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 I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin

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♛ Arrivé(e) en Ecosse le : 24/02/2017
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MessageSujet: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Mer 15 Mar - 0:08


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming


Grizel avait quitté Inverness quelques jours auparavant. Elle manquait clairement d'argent. Sans qu'elle ne sache pourquoi, elle avait eu moins de clients ces derniers temps. Sans doute était-ce le printemps qui donnait envie aux femmes de réaccueillir leurs maris dans leurs lits. De plus, Claire Farquharson n'était pas venue lui acheter ses précieuses informations dernièrement, elle n'avait donc pas touchée l'argent  habituel. Additionné à tout ça, il y avait le frère du laird qui tournait toujours autour de ses affaires à la recherches d'elle ne savait quoi. La rousse avait ressenti le besoin de quitter la capitale des Highlands pour quelques jours. Les rumeurs couraient vite en ville et Grizel ne savait pas d'où cela venait, mais elle avait entendu dire que les anglais payaient mieux les prostituées que ne le faisaient les écossais. Au début, elle n'y avait pas cru, trouvant que cela n'avait absolument aucun sens. Elle avait fini par céder quand le manque d'argent s'était fait de plus en plus présent. Il y avait assez peu d'anglais dans les Highlands et Grizel avait décidé de descendre légèrement dans le sud vers Fort William. Même s'il lui en coûtait de se rendre vers les anglais à cause de ses convictions jacobites, Grizel savait qu'elle trouverait des clients sans peine. Avec tout ces soldats et officiers dans les parages, elle aurait du travail pour un moment. Elle ne tenait pas à s'attarder plus que ça, elle resterait juste le temps d'obtenir un peu d'argent puis elle rentrerait à Inverness le plus vite possible. Hors de question de rester trop près des tuniques rouges !

Elle avait trouvé de quoi se loger à dix minutes de Fort William. Elle louait une chambre dans une auberge où elle payait le propriétaire en nature. Encore et toujours, comme de partout où elle allait.

Grizel avait quitté l'auberge en fin d'après midi et la nuit venait juste de tomber lorsqu'elle se retrouva devant l'entrée de la forteresse. Il y a bien des hommes qui devaient en sortir la nuit. Éclairée seulement par la lumière de la lune, la rousse profitait de cette soirée plutôt douce après longues nuits froides de l'hiver. Le regard perdu vers l'horizon, Grizel tentait d'imaginer ce qu'aurait pu être sa vie si elle n'avait pas choisi d'aider ses parents des années plus tôt. Elle serait sans doute mariée à un Farquharson et aurait déjà plusieurs enfants. Sa vie aurait été plus simple c'était certain. Aurait-elle était plus heureuse qu'elle ne l'était aujourd'hui. Ce n'était pas sûr. Elle s'était habituée à sa condition et n'était plus si malheureuse que ça.

Alors que de l'agitation se faisait entendre, la jeune femme se retourna et arrangea ses cheveux. Elle ajusta son corset de façon à ce qu'il face ressortir un peu plus sa poitrine et prit une position de séductrice, attendant qu'un homme passe pour lui proposer ses services pour quelques minutes, quelques heures, voire même la nuit complète. Même si ce privilège n'était réservé qu'à ses meilleurs clients.


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Mer 15 Mar - 19:37

J'étais fou de rage. Tellement fou de rage, de douleur, d'addiction que j'avais attendu la fin de mon quart pour aller directement au mess des officiers afin de prendre une nouvelle série de lampées... J'avais donc à nouveau bu plus que de raison, me faisant pour l'occasion de nouveaux amis : ivresse et besoin de me défouler. Les deux ensembles étaient de très mauvais conseils et me firent sortir du mess en titubant.

J'étais à Fort Williams, et j'avais besoin d'amour charnel. Non, pas d'amour... De bestialité, de possession. Voilà de quoi j'avais besoin en réalité : de posséder un corps, n'importe lequel, pour me prouver que j'en étais capable, que je pouvais encore vivre comme un homme complet malgré le manque de... De lui !

Mais à Fort Williams, aucun homme digne de ce nom ne se laisserait culbuter d'un coup. Non seulement je n'en connaissais pas un seul qui serait d'accord, mais en plus je n'avais pas la moindre intention de dévoiler mes penchants. Il me restait donc les épouses des officiers - hors de question - leurs filles - non plus, à moins qu'il y en aie une de petite vertu dans le lot - ou les rares prostituées qui pouvaient venir dans le coin. Car une rumeur tournait comme quoi les anglais payaient mieux les prostituées...

Je n'en savais rien, n'ayant jamais fait appel à une prostituée ici. Mais dans tous les cas, j'étais prêt à lâcher quelques pièces pour quelques instants de possession... Je remarquai un atroupement d'hommes bruyants. Je m'approchai d'eux, aviné mais tenant malgré tout mon grade. S'il y avait un problème dans le Fort, je devais être capable de remettre l'ordre.

"Qu'est-ce que vous avez tous, messieurs ?!"


J'attendis une réponse à ma question prononcée de façon très autoritaire. Ils sursautèrent tous et se retournèrent. L'un d'eux eut tout de même le courage de me répondre en me montrant une femme. De toute évidence une prostituée écossaise, au vu des vêtements et des... attributs dévoilés. Je souris intérieurement, j'avais trouvé là mon exutoire, c'était parfait.

J'invitai donc de ma voix tonitruante tous les soldats présents à déguerpir. Je n'allais certainement pas laisser ma chance, et profiter de mon grade ne me parut absolument pas exagéré dans le cas présent. Alors une fois qu'ils furent tous partis, je me dirigeai vers la belle rousse qui allait s'offrir à moi en échange de pièces durement gagnées. Je m'adressai donc à elle dans sa langue.

"Je crois que vous offrez vos services, mademoiselle ?"
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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Jeu 16 Mar - 12:50


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming


Quand elle entendit de l'agitation Grizel se retourna et se retrouva sans surprise face à un groupe de soldats anglais qui paraissaient fortement alcoolisés. Là encore, il n'y avait rien d'étonnant. Enfant et même adolescente, elle avait toujours eu peur des hommes ivres, sans doute les vestiges des souvenirs du voisin de la maison familiale frappant sa femme et ses enfants lorsqu'il rentrait de l'auberge tard le soir. Avec le temps, elle avait appris à surmonter cette peur, tous les hommes n'étaient pas comme ça. De toute façon avec son métier, elle en avait vu passer beaucoup des hommes qui avaient plus d'alcool que d'eau dans le corps.

Face à l'attroupement qui se formait autour d'elle, Grizel sourit. Ses craintes venaient de s'éloigner, elle aurait des clients pour la soirée. Tant mieux. Elle se laissait toucher, attendant que les hommes aient fini de déblatérer pour se vendre au plus offrant. Elle gloussa lorsqu'un soldat tira sur le lacet de son corset afin de laisser entrevoir un peu plus sa poitrine. Elle échangeait avec les soldats, employant un langage cru, comme souvent lorsqu'une voix plus forte que les autres se fit entendre.

Se retrouvant montrée du doigt, Grizel resserra légèrement le lacet défait tout en lançant un clin d'oeil à celui qu'elle reconnu sans peine comme un officier. Elle râla intérieurement quand ce dernier fit partir ses hommes. Tant de clients perdus d'un coup alors qu'elle avait besoin de leur argent...  La rousse fut surprise d'entendre l'anglais s'exprimer en gaélique mais tenta de n'en rien laisser paraître. Elle se demandait depuis quand les tuniques rouges faisaient l'effort d'apprendre le gaélique.

Portant à nouveau son attention sur la question, elle hésita un moment. C'était à double tranchant. Ou bien l'officier allait lui montrer plus ou moins gentiment le chemin pour s'éloigner du fort ou alors, il avait demandé à ses hommes de partir pour la garder que pour lui. Grizel se résigna, impossible de savoir ce qui se passait dans la tête d'un anglais. Déjà qu'elle n'avait jamais aimé les tuniques rouges... De toute façon, l'homme avait bien compris quel genre de femme elle était.

