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 La Belle et la Bête [ft.Caroline]

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MessageSujet: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Dim 27 Nov - 6:44

La Belle et la Bête


Mars 1742

Il était descendu des collines quelques jours pour rejoindre les terres des Campbell. Bien sûr, traîner autour du château ne l'intéressait point, ils étaient tous trop proches des Anglais pour que l'endroit soit complètement sans danger, et à mesure que les livres sterling s'accumulaient sur sa tête, l'endroit serait de plus en plus inconfortable, malgré la promesse faite aux MacGregor de leur porter assistance et de les héberger. Etce n'était pas l'annonce d'un mariage qui allait l'assagir. Il comptait bien en profiter tant qu'il n'avait pas de femelle et de mouflet dans les pattes. Peut-être même que le fait de continuer la truande (discrètement sur ces terres, bien sûr) annulerait ce mariage, ce qui l'arrangerait fameusement. Mais son cheval boitait et avait besoin de repos au chaud dans une écurie le temps de se remettre. La météo froide et humide des dernières semaines n'avait pas aidé et les folles poursuites dans les bois de nuit ne sont pas la meilleure façon de traiter une bête, mais il n'avait pas eu le choix lors de son dernier rendez-vous avec des guerriers d'un clan dont les règles de l'hospitalité étaient à revoir. Son bras gauche en portait d'ailleurs toujours le souvenir, sous la forme d'une plaie recousue à la hâte par lui même. Un passant aurait pu commenter qu'il était assorti à sa jument... si Kenneth n'avait eu l'air aussi sauvage et prêt à en découdre avec le premier qui osait un sourire.

Le Highlander se trouvait donc dans un village à quelques lieues du château du Duc d'Argyll, marchant à pied à côté de sa jument baie, à la recherche d'un endroit où loger sa bête et d'une pinte de bière une fois l'écurie trouvée. Cela faisait plusieurs semaines qu'il n'avait eu l'occasion de boire que de l'eau et la bière lui manquait. Ou mieux, le whisky. Il avait quelques pièces sur lui, récupérées sur les cadavres de ses ennemis, et comptait bien les dépenser en saluant sa chance d'être toujours en vie. Il finit par dénicher un villageois acceptant de loger le cheval pour une somme conséquente, mais au moins, l'endroit était propre et les autres bêtes en pleine santé.

*Et maintenant, à mon tour !*
Pensa-t-il en sortant de l'écurie et en prenant la direction du village et l'auberge. Tout à ces réflexions, il ne vit pas la demoiselle qui marchait dans sa direction et vint buter contre elle avec son mauvais bras.

Il retint un juron et s'écarta, la fusillant du regard. Il allait reprendre sa route quand le visage de la fille lui revint en mémoire. Elle s'était trouvée au rassemblement du clan pour la nouvelle année. Elle l'avait rafistolé, il avait proposé de la récompenser et elle l'avait giflé... Il ne se laisserait pas frapper une seconde fois !

« Prenez garde où vous marchez, ma dame, vous pourriez faire de mauvaises rencontres ! »
Il parlait de lui-même dans le cas présent. On ne pouvait pas dire qu'il jouisse d'une excellente réputation, si ce n'était auprès des jacobites.
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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Lun 28 Nov - 19:24




" La Belle et la Bête "





