait elle-même pas trop où est ce qu’elle veut en venir. Pas tout à fait du moins.

-Vous n’êtes pas anglais. Mais je vous aime, et… j’ose espérer que je ne suis pas la seule qui ne peut plus vivre ce mariage de cette manière. Mes relations avec votre famille ne changeront peut-être jamais. Mais est ce que la nôtre…est ce que nous…pourrions peut-être nous donner une seconde chance ?

Sa voix s’est fait plus faible au fur et à mesure, cependant, elle veut voir le visage de George, elle veut voir sa réaction, comprendre ce qu’il veut lui aussi. Doucement, elle se relève, pose la fleur séché sur le bord du lit, et alors qu’elle s’assoit près de son torse, ses deux bras se mettent de chaque côté de sa tête, laissant ses longs cheveux faire un rideau ne laissant dans leur espaces seulement leur deux regards qui se croisent.


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