-C'est ce qu'on dit, affirma-t-elle.

C'était le moment de tenter le tout pour le tout. En cas d'échec, elle n'aurait qu'à retourner à l'auberge en espérant que les hommes n'aient pas dépensé tout leur argent en boisson. Elle s'avança et posa une main sur le torse de l'officier.

-Dieu que la vie doit être ennuyeuse dans cette forteresse en étant uniquement entouré d'homme, commença-t-elle. N'auriez vous pas envie d'une présence féminine pour la nuit Monsieur ? demanda-t-elle tout en tirant à nouveau sur le lacet de son corset.


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Dim 19 Mar - 20:51

Je ne savais même pas pourquoi j'avais pris la peine de parler le gaélique avec cette femme... Mais d'un autre côté, je ne pouvais m'empêcher de me dire que le pratiquer me permettait d'améliorer toujours mon accent. J'avais toujours cette crainte qu'un jour je sois découvert sur une simple erreur, sur un accent. Mais je ressentis comme une satisfaction malsaine à sa surprise.

Mais de toute façon, je n'étais pas là pour conter fleurette, j'avais l'intention de l'emmener vers moi dans un coin tranquille, et de faire mon affaire, et peut être plus je ne savais pas encore... J'étais de toute façon encore grisé par l'alcool. Et j'aimais beaucoup sa réponse...

"C'est ce qu'on dit.

_Très bien."


Puis, d'un coup elle se montra tout d'un coup très entreprenante. Elle s'avança vers moi, posa une main sur mon torse. Si pendant quelques secondes je regrettai que ce ne fusse pas celle de Fergus, je me raisonnai en me disant que je ne devais plus rien attendre de lui, que je devais passer à autre chose. Et une fois cette idée bien ancrée dans mon cerveau, j'eus enfin un sourire appréciateur. J'aimais les femmes pas farouches, même si pour libérer leurs moeurs je devais lâcher quelques pièces. Après tout, à quoi me servaient-elles sinon ? J'en avais bien trop pour ce que j'en faisais...

"Dieu que la vie doit être ennuyeuse dans cette forteresse en étant uniquement entouré d'homme. N'auriez vous pas envie d'une présence féminine pour la nuit Monsieur ?

_Si vous êtes volontaire, je n'y vois aucun inconvénient... Après tout, vous êtes là, autant en profiter n'est-ce pas ?"


Lorsqu'elle commença à tirer sur le lacet de son corset, je n'eus plus aucune hésitation, je voulais la prendre là, maintenant, tout de suite... Mais pas en public, non, j'avais encore un peu de pudeur. Peut-être était-ce la nuit, peut-être que les soldats s'en moquaient, mais je n'aimais pas avoir de regards voyeurs sur ce qui appartenait à mon intimité.

Alors j'attrapai son bras pour la guider dans les dédales de couloirs de Fort Williams, afin d'entrer dans ce qui était ma chambre depuis quelques années maintenant. Elle était spartiate, mais suffisament meublée pour ce que j'en faisais. Je la lâchai une fois arrivés à destination puis j'attrapai quelques pièces dans une bourse que je dissimulais dans une commode fermée à clé.

Je les mis dans sa main, que je refermai doucement, tout en disant :

"A présent, gente dame, si vous souhaitez procéder... Je suis tout à vous. Je pense que cela suffira pour la nuit, non ? J'aimerais beaucoup avoir de la compagnie. Comme vous dites, les hommes ne sont pas très intéressants. Du moins pas autant que vous."


J'eus la main légère sur sa poitrine, comme pour montrer ce qui m'intéressait réellement. Puis je me dirigeai vers le lit, pour m'allonger et attendre le service. J'avais envie qu'elle me fasse languir, qu'elle réveille l'homme en moi. Je n'avais pas touché de femmes depuis si longtemps que je ne savais même pas si je saurai m'y prendre... Déjà que je n'avais jamais été particulièrement porté sur elles.

Mais pour ce soir, ce serait elle.

Couché, toujours habillé, j'attendais enfin le moyen d'oublier Fergus.
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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Dim 19 Mar - 23:31


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming

Alors que l'officier anglais répondait à ses suggestions, le sourire de Grizel s'agrandit. Elle avait craint de ne pas avoir de travail mais elle était heureuse de s'être trompée.

-Il faut toujours profiter, approuva-t-elle.

La jeune femme se laissa traîner dans les couloirs de Fort William en réprimant un frisson. Une forteresse anglaise, elle se dégoûtait parfois... Si certains de ses amis jacobites apprenaient où elle se trouvait à présent, ils seraient terriblement déçus. Mais en même temps, ils pouvaient sans doute comprendre qu'elle avait besoin d'argent. Elle n'aimait pas particulièrement la façon peu délicate dont l'anglais la guidait mais cela faisait partie du boulot et elle n'avait rien à dire contre cela. Cette endroit lui fichait la chair de poule, tant de ses compatriotes écossais avaient souffert ou avaient été pendus en ces lieux. Elle eut une petite pensée pour tout ceux qui avaient défendu avec bravoure l'Ecosse, elle les admirait et écarta de sa tête la pensée qu'elle était en train de trahir ces fiers écossais.

Quand ils entrèrent dans la chambre de l'anglais, Grizel laissa son regard courir le long de la pièce. C'était moins riche que ce à quoi elle s'attendait, mais elle aurait dû s'en douter, après tout, ils étaient dans un fort militaire et non dans une belle demeure de nobles gens. La rousse sourit quand son client lui mis quelques pièces dans la main. Rumeur fondée, les anglais payaient mieux que les écossais. Ou alors celui-ci était particulièrement riche. Grizel ne s'attarda pas sur la question, retenant simplement qu'il fallait aller voir des tuniques rouges quand l'argent se faisait rare. Elle glissa délicatement les pièces dans une poche de sa jupe qu'elle avait justement cousu à cet effet.

La prostituée tiqua quand elle se fit appeler « gente dame » mais ne dit rien. Elle n'avait rien de ce genre de femme et elle n'aimait pas qu'on l'appelle ainsi. Elle aimait être juste Grizel, Grizel Farquharson à la limite.

-Je ne doute pas un seul de mon intérêt par rapport aux autres habitants de cette forteresse. Soit, je resterai jusqu'au matin, accepta-t-elle, après tout il y avait bien assez d'argent pour qu'elle reste plusieurs heures.

Grizel se demanda si elle avait le droit d'être là, si les hommes pouvaient ramener des femmes comme elle à l'intérieur du fort. Elle en doutait mais décida que cela n'avait aucune espèce d'importance. Elle était payée, alors elle restait et ne chercha pas plus loin.

La rousse leva un sourcil alors que son client allait s'installer directement sur son lit pour l'attendre. Elle avait l'habitude qu'on la prenne sans attendre, sans lui laisser le temps de dominer les ébats. Généralement, c'était elle qui était jetée de force sur le lit et qui subissait les assauts de son client. Soit, elle prendrait les devants cette fois. Peut-être était-ce là une particularité des anglais ? Ou alors elle était tombée sur un homme assez ouvert d'esprit pour reconnaître le plaisir donné par une femme dominatrice comme grandement satisfaisant.

Décidant de ne pas faire attendre son client plus longtemps, elle ne voulait pas qu'il change d'avis, Grizel se rapprocha lentement du lit et entreprit de défaire avec des gestes lents mais habitués sa longue crinière de feu. Toujours avec lenteur, elle défit totalement le lacet qui retenait encore son corsage. Elle retira le plastron rigide puis le corsage entier tout en écartant les pans de sa chemise. Elle laissa ensuite tomber sa jupe, le boudin élargissant ses hanches et son jupon à ses pieds. Uniquement vêtue de sa chemise, elle rejoignit son client sur le lit. En appuis sur ses mains, elle l'embrassa d'abord avec douceur avant de mettre beaucoup plus d'ardeur dans son baiser.