C’était lors d’un bal donné pour l’anniversaire de la duchesse d’Argyll que Caroline avait eu l’occasion de retourner dans la demeure de son Laird. Dormant dans la coquette chambre de l’une de ses cousines, elle avait redécouvert le luxe qui caractérisait le duc le plus puissant d’Ecosse. Quand elle se trouvait dans sa demeure, Caroline n’était plus la jeune fille que l’on connaissait à Campbelltown, elle délaissait le petit peuple, pour se laisser aller à quelques frivolités digne de son rang. Son père, elle ne le voyait presque pas, toujours en compagnie de son Laird, le duc, il remplissait ses journées entre le travail, les chasses et les réceptions. Les journées des cousins Campbell étaient bien remplies et Caroline passait ses journées avec ses cousines. Au bout de quelques jours, ce rythme commença à l’épuiser et elle eut qu’une seule envie, quitter l’effervescence du château, pour la quiétude de la campagne et d’un petit village qu’elle avait bien l’intention de visiter.
Seule, elle prit la route, vêtue d’une robe simple de la noblesse de campagne, elle ne paraissait pas être une Campbell, ce qui lui convenait amplement. La jeune fille savait que les terres du Laird étaient sécurisées, mais elle craignait de se faire détrousser par un quelconque bandit de grand chemin, ou pire encore. Elle avait déjà entendu de sombres histoires à propos de dames qui se sont fait violer, si bien qu’aujourd’hui elle restait très prudente et qu’elle cachait en bandoulière, sous sa cape de sortie un couteau. Face à un homme robuste, Caroline avait conscience de ne pas pouvoir faire le poids, mais elle comptait bien utiliser cette petite arme pour faire quelques blessures et fuir en cas de danger. N’était-elle pas la fille d’un militaire ? Le combat, elle devait l’avoir dans le sang, tout comme son frère cadet qui avait de très bonnes aptitudes pour la guerre et la stratégie.
La jeune femme fit simplement marcher son cheval, savourant la quiétude de la campagne et son calme, loin des tumultes du château. Parfois, elle croisa quelques convois qui étaient là pour ravitailler le château victuailles pour tous les invités du duc. Cette présence la rassura, au moins la jeune fille risquait beaucoup moins de se faire attaquer. Un village se trouvait à quelques kilomètres. Pas très grand, mais avec quelques commerces, il représentait une escale pour la jeune femme. Elle en fit d’abord le tour à cheval, puis elle descendit pour rejoindre un abreuvoir, où elle fit boire l’animal. Certaines personnes la regardèrent curieusement, d’autres la saluèrent, reconnaissant sa chevelure rousse et se doutant bien qu’elle venait du château du duc. La jeune femme attacha son cheval devant une boutique apothicaire et elle y entra. Etant une férue de plante et de médecine, elle ne pouvait pas s’empêcher d’entrer dans l’une de ses boutiques pour s’offrir de nouvelles plantes séchées. Elle se ravitailla en aigremoine, en aubépine, en verveine et autres plantes qu'elle pouvait trouver. Caroline questionna l’apothicaire, parla avec lui, puis après une heure dans la boutique, elle la quitta décidant de prendre son repas dans la taverne/auberge qui se trouvait un peu en retrait. Caroline détacha son cheval et se dirigea avec lui dans l’écurie, quand une personne butta contre elle. La rouquine qui était d’un caractère aimable voulut aussitôt s’excuser, mais elle s’arrêta en voyant le regard bourru et l’allure négligée d’un homme qu’elle avait déjà giflé par le passé.
Cet homme était soit disant de la famille d’après le Laird, mais Caroline savait bien que ce n’était pas le cas, l’homme n’avait rien d’un Campbell, il n’avait rien de digne et rien de noble. Ses yeux s’assombrir en le regardant, se souvenant très bien qu’elle l’avait soigné et que l’homme l’avait touché à un endroit qu’elle ne pouvait permettre. En bonne fille de son père, Caroline l’avait giflé, regrettant amèrement de l’avoir soigné juste avant.

« Je crois que la mauvaise rencontre est déjà faite monsieur. » Disait la jeune femme dédaigneusement. « Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, j’aimerai attacher mon cheval. » Elle resta plantée là, préférant attendre que l’homme parte et s’écarte de son chemin pour pouvoir mettre son cheval dans l’écurie pour qu’il puisse se reposer en attendant qu’elle prenne un bon repas chaud.