-Ne voudriez-vous pas finir le travail vous même Monsieur ? murmura-t-elle près de l'oreille de l'anglais après avoir délaissé sa bouche.

Cependant, elle ne lui laissa pas le temps de réagir, trouvant son client beaucoup trop habillé. Avec une lenteur infinie, elle défit un à un les bouton de la veste rouge de l'officier. Si elle pouvait enlever les choses plus évidente qui lui rappelaient qu'elle avait affaire à un anglais c'était bien aussi. Laissant ses doigts courir sur le torse de l'anglais, elle lui retira également sa chemise avant d'embrasser et de mordiller la peau de son cou, sachant pertinemment que cette marque serait cachée sous un col dès le lendemain matin.

-Comment vous nommez-vous Monsieur ? demanda-t-elle au bout d'un certain temps tout en s'attaquant aux boutons du pantalon de son client. Elle savait que les hommes aimaient qu'elle susurre leur prénom à leur oreille.


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Mar 21 Mar - 18:54

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Feat. Grizel

« Je ne doute pas un seul de mon intérêt par rapport aux autres habitants de cette forteresse. Soit, je resterai jusqu'au matin. »

J’étais ravi d’apprendre qu’elle allait rester. Je l’appréciai déjà, de cet amour temporaire nommé désir, qui brûlait déjà au bas de mon ventre. Je l’observai donc se déshabiller sous mes yeux. Elle avait des gestes sensuels, typiquement féminins, que je n’avais observés depuis bien des années. Sa chevelure tomba sur ses épaules comme mille flammes cascadant sur des pierres d’opale blanche. Et chaque morceau de tissu qui finissait à terre était autant d’impulsion que je retenais de l’attraper pour la posséder maintenant.

Mais je me retenais, je voulais savourer chaque pièce que j’avais investie dans cette nuit, je voulais ressortir de ces moments charnels totalement épuisé, amoureux du corps des femmes, prêt à suivre les préceptes de Dieu, à prendre femme… Même si pour le moment je me concentrais sur celle qui était désormais assise à califourchon sur moi à m’embrasser avec douceur et volupté.

J’aimais ce baiser, qui montait en puissance. Je ne savais pas depuis combien de temps elle faisait ce métier, mais elle disposait d'un certain savoir faire. Et aussi d'un corps agréable. J'aimais toucher sa peau, j'aimais glisser mes mains sous sa chemise pour malaxer ses hanches. J'aimais aussi sa fermeté, le fait que ce ne soit pas un sac d'os. Et j'aimais qu'elle chuchotte des mots à mon oreille, j'en avais des frissons.

"Ne voudriez-vous pas finir le travail vous-même Monsieur ?

_Certainement pas, allez-y, j'apprécie beaucoup. Ne soyez pas pressé, on a la nuit pour nous..."


Mais elle n'avait attendu aucune réponse de ma part, et j'appréciai. Elle me déshabilla avec cette lenteur qui la caractérisait désormais, elle prenait son temps, à un tel point que l'attente réveilla mon organe. Je sentais mon sang pulser en lui, le grossissant petit à petit. Il finit d'ailleurs sa croissance tandis qu'elle s'occupa de mon torse, le mordillant, le parcourant du doigt. Je gémis d'anticipation, sentant se former ces marques sur la peau.

Je résistais à grand peine à la tentation de la retourner et de la posséder sauvagement. Je l'aurais probablement fait, avec Fergus. Mais je voulais apprendre à laisser aller, à me calmer. Si je ne devais plus jamais le voir, au moins devais-je savoir prendre mon temps. Je l'avais bien trop attendu, ce moment.

"Comment vous nommez-vous Monsieur ?

_Je suis Edwin. Pas monsieur."


Mais finalement, je ne pus pas m'empêcher de retirer moi-même cette chemise qui était désormais le seul rempart entre sa peau et la mienne. Je la retirai donc délicatement, ne voulant pas tirer sur ses longs cheveux. Et une fois son corps dévoilé, je lançai la chemise au hasard dans ma piaule, pour ensuite plaquer mes mains sur sa poitrine. Je redécouvrais un peu cette partie du corps, que je ne voyais pas sur le mien ou celui de mes amants habituels.

Je parvenais à les couvrir de mes mains, ils étaient ronds, fermes, j'étais déjà fous d'eux. Moi et mon pubis étions parfaitement réveillés, nous étions même très excités, à vrai dire. Avoir une femme nue au dessus de mes jambes, de mon torse, tout cela avait finalement un intérêt que j'avais réellement oublié durant ces dernières années passées à être obsédé par Fergus.

Je ne savais pas ce qu'elle me faisait, elle m'ensorcelait, je n'avais envie que d'une chose, c'était de la dévorer comme si j'étais le loup et elle mon repas. Alors je commençai à mordiller ses seins, doucement, m'astreignant à la patience. Nous avions toute la soirée après tout, nous avions le temps.  Le temps de nous fondre.

Et moi le temps d'oublier, enfin, je l'espérais.


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Ven 24 Mar - 0:41


Edwin

ft. Grizel

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Grizel frissonna quand les mains de l'officier anglais s'activèrent sur son corps. Elle n'aimait pas cela. Combien d'écossais ces mêmes mains avaient-elles torturés, voire même exécutes ? Fermant les yeux, elle se reconcentra sur sa tache, à savoir exciter son client. Ça n'était pas compliqué, il n'en fallait pas beaucoup à un homme pour qu'il réagisse. Ils étaient tous les mêmes, se croyant unique en leur genre quand une femme les touchait, se sentant le plus fort quand il la pénétrait, mais n'étant au final que le reflet quasi identique de toute personne du genre masculin. Grizel avait l'habitude, elle avait connu pire. Il suffisait de laisser ses pensées vagabonder le plus loin possible, de ne pas penser à l'instant présent, à ce qu'elle était en train de faire. Il fallait mettre de côté le peu de fierté qui lui restait et trouver de quoi être excitée par un homme dont elle n'avait jamais envie. Les gens pensaient qu'être une prostituée était simple, qu'il suffisait de mettre tout sens de l'honneur de côté et que le tour était joué. C'était loin d'être le cas, il fallait être assez douée pour pouvoir simuler prendre un plaisir incomparable et savoir être prête à accueillir un homme sur simple demande de sa part. Les hommes savaient que c'était faux et pourtant ils aimaient qu'elle leur montre qu'elle prenait du plaisir. Cela était paradoxal, Grizel le savait, mais tant que ce paradoxe existait alors elle aurait des clients.

D'un geste lent, elle fit glisser le pantalon de son client le long de ses jambes, alors qu'il lui donnait son prénom. Il n'aimait pas le Monsieur, voilà qui leur faisait un point commun. Ils n'étaient pas leur titre, juste leur prénom. Cela suffisait, on n'avait pas besoin de plus dans la chaleur d'une chambre. Un homme et une femme, un client et une traînée, rien d'autre.

Elle sourit lorsqu'il lui retira sa chemise et prit ses seins entre ses mains. Elle n'aimait pas la caresse mais laissa échapper un gémissement. La femme n'aimait pas, Grizel voulait l'argent, la prostituée gémissait. À nouveau, elle se pencha laissant ses mains se faire plus baladeuses tout en mordillant sa lèvre inférieure. Avec lenteur, elle embrassa les cuisses d'Edwin. Comme lui même l'avait dit, ils n'était pas pressés. Finalement, le regarda une dernière fois dans les yeux avant de laisser glisser ses lèvres le long de la virilité de son client, variant le rythme de ses va-et-vient.

Les yeux clos, elle pensait aux hommes qu'elle avait aimé par choix et non parce que son métier le lui imposait. Elle ne les connaissait plus mais même après tant d'années, ils restaient son échappatoire. Elle pensait aussi aux hommes qu'elle fréquentait de temps en temps sans qu'ils ne la payent, ceux qu'elle n'aimait qu'une nuit quand l'envie de tendresse se faisait sentir. Quand elle était Grizel pour son partenaire, pas la femme qu'il avait acheté pour une nuit.

Subitement, elle stoppa sa caresse. La frustration rendait la suite encore meilleure. Elle avait mis du temps pour comprendre ce contexte puis s'était rendue compte qu'il s'appliquait bien aux clients. Elle remonta vers la bouche de son partenaire, l'embrassant avec une passion qui n'était pas la sienne mais celle de l'image qu'elle voulait donner d'elle-même. Laissant une main errer dans les boucles brunes de son client elle se pencha à nouveau vers son oreille.

-Que fait-on maintenant, Edwin ? demanda-t-elle.

Certains clients aimaient des choses particulières, Grizel le savait par expérience. Elle demandait régulièrement aux hommes ce qu'ils voulaient. Quoique ce soit, elle le faisait et au moins elle était sûre que les clients en avait pour leur argent et appréciaient suffisamment le moment pour venir la retrouver rapidement. Son métier n'était que tactique et honte de soi, elle en avait conscience.


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Ven 24 Mar - 20:52

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Tandis que ses lèvres refaisaient les formes de ma virilité, je crus défaillir. J'avais oublié à quel point c'était bon, et surtout j'avais oublié à quel point j'aimais ça. J'aimais cette sensation qui courait le long de cette peau hypersensible... Même si j'imaginais Fergus à la place de cette femme. Ils avaient une façon de faire similaire, et en fermant les yeux, je pouvais presque sentir les cheveux frisé de mon homme, sa joue râpeuse contre ma cuisse...

Lorsqu'elle se tretira, je crus que j'allais crier de frustration. J'étais tellement ancré dans mes fantasmes les yeux fermés que j'allais demander à Fergus de continuer. Mais je me résignai bien vite lorsque je vis la femme en face de moi, qui n'avait strictement rien de celui qui me hantait.

Lorsqu'elle remonta jusqu'à ma bouche pour m'embrasser avec passion, je suivis, mais le coeur y était moins. Elle toucha mes cheveux, se serra contre moi, mais j'avais presque envie de la jeter sur le côté pour ensuite enfourcher mon cheval afin de rejoindre les Terres Abercromby dans la nuit. Mais je ne le fis pas, car je voulais me prouver des choses à moi-même.

"Que fait-on maintenant, Edwin ?"


Je ne répondis rien de peur de changer d'avis, mais je la gardais sur moi, la guida doucement, de son intimité vers la mienne. J'avais presque envie d'expédier l'affaire, mais d'un autre côté, je voulais prendre mon temps. Je vérifiai tout de même qu'elle n'était pas trop sèche... Si j'avais retenu une chose chez les femmes, c'était qu'il valait mieux que cela glisse...

Heureusement elle était prête, et je la guidai pour mieux l'embrocher. Mais dès lors que je sentis l'entrée chaude de son vagin, je ne sus pas vraiment ce qui se passa, je me sentis... Mal. J'eus presque un arrêt de respiration, mon ventre se contracta. Je me sentis... sale.

Subitement, alors que ma virilité était fièrement dressée, je la sentis s'écrouler comme un arbre sombrerait sous les rafales d'un vent trop fort. Le vent de la culpabilité, la tempête de la tromperie... Quand bien même nous ne soyons pas un couple conventionnel, béni par Dieu... J'ignorais même si nous étions un couple, si nous l'avions été. Si nous le serions un jour...

Je gémis de frustration. Je n'arrivais plus à durcir, et si la culpabilité était, là honte aussi. Ah, mes chères amies qui ne m'avaient guère manqué... Je murmurai quelque chose dans ma barbe, je ne savais même pas quoi, tandis que j'essayai de m'exciter à nouveau, de réveiller ma virilité. Mais rien n'y faisait, ni mes pensées, ni ma mains, rien n'y faisait...

Je repoussai la prostituée, touché dans mon corps, mon sentiment d'être un homme, humilié par ma propre chair. J'avais la sensation d'être trahi, d'être castré !

"Je... Je suis désolé, je..."


Je me pris le visage dans mes mains. Nu, mou, triste... Je venais de tomber dans un abyme dont je ne voyais même plus la sortie. Je regrettais d'un coup d'être parti après le mariage, j'aurais pu... J'aurais pu rester avec lui, de toute façon, ça ne devait rien changer, j'étais de toute façon un amant illégitime, j'aurais toujours été mis de côté, qu'est-ce que je pouvais bien attendre de lui ?

En regardant ma compagne d'un soir, je me rendis compte que je ne savais même pas son prénom... Je m'attendais presque à ce qu'elle me regarde avec dégoût, avec pitié, n'importe quoi, je ne savais pas... Je me forçai donc à regarder son visage pour savoir comment réagir.

"Je suis... désolé, ça doit être l'alcool, je... Et si on attendait un peu ?"


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Sam 25 Mar - 12:04


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming


Alors que son client prenait les devants et la pénétrait, Grizel rejeta la tête en arrière et ferma les yeux, prête à jouer le numéro de celle qui passe le meilleur moment de sa vie. Celle qui malgré le fait de n'être qu'une prostituée apprécie l'instant. Celle qui fait croire aux hommes qu'elle a cessé de jouer la comédie et qu'ils sont réellement des dieux au lit. Seulement, elle ne s'attendait pas à ce que que la situation tourne court aussi rapidement. Elle ouvrit les yeux sous l'effet de la surprise. C'était plutôt rare que la tension retombe aussi rapidement, elle devait l'avouer. Généralement, les hommes qui se payaient ses services voulaient en avoir pour leur argent et rentabilisaient leur nuit au maximum. Ceux qui la payaient, la voulaient  et ne la laissaient partir que lorsqu'ils avaient terminés leur affaire et haletaient étendus sur le lit après l'avoir prise selon leur envie. Depuis sept ans d'activité, il lui était bien arrivée de se retrouver face à l'impuissance d'un homme mais c'était rare.

La rousse ne doutait pas de ses capacités de séduction. Même s'il lui en coûtait, elle se donnait toujours au maximum. Il était prêt autant qu'elle l'était, et Grizel ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer. Dans le fond, elle s'en fichait, elle avait déjà été payée gracieusement pour toute la nuit.

Elle regarda un moment son client tenter d'être à nouveau excité, sans grand succès. Elle allait prendre le relais pour faire se redresser la virilité d'Edwin quand il la repoussa. Alors qu'il s'excusait, Grizel s'assit à côté de lui en tailleur, résistant à l'envie de prendre le drap pour se couvrir un minimum.

Grizel s'apprêtait à parler à nouveau. Elle voyait bien que son client était gêné, tout les hommes l'étaient dans cette situation, adieu le sentiment de toute puissance. Elle s'était déjà retrouvée mise à la porte, ses vêtements lancés derrière elle ou bien avait vu des hommes partir de chez elle comme s'ils avaient le diable aux trousses lorsque cela arrivait. Elle allait dédramatiser, dire que ce n'était pas grave. Elle avait appris avec l'expérience qu'il fallait toujours flatter un homme, même lorsque c'était nul. Ici, c'était un peu différent mais elle savait qu'il fallait qu'elle dise un mot gentil.

Finalement, ce fut lui qui réagit le premier, s'excusant à nouveau et accusant l'alcool. Voyons, c'était bien connu, l'alcool affaiblissait la virilité des hommes. Grizel se retint de sourire face à cette excuse minable.

-Cela ne fait rien, rassura-t-elle, oui cela doit sans doute être l'alcool, approuva-t-elle.

Toujours être d'accord avec le client. Elle connaissait sa position de simple fille de joie, les hommes avaient toujours tout pouvoir sur elle.

-Bien-sûr attendons, reprit-elle en souriant, nous avons toute la nuit après tout, n'est-ce pas ?

Elle céda enfin à la tentation et s'allongea sur le lit de l'officier avant de tirer le drap sur elle et de tapoter la place à côté d'elle pour qu'Edwin la rejoigne. Elle s'enivrait de l'odeur masculine qui s'échappait de ces draps. Elle avait toujours aimé cela, toujours trop aimé les hommes. Début de sa dépravation.