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Lun 28 Nov - 22:02

La Belle et la Bête

Il n'avait pas pensé croiser à nouveau la route de la guérisseuse du clan Campbell. Qu'elle soit présente pour la réunion de nouvelle année était une chose, qu'elle soit dans ses pattes ce jour-là en était une autre. Il y avait bien une fête au château, il en avait entendu parler, mais si elle appartenait à la famille, que diable venait-elle faire dans ce modeste village ? Sa place était là-bas, pas ici. Il la salua et elle lui répondit vertement. Kenneth ne bougeait pas d'un iota, le ton employé par la rouquine ne lui convenait nullement. Il croisa les bras, cachant la douleur que lui causait ce mouvement. Elle l'avait reconnu elle aussi apparemment. Il lui adressa un sourire de prédateur quand elle déclara avoir déjà fait une mauvaise rencontre,

« C'est fort possible, damoiselle, mais dans ce cas, vous devriez apprendre à tenir votre langue... »

Il jeta un œil à la monture de la demoiselle, une bête de qualité. Malgré ses vêtements relativement modestes, elle avait de l'argent. Et au vu de ses fontes gonflées, elle avait fait des emplettes, ou bien possédait beaucoup de provisions. Un voleur apprend à repérer ce genre de détail...

Il se serait bien effacé pour la laisser attacher son cheval et la culbuter dans le foin alors qu'elle ne s'y attendait pas, mais il y avait trop de monde autour d'eux, sans compter qu'elle hurlerait certainement et que l'aubergiste viendrait examiner l'origine de ce raffut. Même si cela lui donnerait une bonne leçon sur la façon de se conduire avec un homme, il ne devait pas trop se faire remarquer . Et il voulait un repas chaud, pas finir dans la geôle ducale pour atteinte aux bonnes mœurs. Il s'écarta du chemin en lui adressant une courbette moqueuse, avant de lui tourner le dos et de se diriger vers la taverne. Il s'installa à une table proche de l'âtre où brûlait une belle flambée et passa commande auprès du tavernier quand celui-ci s'approcha,

« Un repas et une bière... Et je paierai aussi pour ce que la dame commandera, » ajouta t-il en voyant la rouquine pousser la porte de l'établissement. Il s'assit et entama sa bière en attendant l'arrivée de la suite du repas, profitant de la chaleur dégagée par le feu dans son dos. Après des semaines passées dans les bois, être à l'abri du vent avec un feu tout proche sans crainte de se faire repérer (à cause du feu du moins) était un pur plaisir. Les honnêtes gens ne connaissaient pas leur chance ! Il sourit légèrement en pensant à la mauvaise blague qu'il venait de faire à la belle... Il n'avait décidé de jouer les bons samaritains sans raison ; il lui en devait une pour l'avoir recousu, même s'il ne lui avait rien demandé à l'époque, et quand elle apprendrait à qui elle devait la gratuité, elle serait sans doute en colère, ce qui serait très amusant. Peut-être même refuserait-elle de manger ou de boire quand elle l'apprendrait ?

Le ragoût de mouton qu'on lui servit était très bon, et accompagné d'un cruchon de bière et de bannock. Un repas de fête, ou peu s'en fallait. Il attaqua son plat avec plus d'appétit que de manières, sans cesser de jeter de légers coups d’œil à la rouquine pour ne pas manquer sa réaction.
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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Jeu 22 Déc - 18:41




" La Belle et la Bête "





S’il y avait bien une personne que Caroline aurait préféré ne jamais recroiser, c’était bien cet homme qui s’était comporté comme un rustre envers elle, durant une fête organisée par le clan Campbell. Caroline s’était toujours demandé comment cet homme avait pu être invité par le Laird et surtout pourquoi se trouvait-il dans un tel endroit alors que ce n’était vraiment pas le type de lieu dans lequel on pouvait l’imaginer. Caroline avait fini par oublier cette histoire et également la gifle qu’elle avait cordialement accordée à l’homme, mais aujourd’hui, tout refaisait surface et voilà qu’elle faisait face à cet homme désobligeant. La jeune femme le détailla et elle conclut très vite que cet homme avait tout d’un fils de ferme plutôt que d’un membre de l’un des clans les plus influant. Une barbe, les cheveux longs, il avait tout d’un Highlander confirmé et d’un rustre. Face à ses premiers mots, la demoiselle ne put s’empêcher de tenir sa langue et de lui répliquer que la mauvaise rencontre était déjà faite. Ses mots ne semblèrent pas plaire à l’homme qui lui demanda de tenir sa langue.

« Je ne vous dois rien et je ne me montrerais pas désobligeante envers vous, si vous aviez un peu plus de manière. » Répondit la jeune femme tout en faisant référence à cette fameuse soirée chez les Campbell où l’homme ne s’était pas gêné de mettre les mains sur elle. « L’alcool n’excuse pas tout et vous avez de la chance que j’ai su garder ma langue comme vous le dites si bien, sinon mon père vous aurait fait enfermer. » John Campbell était un militaire de carrière et un homme qui n’était pas du genre à se laisser faire ou à laisser un autre homme marcher sur ses plates-bandes. Le militaire avait une seule fille et il comptait bien la protéger.
Ils se lancèrent un dernier regard sombre et l’homme s’écarta laissant passer la jeune femme. Caroline qui avait retenu son souffle jusqu’à maintenant, voulant rester digne face à ce rustre, respirant beaucoup plus fort. La jeune femme resta quelques instants dans l’écurie à tenir son cheval, avant de le mettre dans un box et de payer le palefrenier pour qu’il prenne soin de l’animal. Une fois que cela fut fait, elle quitta l’écurie et entra dans l’auberge pour prendre un repas bien chaud. Caroline se dirigea aussitôt vers le bar et lui demanda un repas, ainsi qu’une cruche de vin pour pouvoir se désaltérer durant le repas. La jeune femme s’installa à une table et quelques minutes après on lui apporta une assiette d’un bon ragout bien fumant, une cruche et un verre. Au moment de payer, la rouquine sortit quelques pièces, mais l’homme refusa cordialement. Il lui indiqua qu’un monsieur barbu avait fait la demande de lui payer ce qu’elle commanderait. Caroline leva les yeux et regard dans la direction que l’aubergiste lui indiquait, il s’agissait encore une fois de ce rustre. Elle remercia gentiment l’aubergiste et lui tendit tout de même une pièce pour son labeur. Caroline prit alors son assiette, sa fourchette, son verre et la cruche et se dirigea vers la table où se trouvait le rustre. Sans dire mot, elle posa ses affaires face à lui et s’installa. Elle se servit un verre de vin et goûta un morceau du ragout. Après avoir maintenu un silence pesant, elle se décida à lui poser la question qui lui démangeait.

« Dois-je vous demander pourquoi vous me faites l’aumône ? » Disait-elle d’une voix qui masquait difficilement sa colère. « Si c’est pour vous excuser de votre comportement envers moi à l’instant, sachez que je ne vous pardonne pas. » Elle prit une nouvelle bouchée du ragout et attendit la réponse de l’homme, tout en tenant sa fourchette dans la main. Même si l’arme était dérisoire, au moins elle aurait de quoi se défendre s’il venait à faire un geste contre elle.

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Dim 1 Jan - 21:47

La Belle et la Bête

La rouquine était mignonne, si on exceptait son attitude revêche et son caractère digne d'un cochon qui serait en train de s'étouffer sur un trognon de pomme... Il l'avertissait de  prendre garde et que récoltait-il ? Des menaces ! Tout à fait charmant, et fort peu digne d'une demoiselle !

Il lui adressa un lent sourire et haussa très légèrement les épaules. Peut-être qu'il aurait été enfermé, oui. Mais pas pour bien longtemps, son cousin le laird MacGregor y aurait veillé. Ils s'entendaient comme cul et chemise, et James savait qu'il pouvait compter sur Kenneth en cas de coup dur. La réciproque était vraie aussi. Il se demanda brièvement qui état le père de cette fille, avant d'oublier la question, cela n'avait pas d'importance. Elle pouvait être la fille du duc ou même du roi, cela ne lui donnait pas le droit de critiquer sa façon de vivre.  

« Vous avez sans doute raison... Me faire enfermer n'est pas bien compliqué,... et votre père ne serait pas le premier à le tenter... » Par contre l'empêcher de s'évader ou de sortir plus rapidement que prévu était une tout autre paire de manches. Il avait suivi les conseils d'un maître en la matière : son oncle défunt. Lors de l'une de ses multiples incarcérations, ses gardes lui avaient même ouvert eux-mêmes les portes ! Un jour, peut-être Kenneth égalerait-il son mentor. En attendant, il recourait à d'autres moyens moins galants.