Elle laissa passer quelques minutes de silence, durant lesquelles elle ne savait pas vraiment quoi dire. Finalement, elle se décida à reprendre la parole pour ne pas laisser la gêne s'installer plus longtemps.

-Depuis combien de temps êtes-vous à Fort William ? demanda-t-elle au bout d'un moment. A quoi ressemble la vie ici ?

Parler d'autre chose et éloigner les pensées de son clients de l'échec cuisant de leurs ébats lui semblait être la solution la plus appropriée. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait posé ces questions. Elle était à la fois intéressée par les réponses, il était rare qu'elle ait l'occasion de discuter avec un officier anglais. Elle se disait en même temps qu'elle apprendrait peut-être des informations qu'elle pourrait vendre à la Lady de son clan en rentrant sur les terres Farquharson.



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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Lun 27 Mar - 11:42

I know men need a whore when anger and sadness are coming
Feat. Grizel

Allongé sur le dos, sans bouger, je ne faisais que respirer. L’humiliation avait un goût âcre dans ma bouche, j’étais absolument ridicule. Tandis que je la sentais s’agiter un peu, je devinai ses sentiments. C’était une prostituée, elle avait dû en voir des hommes impuissants… Dieu ! que je haïssais ce mot, impuissant. Il nous réduisait au simple état de pénis qui ne fonctionnait pas.

Je me redressai vivement après avoir lancé au vent mon excuse aussi ridicule que ma verge molle, puis je me dirigeai vers ma coupelle d’eau, que je gardais toujours pleine pour me mouiller le visage. Cela m’aidait à réfléchir, à faire le point, à me calmer. Car je n’étais pas certain que ma compagne nocturne acceptât de rester dans ce lit si je me mettais à taper dans les murs…

Puis, une fois un peu plus maître de mon esprit, je retournai dans le lit, tandis que la femme déclara que nous avions toute la nuit pour attendre. Mais je n’allais pas attendre aussi longtemps. A vrai dire, l’alcool avait fui de mon corps, comme s’il refusait d’être mêlé à cette sombre histoire humiliante. J’étais en colère et en même temps blasé.

Evidemment qu’elle ne pouvait croire que c’était simplement l’alcool qui m’avait rendu aussi mou. Il avait bon dos, l’alcool. Non, c’était Fergus, car il m’avait intoxiqué avec sa luxure et je ne désirais maintenant plus que lui. Et ce silence gêné qu’il y avait entre la prostituée et moi me prouvait bien qu’elle aussi ne savait pas quoi faire… Après tout nous n’étions ni amant ni amis, que pouvait-elle me dire ?

« Depuis combien de temps êtes-vous à Fort William ? A quoi ressemble la vie ici ? »

Je ris un peu au moment où elle posa la question. Effectivement, elle ne savait pas quoi dire, elle allait peut-être même me parler de la pluie et du beau temps tandis qu’il faisait nuit noire dehors.

« Je pense que vous posez la question juste pour parler… Mais je vais y répondre. J’y suis depuis trois ans longs comme trente. Et la vie ici… Si on peut appeler ça une vie, nous sommes confinés dans un espace clos à nous ennuyer, et à nous languir de belles écossaises comme vous qui s’y risquent. »

En réalité je ne me languissais pas vraiment des prostituées, c’était bien la première fois depuis longtemps que j’en « ramassais » une. J’avais tenté le diable pour tenter d’oublier, et finalement me voilà avec le visage d’un homme imprimé sur ma rétine tandis qu’une femme nue se dissimulait sous mon drap.

« Bien, pour être honnête, je ne me languis pas vraiment des belles écossaises… Mais d’une personne en particulier. L’alcool n’y est pour rien dans mon… état. Je suis bien trop fier pour l’admettre, j’ai tenté de l’oublier dans vos bras, mais mon corps est bien plus fidèle que ma tête. »

Je n’allais certainement pas révéler que la « personne » en question était un homme. Mais étrangement, j’avais envie de parler de lui. Et je n’allais pas me gêner, pour une fois, j’avais quelqu’un prêt à m’écouter. Après tout, je l’avais payée pour qu’elle reste, non ?

« Quel est votre nom, au fait ? »


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Mer 29 Mar - 0:02


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming

Grizel ne savait pas pourquoi elle se sentait obligée de faire la conversation. Après tout, elle était payée pour coucher avec son client, pas pour le faire parler. Cela se saurait sinon, et son métier serait tout de suite beaucoup plus agréable ! Mais là, elle se sentait dans l'antre de l'ennemi. À juste titre d'ailleurs, elle y était. Pas dans cette chambre. Elle doutait que quelque chose lui arrive avec Edwin, enfin on ne savait jamais... Mais Fort William, c'était le territoire de l'ennemi. Elle avait donc toutes les raisons du monde de s'y sentir mal, oppressée et non maîtresse de ses moyens. Alors elle parlait, pour se donner contenance, pour essayer d'échapper à la tension qui régnait dans la pièce et surtout parce que cela aurait été sans doute très étrange qu'elle ne dise rien. Son client n'aurait sûrement pas été le premier à reparler, alors autant qu'elle se jette à l'eau, même si c'était pour poser des questions totalement stupides.

Elle écouta calmement la longue réponse à sa question. Elle haussa les épaules quand il fit remarquer qu'elle ne demandait que pour parler, signe qu'il avait bien compris qu'elle ne savait absolument pas quoi dire d'autre. Et alors ? Sa question était moins idiote que son excuse pour justifier son impuissance et moins ridicule que le silence qui avait élu jusqu'à lors domicile dans la petite chambre de l'officier anglais.

Trois ans dans ces murs, c'était sacrément long et Grizel comprenait que le temps devait défiler à l'allure la plus lente qu'il puisse exister. Elle imaginait bien qu'il ne devait pas être facile et que cela ne devait pas être joyeux pour un soldat anglais d'être envoyé dans les Highlands. Alors s'il fallait en plus ne pas pouvoir profiter de la beauté des paysages et de toutes les possibilités que la nature offrait pour rester dans cette maudite forteresse, la rousse se doutait bien que l'ennui devait y être immense. Elle doutait cependant que son client n'y ait vraiment languit les femmes au vu de la réaction de son corps. Alors pourquoi l'avait-t-il payé pour la nuit ? C'était à n'y rien comprendre. Peut-être voulait-il juste ne pas être seul. Dans ce cas là, pourquoi avoir ne serait-ce que commencé à répondre à ses sollicitations de fille de joie ? Il valait mieux qu'elle arrêter de chercher à comprendre, elle n'y parviendrait sûrement pas.

Elle sourit quand il admit finalement qu'il n'attendait pas de prostituée et qu'il s'expliquait. Bien, elle n'avait plus de questions à se poser désormais, cette histoire était enfin tirée au clair. Maintenant qu'elle savait qu'il y avait une femme derrière tout cela, tout prenait son sens aux yeux de Grizel. Et elle ne pouvait s'empêcher d'être jalouse de cette femme que cet homme semblait tant aimer. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas été aimée pour autre chose que son corps durant l'espace d'une nuit. Il y avait des années qu'un homme n'avait pas pris soin d'elle et ne lui avait pas été fidèle. Comment aurait-il pu en être autrement de toute façon depuis sept ans ?

-Je m'appelle Grizel, répondit-elle quand il lui demanda son prénom.

Elle prit une inspiration, prenant le temps de réfléchir à ce qu'elle devait dire ou non. Elle tenta d'analyser la situation et de comprendre ce qu'il se passait dans la tête de l'anglais. Elle imaginait là un homme rongé par la culpabilité, la tristesse et sans doute le manque de cette femme qui soit ne voulait pas de lui soit se trouvait à des centaines de kilomètre de là, en Angleterre.

-Cette femme a beaucoup de chance d'avoir un prétendant aussi fidèle. Heureusement que tous les hommes ne le sont pas, cela ne ferait pas mes affaires. commença-t-elle.