Ainsi, tout ce qu'elle avait à lui reprocher était son manque de manières. Ah ! Et son manque de manières à elle, quand allait-elle aborder le sujet ? On n'a pas idée de gifler un gentilhomme ! Blessé qui plus est ! Mais il sentait une nouvelle gifle venir et il n'y avait personne pour le retenir ce jour-là. Ce serait sans doute une très mauvaise chose. Et il lui montra qu'il pouvait être poli, il s'effaça pour la laisser passer avec sa monture. Non sans l'avoir salué un peu moqueusement. Après tout, l'auberge et un repas chaud était plus intéressants que la croupe d'une pouliche au tempérament capricieux. Mais la taquiner restait tout de même amusant, et il avertit l'aubergiste qu'il réglerait la note de la miss.

Cela ne manqua pas, quand elle eut appris de qui elle tenait sa pitance, elle vint s'asseoir à sa table pour se plaindre. Ou crier. Ou piquer une colère. Un peu des trois à la fois, il supposait. Il termina le morceau qu'il avait en bouche avant de répliquer par une phrase qui la ferait sans doute bondir à nouveau,  

« ... Non, vous ne devez pas... Mais vous pouvez le demander si vous le désirez... » Il mangea un instant en silence... Elle n'était pas la seule à savoir rendre un silence pesant et révélateur... Et les tuniques rouges sont bien plus doués qu'elle pour faire paraître ce genre de temps long. Concentré sur son plat, sans la regarder, il ajouta sur un ton volontairement neutre, « On dit que le pardon est une vertu... Le Christ lui-même nous l'a enseigné. » Sous-entendu, elle ferait bien d'en faire montre. Il ne voyait pas en quoi il aurait dû s'excuser. Parce qu'il ne l'avait pas laissée passer, pour l'avertir des dangers de la route ? Et puis quoi encore, elle voulait le palais d'Holyrood ?

Il n'avait nul besoin de son pardon. Elle était juste une distraction amusante en attendant qu'ils se remettent d'aplomb, lui et son cheval. Il termina son assiette, nettoyant les derniers restes de sauce avec un morceau de pain. Il hésitait à lui dire pourquoi il lui offrait ce repas : un moyen de la remercier pour ses soins. Sa façon de le prendre de haut et de le considérer comme un voyou lui donnait envie de jouer aux voyous, justement, de lui montrer que jusque-là, il s'était comporté si pas en gentilhomme, du moins de manière polie. Il soupira d'aise quand le dernier morceau de pain disparut dans son gosier. Il n'y avait pas à dire, le cuisinier savait y faire dans cette auberge ! Il la contempla d'un œil sévère,

« Écoutez. Je ne sais pas ce qui peut pousser une demoiselle de bonne famille telle que vous à traîner dans une auberge de village alors que vous avez sans doute une place au château tout proche, mais vous devriez apprendre à recevoir des remerciements un peu plus gracieusement que  vous ne le faites. » Elle ne voulait pas de ses excuses, il ne lui en donnerait donc pas. « Je vous ai offert ce repas car je vous suis reconnaissant pour votre secours lors de la fête de la nouvelle année. Vous avez fait du beau travail. » C'était dit, maintenant, elle pouvait arrêter de manger ou pas, il s'en fichait. Il aurait pu avoir été beaucoup plus imbibé... S'il avait su qu'il allait se retrouver à devoir épouser une fille, il aurait bu deux fois plus pour pouvoir oublier...  

D'une main, il se servit un nouveau verre de bière.
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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Mar 24 Jan - 19:59




" La Belle et la Bête "





Dans la vie de tous les jours, rien ne pouvait ébranler la belle Caroline Campbell. Le sang ne lui faisait par peur, les blessures même les plus immondes ne lui donnaient aucun haut de cœur. La jeune femme avait tendance à toujours savoir quoi faire selon l’épreuve que la vie lui imposé, mais en ce qui concernait les hommes et les affaires émotionnelles, c’était le néant. Caroline savait qu’un jour elle ferait l’objet d’une transaction matrimoniale, mais elle espérait que cela se ferait le plus tardivement possible. De même, bien qu’étant écossaise de pure souche, elle n’avait jamais vraiment poussé un homme à vouloir lui compter fleurette. Des lourdaud avaient tenté d’obtenir ses charmes, des patients avaient déjà tenté de poser leurs mains sur elle, certains y sont même parvenu, mais jamais Caroline ne leur avait laissé l’opportunité de l’approcher. D’ailleurs, en dehors de son père, ses frères, ses patients et quelques cousins, elle ne s’était jamais retrouvée à table avec un autre homme et surtout sans chaperon. Caroline savait que tout ceci était très inconvenant, mais elle n’avait jamais été une jeune femme comme les autres et même si elle obéissait toujours à ses parents, elle n’était jamais contre quelques incartades aux règles.
Après une altercation dans les écuries où elle préféra ne pas approfondir la conversation, elle entra dans l’auberge pour prendre un repas bien chaud, mais c’était sans compter le fait que l’homme lui paye son plat en dédommagement. Caroline n’avait pas hésité, elle avait pris ce qui se trouvait devant elle et elle avait rejoint le rustre pour lui demander des explications. Une fois qu’elle eut posée la question qui lui brûlée les lèvres, une nouvelle altercation se fit entre les deux protagonistes.

« Certes, le Seigneur nous demande de pardonner, mais en tout bon Ecossais que vous êtes, vous devez savoir qu’on ne pardonne pas à n’importe qui. » Et surtout pas à un homme qui a posé les mains sur vous, certainement pour pouvoir approfondir un échange pensa-t-elle en même temps. Cet homme avait un toupet et semblait se positionner actuellement en victime ce que la jeune femme n’appréciait pas.
Alors qu’elle mangeait comme un petit oiseau, l’homme avalait à grande cuillerée son repas, l’engloutissant très rapidement, si bien qu’elle avait l’impression de ne pas avoir commencé quand l’homme posa ses couverts dans son assiette vide. Elle fit un petit sourire en coin et l’écouta quand il lui expliqua enfin les raisons de son geste. Il lui avait tout simplement offert ce repas pour la remercier pour ses soins et également pour son beau travail. La jeune femme ne le montra pas, mais elle fut touchée par ce dernier compliment, c’était rare qu’on vienne la complimenter pour son travail de médecin, bien souvent on associait souvent ce qu’elle faisait à la sorcellerie, mais jusqu’à maintenant, elle n’avait jamais subis les foudres de personne.
« Votre blessure s’est bien soignée ? » Demanda-t-elle simplement ne désirant pas se rabaisser en le remerciant pour son compliment. « Ce genre de blessure peut s’infecter après même si vous avez été recousu. » Et bien souvent l’infection conduisait à la mort, beaucoup de monde avait déjà perdu un proche à cause de ce genre de blessure, surtout quand elles sont prises trop à la légère. Elle demanda alors à un serveur pour qui leur serve de nouveau à boire, à elle un verre d’un léger vin et pour l’homme une nouvelle bière. « Je n’ai pas l’habitude de m’excuser et je le fais très rarement, mais je n’aurai pas dû m’adresser à vous ainsi, bien que je sois contrairement à ce que vous pensez, loin de ressembler à toutes les femmes de mon rang. » Elle porta le verre de vin à ses lèvres et en but une gorgée, avant de le reposer.


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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Jeu 26 Jan - 20:02

La Belle et la Bête

Kenneth était heureux d'avoir atteint le but de son étape, et de pouvoir se reposer. Son cheval aussi, peut-être même plus que lui. Mais il ne tarda pas à demander de quoi se restaurer et pensait aller se coucher rapidement. Le repos, il n'y a pas mieux pour soigner une blessure... à part un guérisseur sous la main, bien sûr. Mais il voyait mal qui pourrait l'aider... La demoiselle contre qui il avait buté plus tôt n'était certainement pas encline à lui prodiguer autre chose que des reproches.