Elle tenta de plaisanter, elle n'était pas sûre que cela marche mais peut-être cela mettrait-il son client un peu plus à l'aise.

-Sans doute tout cela signifie-t-il qu'il faut écouter votre corps, reprit Grizel. Restez lui fidèle, c'est tout à votre honneur Edwin. Bien plus que de dépenser votre argent avec une femme comme moi, sourit-elle. Oh je ne vais pas m'en plaindre, j'en ai besoin de et argent, mais même si vous êtes anglais, vous avez l'air d'être un homme bien, ajouta-t-elle.

Provoquer l'anglais chez l'anglais... Ce n'était pas très intelligent et c'était le genre de comportement qui pouvait attirer de gros problèmes à Grizel. Mais elle avait toujours été une tête brûlée et n'avait jamais eu sa langue dans sa poche. Elle espérait juste que son client prendrait la réflexion comme une plaisanterait et non une insulte. Ce n'était pas une plaisanterie, pas vraiment, mais la rousse n'avait pas pu s'en empêcher. Elle n'aimait pas les anglais, c'était un fait. De toute façon, elle savait que pour cette nuit, elle n'aurait plus à donner son corps. Elle l'avait compris dès que l'autre femme avait été évoquée. Edwin ne chercherait pas obtenir plus d'elle, alors autant dire ce qu'elle pensait vraiment. Malgré le fait qu'il soit anglais, elle admirait sa fidélité à cette femme qui ne se rendait très probablement pas compte de la chance qu'elle avait. Et de l'effet qu'elle avait le bel anglais.

-Si ce n'est pas trop indiscret, qui est-elle ? demanda Grizel au bout d'un moment. Est-elle restée en Angleterre ? Est-ce votre fiancée ?

Elle n'avait pas pu s'empêcher de remarquer que l'officier ne portait pas d'alliance. C'était l'une des premières choses qu'elle regardait chez un nouveau client. Elle s'en fichait en réalité mais elle voulait juste savoir si une épouse trompée risquait de lui tombait dessus ou pas. Avec les hommes qui résidaient à Fort William, elle n'avait pas ce problème. Même s'ils étaient mariés, leurs femmes étaient loin et ne risquait pas d'apprendre la débauche de leurs maris avant que Grizel ne soit très loin.

-Ou bien... est-ce une union interdite ? Est-elle déjà fiancée ? Ou bien l'êtes vous ?

Elle ne savait absolument pas si Edwin allait répondre. Peut-être allait-il lui hurler dessus ou la frapper pour son impertinence. Mais maintenant qu'elle était là pour la nuit, autant qu'elle soit utile. Sinon, elle pouvait aussi rester sans rien dire s'il ne voulait pas répondre. Mais dans ce cas là, elle espérait qu'il la laisse partir et mettre le plus de distance possible entre Fort William et elle. Pourtant, elle sentait qu'elle n'aurait pas à partir. Peut-être l'anglais ne répondrait pas à toutes ses questions, mais sûrement parlerait-il un peu. On commençait rarement ce genre de confidence sans en dire plus.




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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Sam 1 Avr - 10:32


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming

"Je m'appelle Grizel."


Je ne fis aucun commentaire sur son prénom - il n'y avait aucun besoin. J'étais encore tourmenté dans mes sentiments sur lesquels j'avais du mal à mettre le doigt, des noms. J'eus même, dans un moment de pure folie, l'idée d'avouer à Fergus que j'avais tenté de l'oublier dans les bras d'une femme de joie. Je pouvais imaginer sans peine sa réaction et je me fendis un rire sans joie.

"Cette femme a beaucoup de chance d'avoir un prétendant aussi fidèle. Heureusement que tous les hommes ne le sont pas, cela ne ferait pas mes affaires.

_Vous avez raison de penser à vos affaires, et puis vous faites le plus vieux métier du monde, il me semble, ne vous en faites pas, il ne risque pas de disparaitre..."


J'appréciai sa tentative de plaisanterie. J'eus même un début de rire, qui fut vite ravalé lorsque je me rendis compte qu'elle avait effectivement parlé de femme, alors que je n'avais évoqué qu'une "personne". Evidemment, mon secret était bien en sécurité, comment Grizel pouvait-elle imaginer une seule seconde qu'elle partageait son lit avec un pédérastre, sodomite ? Je fus tout de même content. Elle m'écoutait, elle faisait son travail.

Et puis dire que Fergus avait de la chance d'avoir un prétendant aussi fidèle... Cela me donnait une envie irrépressible de rire, mais je ne le fis pas, car penser à lui était une véritable torture, quand bien même lâcher quelques mots sur lui était comme lâcher un peu de lest.

"Sans doute tout cela signifie-t-il qu'il faut écouter votre corps. Restez lui fidèle, c'est tout à votre honneur Edwin. Bien plus que de dépenser votre argent avec une femme comme moi. Oh je ne vais pas m'en plaindre, j'en ai besoin de et argent, mais même si vous êtes anglais, vous avez l'air d'être un homme bien."

Parler de fidélité, d'honneur, pour me qualifier moi, et qualifier ma relation avec Fergus, c'était comme blasphémer. J'eus une pensée pour Grizel, espérant que Dieu ne lui tiendrait pas rigueur de ses paroles. J'étais tellement ancré dans ces pensées que je ne soulevai même pas le "même si vous êtes anglais", alors que j'aurais certainement mis le olà à cet instant. Il ne fallait pas non plus chercher les ennuis, elle était venue d'elle-même ici, et à Rome faites comme les romains.

"Si ce n'est pas trop indiscret, qui est-elle ? Est-elle restée en Angleterre ? Est-ce votre fiancée ?"


Un instant j'hésitai à lui répondre comme je le devrais. J'avais effectivement une fiancée en Angleterre, mais cela faisait bien des années que nous étions engagés et je n'avais pas de nouvelles ces derniers temps. Mais je n'avais rien à faire d'elle. C'était une femme que je connaissais depuis l'enfance, nous avions été promis l'un à l'autre de façon très officieuse, puis officielle avant mon départ.

Non, celui que... Pas que j'aimais. Pas d'amour. De la possession, du désir, de l'attirance, tout mais pas d'amour... Donc celui que je voulais, c'était Fergus. Je décidai donc de parler de lui, à mots couverts pour bien la confronter sur la féminité de Fergus. Dommage que j'aie décidé de ne plus jamais le revoir, ça aurait été une sacrée poilade - ou un poing dans ma gueule.

"Ou bien... est-ce une union interdite ? Est-elle déjà fiancée ? Ou bien l'êtes vous ?

_Vous voilà bien romanesque... Mais effectivement, cette personne s'est mariée sous mes yeux il y a peu. Donc nous pouvons dire que si les convenances nous séparaient, voici maintenant Dieu qui s'interpose."


Je soupirai de frustration. J'avais longtemps souhaité que Fergus soit une femme. Mais je ne l'aurais certainement pas aimé de cette manière, je ne l'aurais peut être même pas aimé... Ce qui m'attirait tant chez lui, c'était sa bestialité, sa force de caractère, ce qui faisait de lui un homme, un vrai. Un peu comme chez Arthur, qui était lui aussi la virilité incarnée.

Et je refusais fermement d'être une femme. Quel ennui que la vie d'une femme ! Où était l'affrontement, la force, la vie dans la broderie et les discussions de boudoir ? Jamais, si Dieu devait me renvoyer sur Terre, j'espérai qu'il aurait la miséricorde de m'y envoyer en tant qu'homme à nouveau.

"J'ai fui après son mariage. Je ne pouvais supporter l'idée de partager, c'était trop. J'essaye de l'oublier mais comme je le disais, mon corps est bien plus fidèle que ma tête. Et vous alors ? Je suis certain que malgré votre métier, un homme attire plus votre attention que les autres... Vous pouvez le dire, je ne me vexerai pas."

J'eus un petit sourire contrit. J'ignorais tout de la vie des prostituées, même si j'imaginais que leur famille ne devait pas être particulièrement fières d'elles. On en usait et abusait, mais elles ? Avaient-elles la possibilité d'un jour se marier ? D'avoir des enfants ?