Voyant la Campbell entrer, il lui commanda un repas, car même s'il n'appréciait pas la demoiselle, il ne voulait pas laisser de dettes impayées. Elle l'avait aidé, il lui rendrait un peu la pareille. Il devrait lui rendre bien plus pour que la balance soit équilibrée, mais cela, il ne le lui avouerait pas. Tant qu'il tenait les comptes vis à vis de sa conscience c'était suffisant. Par contre, cela ne l'empêcherait pas de l'asticoter un peu tout de même. Il fallait avouer que la demoiselle avait une langue acérée.  

« Je ne pense pas que Dieu ait mis des conditions sur le pardon... » Mais il savait déjà que son âme irait aux enfers une fois qu'il mourrait. Il avait tué bien trop d'hommes pour qu'il en fut autrement. Il n'était pas certain de pouvoir trouver un curé ou même un évêque capable de l'absoudre... Il aurait eu besoin du Pape, mais celui-ci était fort loin, en Italie. « quelle que soit notre nationalité... » Il était assez d'accord avec la demoiselle mais n'allait pas lui faire le plaisir de céder si facilement.  Il continua à manger pour la laisser réfléchir à sa répartie.  

A la fin de son repas, elle n'avait toujours pas compris pourquoi il avait choisi de lui payer sa pitance. Il finit donc par lui donner la réponse, de guerre lasse. Par contre il ne fit rien pour adoucir le ton sur lequel il lui parla.

Sa réaction en fut pas celle à laquelle il s'attendait. Elle ne s'arrêta pas de manger, ni ne s'indigna encore plus. Au contraire, il la vit sourire légèrement. Apparemment, il avait trouvé un sujet qui lui plaisait. Il haussa les yeux au ciel quand elle mentionna le risque d'infection. Comme s'il ne le savait pas... Il lui arrivait de tremper sa lame dans du purin ou de la terre avant une bataille avec les Anglais... Juste pour le plaisir de savoir que même s'ils ne les tuait pas sur le coup, ils périraient ensuite de fièvre... Ce n'était pas très bon pour l'acier, mais avec un peu d'entretien, la lame le supportait relativement bien.

« Je vais bien. Dans quelques temps, on verra à peine la cicatrice. » Le salaud qui lui avait fait ça avait eu de la chance qu'il y ait eu du monde pour le retenir, sinon, il se serait chargé de se venger directement. S'il avait dû avoir de l'infection, il l'aurait déjà senti. Ce genre de blessure pardonnait rarement et était très douloureuse. Au moins, le bâtard avait utilisé une lame propre... Il haussa un sourcil quand la guérisseuse commanda à nouveau à boire, pour elle, et pour lui. « Merci. » Il pouvait être poli quand on lui offrait à boire, lui. Il l'écouta s'excuser, et constata qu'il avait vu juste, elle avait bien un rang à tenir, et ne voulait pas être assimilées aux autres femmes de sa condition... Il hocha la tête en signe de reconnaissance. « Si je puis me permettre, puis-je connaître votre nom ? » Une dame de la haute, oui. Mais la famille Campbell était vaste et ils étaient nombreux à avoir le nez en l'air et des manières proches de celles des Anglais... L'endroit idéal pour planquer une famille hors-la-loi, mais l'enfer pour les membres de cette famille de devoir supporter tous ces regards hautains et ces froncements de nez. Dans le cas de la demoiselle, il pensait pouvoir dire que la pomme n'était pas tombée très loin de l'arbre. « Je me nomme Kenneth MacGregor. » Il était normal qu'il se présente, puisqu'il venait de demander l'identité de la femme qui lui faisait face. Pas la peine d'essayer de cacher son nom, il était de toute façon connu de plusieurs personnes dans ce village.