Ou étaient-elle comme moi, vouées à être vieilles filles faute de ne pouvoir suivre les traditions ? C'était quelque chose qui me hantait malgré tout, le fait de sacrifier ces ambitions à mes pulsions.

"Et d'ailleurs, comment en êtes-vous venue à faire ce métier ?"



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Dernière édition par Edwin Grey le Mer 5 Avr - 9:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Dim 2 Avr - 18:10


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming


Grizel haussa les épaules quand Edwin souleva le fait que son métier avait de l'avenir. Elle ne savait pas si c'était une bonne chose. Sur le court terme, ça l'était sans aucun doute, au moins elle ne mourrait pas faim faute de ne plus avoir de client. Mais sur le long terme, c'était triste. Triste de se dire que des milliers de femmes après elle allaient continuer à devoir vendre leur corps pour assurer leur subsistance. Et pourtant, quand on avait touché le fond, comment s'en sortir ? Il y avait parfois de belles occasions qui se présentaient. Mais la vie était injuste et avait vite fait de retirer ces occasions avant que l'on n'ait eu le temps de les saisir, la rousse en savait quelque chose.

Elle voyait les expressions du visage de l'anglais changer au fur et à mesure qu'elle parlait et qu'elle posait des questions, sans être capable de les identifier pour autant. Ce qui se passait dans la tête de son client avait l'air plutôt complexe. Dans le fond, elle n'était pas sûre de vouloir des réponses à ses questions. Mais il fallait bien passer le temps, et qu'Edwin rentabilise ses dépenses de la soirée.

Romanesque ? Oui peut-être qu'elle l'était pour le coup, un peu trop sans doute. Mais à quoi bon être une amoureuse des hommes si on ne pouvait pas être romanesque de temps à autre ? Il fallait bien trouver un moyen de s'évader, trouver des choses qui avaient un côté exaltant au milieu de cette vie de misère. S'imprégner des histoires d'amour des autres était devenu depuis longtemps l’échappatoire de Grizel. Cela n'avait pas toujours le même effet. Parfois elle rêvait d'avoir une vie aussi belle et aussi simple que certains. Et parfois elle se disait qu'elle n'était pas la seule à avoir une vie misérable faite de déceptions de d'amours perdues. Dans tous les cas, cela éloignait ses pensées de sa propre vie. Sans doute était-ce pour cela qu'elle cherchait à en savoir plus sur l'officier anglais.

Cela dit, elle avait eu raison d'imaginer une histoire compliquée, elle ne s'était pas trompée. Elle imaginait sans peine la douleur de voir la personne que l'on aimait se marier à quelqu'un d'autre. Au moins avait-on la chance de savoir cette personne vivant tout de même. C'était tout de même une épreuve de laquelle on ne se remettait pas aussi facilement qu'on ne le souhaitait.

Grizel s'installa plus confortablement, posant sa main dans sa joue alors qu'Edwin soupirait avant de reprendre son récit. Ah la fuite... Elle ne pouvait le blâmer, elle même avait fuit tant de fois, devant ses responsabilités, ses amours, sa famille, la vie. Cependant quand on avait rencontré une personne que l'on aimait vraiment, cela ne valait-il pas le coup d'affronter la douleur du partage ou de la complexité d'une relation ? Grizel n'aurait su le dire, les hommes qui s'étaient fait une place avaient tous disparu les uns après les autres, la laissant avec sa solitude pour seule compagne de voyage sur le long chemin tordu que constituait sa vie.

La rousse perdit son sourire quand la conversation s'orienta vers sa personne, elle aurait préféré continuer à parler de son client pendant des heures. Mais puisqu'il demandait, elle allait répondre.

-Je crois que parfois, il ne faut pas chercher à oublier, dit-elle simplement avant de prendre un temps de réflexion.

Un homme qui attirait son attention plus que les autres ? Oui et non. Il y en avait eu un en particulier, il n'était plus de ce monde désormais. Et elle, elle se tenait là, entre ses murs qui l'avaient vu périr. Paix à son âme et honte à elle.

-Il y en a eu, commença-t-elle, un qui aurait pu être le bon si on ne me l'avait enlevé prématurément, cracha-t-elle.

Elle l'avait tellement aimé son Angus Abercromby, la blessure était encore présente. Et puis il y avait eu Magnus aussi, mais lui c'était différent, elle ne l'avait pas revu depuis si longtemps. Capturé par les anglais lui aussi...

-Il y en a eu un autre, avoua-t-elle, je suis sans nouvelle de lui maintenant. Je n'ai pas le temps, pas la vie pour chercher ailleurs désormais.

Grizel laissa échapper un petit rire. Jamais on ne lui demandaient qui étaient les hommes de sa vie et pourquoi elle avait commencé à se prostituer.

-C'est une longue histoire. Des histoires de dettes, un renvoi de la maison familiale, devoir se débrouiller sans le sou... ça va vite. Et du jour au lendemain on se retrouve à lever sa jupe dans le fond d'une ruelle. À partir de ce jour là, avoua-t-elle, c'est fini, on se retrouve prise dans l'engrenage, et on continue parce qu'on a besoin d'argent et que c'est impossible de sortir de cette catégorie où les hommes nous ont rangée.

Il n'y avait que le mariage pour se sortir d'une telle condition. Mais personne ne voulait épouser une traînée. Personne, à part ceux qui mouraient trop jeunes. Elles auraient bien rajouté qu'elle aurait pu s'en sortir mais parler d'Angus revenait à cracher sur les anglais et il ne valait mieux pas vu l'endroit.

-C'est à ce genre d'histoire que vous vous attendiez ? C'est un peu comme demander comment vous en êtes venu à devenir soldat, ajouta-t-elle.

Elle laissa passer quelques secondes de silence.

-D'ailleurs, pourquoi êtes vous devenu soldat ? demanda-t-elle puisque c'était le moment de questions sur leurs métiers.


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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Mer 5 Avr - 10:03


Edwin

ft. Grizel

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Parfois je me demandais si j’étais idiot. Cette nuit en était la parfaite démonstration. Dans un premier temps, quelle idée de se mettre à boire comme un trou sans fond. Ensuite, quelle idée encore de « ramasser » une prostituée. Et enfin… Quelle idée de se confier à cette prostituée après avoir perdu une large partie de sa dignité masculine.

Je n’avais plus qu’à renaître en tant que femme et c’était bon.

Mais lorsque je lui demandai comment étaient ses amours, je ressentais presque une curiosité scientifique. Est-ce qu’une femme à l’intimité travailleuse pouvait avoir le cœur battant comme une jouvencelle ?

Et visiblement il y en avait eu un, décédé prématurément… Qu’est-ce que cela signifiait ? Etrangement, je sens comme une haine dissimulée derrière ces paroles crachées comme du venin… Etait-ce un Jacobite ? Un de ces écossais exécutés ici ? Puis il y en avait eu un autre… Disparu. Cette femme en avait vécu énormément, et je me sentais désolé pour elle.

Je me sentis soudainement mal à l’aise, et bien heureux de ne pas avoir fait mon affaire. De toute évidence, ce n’était pas une de ces femmes vénales que j’imaginais, de celles qui ne savaient rien faire d’autre. J’eus subitement l’impression d’avoir commis un viol… Cela me ramena à Caohime Abercromby.

J’eus tôt fait de secouer la tête et d’orienter la discussion – de façon maladroite certes – sur comment elle en était venue à ce métier. Si Grizel n’était pas une femme vénale, qu’était-elle alors ? Quelle était son histoire ? Je me pris comme d’affection pour cette femme en colère.

« C'est une longue histoire. Des histoires de dettes, un renvoi de la maison familiale, devoir se débrouiller sans le sou... ça va vite. Et du jour au lendemain on se retrouve à lever sa jupe dans le fond d'une ruelle. À partir de ce jour-là, c'est fini, on se retrouve prise dans l'engrenage, et on continue parce qu'on a besoin d'argent et que c'est impossible de sortir de cette catégorie où les hommes nous ont rangées. »

D’un côté, j’étais en colère. Comment une telle femme – qui me faisait une impression de femme gentille et forte – pouvait être renvoyée de la maison familiale ? C’était quelque chose que je ne pouvais comprendre, la famille avait un caractère sacré à mes yeux. Je n’avais jamais rejeté ni mis les bâtons dans les roues de mes familiers. J’avais mille reproches envers Frère et Père, mais j’ai préféré m’éloigner en faisant mon devoir que rester et tenter de me venger.

Ces familles qui jetaient un de leurs membres à la rue, les condamnant à la mort ou pire, ne récoltaient que mon mépris, et je ne pus m’empêcher de ressentir une certaine pitié envers Grizel. Elle n’apprécierait certainement pas, mais c’était là mon sens de la justice qui parlait.

J’étais plongé dans mes réflexions lorsque Grizel reprit la parole.

« C'est à ce genre d'histoire que vous vous attendiez ? C'est un peu comme demander comment vous en êtes venu à devenir soldat. D'ailleurs, pourquoi êtes-vous devenu soldat ? »

Etrangement, je me rappelai de ma première vocation : entrer dans les ordres. Si je n’avais été un tel pécheur, c’était ce que j’aurais probablement fait. Vivre et faire vivre la charité étaient des ambitions qui m’habitaient lorsque j’étais plus jeune. Malheureusement, la vie avait décidé autrement. Je voulus lui faire part de mon désir de l’aider, mais… Que pouvais-je faire ?

Enfin, je pouvais commencer par répondre à ses questions.

« Il est vrai que j’imaginais les prostituées plus… vénales. Mais c’est votre histoire et je suis content de l’avoir entendue. Cependant, je ne suis pas devenu soldat par vocation… J’ignore comment cela se passe ici, en Ecosse, mais en Angleterre, il y a une certaine… hiérarchie entre les fils de bonne famille. Si le fils aîné hérite de tout, le second rentre dans l’armée, le dernier entre dans les ordres. J’ai eu l’infortune de naître second. Ou la fortune. Peu importe. »

Je me redressai puis je m’habillai. Finalement, je n’avais plus envie de faire quoique ce soit avec Grizel, à part… Parler. Cela me faisait bizarre de parler avec une femme, je ne l’avais jamais fait réellement, à part avec Mère. Mère qui savait presque tout, ou bien qui savait tout mais ne le disait pas… J’eus un instant de nostalgie. Puis, une fois habillé, je m’assis sur mon siège de bureau, décontracté, avant de demander :

« Vous souhaitez quitter ce métier ? Que doit faire une prostituée pour s’en sortir ? Enfin, si elle le souhaite ? J’ignore si vous le souhaitez, je serais bien arrogant de le savoir à votre place. »

Puis, j’ajoutai malgré tout :

« Vous pouvez vous rhabiller. Nous ne ferons rien de plus ce soir, je me suis bien assez ridiculisé. Vous pourrez dormir ici ou bien partir. Je pense que je sortirai d’ici sous peu. J’étouffe. »




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MessageSujet: Re: I know men need a whore when anger and sadness are coming ~ ft. Edwin   Dim 7 Mai - 11:03


Edwin

ft. Grizel

I know men need a whore when anger and sadness are coming

Elle expliqua pourquoi et comment elle est devenue prostituée. Et Grizel n'aimait pas raconter cette histoire. Parce que cela la ramenait à des périodes difficiles de sa vie. Si elle faisait semblant de s'être bien remise de sa mise à la porte de la maison familiale, ce n'était absolument pas le cas. Chaque jour pratiquement elle se demandait ce qu'aurait bien pu être sa vie si elle était restée chez elle. Cela aurait été différent c'est certain. Mais aurait-ce été mieux ? Grizel n'avait pas la réponse. Elle aurait sans doute été mariée de force à un homme que son père aurait choisi pour elle. Elle n'aurait sûrement jamais entrevu l'amour. Au moins en faisant son métier elle avait connu certains moments de joie où elle pouvait agir comme elle le désirait. Son libre arbitre, pas celui de son père. Elle avait aussi connu des moments difficiles, elle avait bien pensé quelques fois qu'elle n'arriverait pas à passer l'hiver, se demandant sans cesse comment elle ferait si elle venait à tomber enceinte et qu'elle ne trouvait pas de faiseuse d'ange ou les bonnes plantes. Mais Dieu avait visiblement toujours entendu ses prières, il l'avait toujours aidé à s'en sortir. Et elle elle le remerciait en allant se balader vers les anglais pour trouver un peu de travail. Honte à elle, mais il fallait bien survivre, il lui fallait bien de quoi payer son retour à Inverness ou sur les terres Farquharson.

Elle demanda en retour pourquoi Edwin était devenu soldat. Elle trouvait que c'était la suite logique de cette conversation. C'était la soirée des confidences visiblement. Rares étaient les fois où Grizel prenait vraiment le temps de discuter avec les clients, sa bouche était bien souvent occupée à autre chose qui apportait plus de satisfaction aux hommes.

Elle écouta la réponse, laissant échapper un rire sans joie quand l'anglais affirma qu'il imaginait les prostituées plus vénales. Il y en avait bien sûr. Et quelque part, on était obligé de le devenir quand on exerçait ce métier. Mais pourtant il ne fallait pas croire que les prostituées choisissaient ce style de vie. Il fallait être idiot pour le penser. Il était évident que coucher avec des inconnus contre une somme d'argent dérisoire n'avait rien de palpitant ni d'agréable. Elle hocha la tête, il n'y avait rien à ajouter, elle avait raconté les grandes lignes de son histoire cela suffisait.

Posant son menton dans sa main, Grizel écouta à son tour l'histoire de l'officier anglais. Elle se concentra sur les explications que l'homme donnait à propos de la hiérarchie entre les fils, songeant que c'était là un bien étrange système. En Écosse, tout cela était moins précis et aucun homme de part son ordre de naissance par rapport à ses frères n'étaient contraint devenir homme d'église. Grizel hocha à nouveau la tête, il y avait dans l'histoire d'Edwin une part d'infortune mais aussi de fortune. Certes, il n'avait pas hérité de tout comme son frère aîné mais il avait au moins échappé aux ordres.

-Vous auriez pu tomber plus mal, se contenta-t-elle répondre au haussant les épaules.

La fille de joie suivit du regard les mouvements de son client alors qu'il se rhabillait et s'asseyait à son bureau. Elle sourit face à ses nouvelles questions.

-Les prostituées de ce monde n'ont qu'un seul rêve très cher, s'en sortir, quitter se métier et retrouver une vie de femme respectable, expliqua-t-elle en souriant face à la naïveté de la question.

Elle ne savait pas pourquoi elle était franche avec l'officier anglais, sans doute se disait-elle que de toute façon, elle ne le reverrai jamais et que pour une simple discussion elle avait été grassement payée.

-Le seul moyen pour s'en sortir, c'est le mariage, avoua-t-elle doucement en pensant à ses fiançailles ratées. Mais on gardera toujours cette réputation de putain, ça nous suit de partout. On n'est plus obligé d'exercer mais c'est ainsi que l'on nous connaît. Même la mort n'efface pas cette réputation, pour les gens, on reste la pute qui travaillait au coin de la rue, expliqua-t-elle sans émotion dans la voix.

Alors qu'il l'y autorisa, Grizel enfila de nouveau ses vêtements. Elle hésita, devait-elle partir ou rester dormir ? Elle avait peur d'arpenter en sens inverse les couloirs de cette forteresse remplie d'anglais toute seule mais en même temps, elle ne voulait pas rester en territoire ennemi plus longtemps. Prenant son courage à deux mains et pensant aux clients qu'elle pourrait encore trouver à l'auberge, elle se dirigea lentement vers la sortie. Alors qu'elle allait abaisser la poignée, elle se retourna pour lancer un sourire vers l'anglais.

-Au revoir Edwin.



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