Le repas lui tombait comme une pierre sur l'estomac et il aurait volontiers testé la paillasse qu'on lui avait promise (et sans fille dedans, cette fois!), si seulement la chambre n'était pas aussi éloignée de l'âtre.
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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ft.Caroline]   Sam 18 Fév - 18:42

Spoiler:
 




" La Belle et la Bête "





Avec ses longs cheveux et sa barbe, il avait bien plus l’apparence d’une bête sauvage que d’un noble highlander écossais. De toute évidence, il n’avait rien de noble en lui et Caroline se doutait qu’il devait avoir tous les aspects de la bête sauvage, même au fond de son âme. La jeune femme l’avait déjà vu se comporter comme un malotru durant des festivités chez les Campbell, il ne tenait pas la boisson, se jetait au-devant des premières bagarres et il ne savait pas du tout se comporter avec les femmes, encore plus quand il avait de l’alcool dans l’estomac. Même si son comportement paraissait respectable envers elle en ce moment même, la jeune femme savait qu’elle devait se méfier de cette eau dormante qui à chaque instant pouvait se transformer en un dangereux torrent. L’homme pouvait paraître respectable maintenant et profiter juste après de son innocence quand l’opportunité lui serait permise. Pardonner sur son geste envers elle lors de la soirée chez le Laird, elle en était incapable, cela touchait à son honneur et son père lui avait trop souvent rappelé que l’honneur était important pour une femme. Celle-ci devait absolument se montrer prudente, surtout quand des hommes se trouvaient non loin d’elle et qu’il y avait de l’alcool dans le même coin. Un père savait qu’il était difficile de protéger une fille en Ecosse, à moins de la garder enfermer dans une pièce jusqu’à ce qu’elle soit devant l’autel, sinon il devait la mettre en garde et faire en sorte de la prévenir de tous les dangers. Caroline avait reçu de nombreux discours à propos des hommes, sa mère, son père, ses frères, tous n’avaient eu de cesse de lui dire d’être prudente, surtout quand elle se rendait seule dans un lieu. Pour les satisfaire, Caroline ne baissait donc jamais sa garde.

Caroline ne comprenait pas pourquoi l’homme qui lui faisait face avait payé son repas, et même s’il semblait ne pas le vouloir, il lui en fournit la raison. Il voulait la remercier pour l’avoir soigné et d’avoir fait un travail propre sur sa blessure. La jeune femme qui ne voulait pas alimenter un nouveau conflit lui demanda si cette fameuse blessure s’était bien soignée. Il lui expliqua qu’il se portait bien et que bientôt, la cicatrice se verrait à peine. Caroline fut rassurée de cela, en effet recoudre une blessure sur un homme ivre qui tentait de vous toucher n’était pas chose aisée, mais elle était toujours appliquée dans son travail.
Pour enterrer la hache de guerre, elle commanda de nouveau à boire, c’était au moins ce qu’il fallait pour le remercier d’avoir payé son repas. L’homme la remercia en retour et lui demanda ensuite comment elle s’appelait.

« Caroline Campbell, non pas la fille du Laird je vous rassure, mais celle du General John Campbell. » La jeune femme avait préféré tout de suite expliquer qu’elle n’était pas la fille du Laird puisque sa cousine était déjà mariée et elle ne voulait aucunement être associée à celle-ci puisqu’elles sont en mauvais terme.
Enfin, Caroline découvrit à qui elle avait affaire. Kenneth MacGregor. Elle le regarda par deux fois en entendant ce nom qui avait été mentionné plusieurs fois par son père. Même si les MacGregor était sous la protection des Campbell, c’était des bandits, des pillards et des hommes sans foi ni loi qui commettait les pires larcins. Elle comprenait maintenant pourquoi il n’avait eu aucune inquiétude à la toucher quand elle guérissait ses blessures. Avant de répondre, la jeune femme but d’une traite son verre et se permit de se resservir cette fois-ci de la bière.
« Vous vous doutez bien qu’il serait malvenu que quelqu’un apprenne que nous avons partagé la même table. Si on vient à vous questionner je vous serai grès de dire que vous pensiez que j’étais qu’une simple paysanne. » Caroline n’était pas certaine que son père apprécierait de découvrir que son unique fille avait partagé un repas avec un bandit de la pire espèce. John Campbell était un homme de loi, il appréciait l’ordre et même s’il acceptait la décision de son cousin de protéger les MacGregor ce n’était pas pour autant qu’il approuvait.
« Que faites-vous sur ces terres ? » Demanda la jeune femme pour savoir si elle devait s’inquiéter d’un quelconque larcin de la part de l’homme.

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La Belle et la Bête [ft.Caroline]
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