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 Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth

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♛ Arrivé(e) en Ecosse le : 08/10/2016
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MessageSujet: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Jeu 16 Mar - 17:11



Juillet 1742

"James! Vous me demandez de vous accompagner ici pour me laisser ensuite quelques heures sur une terre dont j'ignore tout? Et sans même m'expliquez la raison? "


Un sourcil haussé, la jeune femme observe son beau-frère partir le sourire aux lèvres, l'air innocent.

"Ma chère Elizabeth, je suis certain que vous trouverez de quoi vous occupez dans les environs, tâchez de ne pas être désagréable!"


Elle soupire fortement avant de regarder autour d'elle. Si James n'était pas son seul ami sur les terres Douglas, elle l'aurait brûlé vif. Elle n'avait rien demandée, tranquillement occupé à faire de la broderie dans les terres de son mari. Mais c'était sans compter sur son beau-frère qui avait bien l'intention de faire bouger la jeune femme. Il était venue sans prévenir et lui avait dit de venir avec lui, emportant le stricte minimum, "le Laird et George sont au courant, vous venez avec moi sur les terres Abercromby". Dans le coche il lui avait simplement dit qu'il sentait que sa belle-sœur avait besoin d'air frais, loin des piques de sa sœur. Bien que selon lui elle en méritait largement la moitié, au vue des réponses qu'Elizabeth offrait à sa belle-sœur. Il ne s'était pas étalé sur ce sujet, les deux seraient forcement en désaccord. Précieux soutien James était passé outre les regards assassins d'Elizabeth, il avait creusé plus loin que sa carapace, et à force de la faire parler de l'Angleterre, et de ce qu'elle aimait il avait réussi à se faire apprécier de la jeune anglaise. Bizarrement, c'était bien le seul écossais qu'Elizabeth reconnaissait apprécier, allant jusqu'à reconnaître qu'il était un précieux soutien dans les terres Douglas. Même Lady Campbell n'avait pas cette chance. Son mari encore moins. Cependant ce précieux soutien n'avait aucun remord à la laisser tomber après l'avoir forcé à venir avec lui. Les choses ne tournait pas rond chez lui. Elle lança un regard autour d'elle, et puis décida d'aller voir les écuries. Personne ne s'attendrait à la voir là-bas, et au moins elle serait tranquille. Pas d'écossais. Juste des chevaux, et elle. Elle avait une admiration et une attention toute particulières aux chevaux. Mais très peu de personnes le savaient, personne en Ecosse. Son frère avait un très beau cheval noir à qui elle apportait tous les jours du pain dur.  Et elle avait bien plus confiance aux chevaux, qu'en les hommes. Quand elle arriva enfin aux écuries, elle s'approcha tour à tour des chevaux, elle caressa particulièrement un des chevaux, à la robe grise et aux yeux vifs. En jetant un coup d’œil autour d'elle, Elizabeth remarqua un sac de pain dur dans un coin, sans aucune hésitation elle en prit un peu et commença à gâtée les différents chevaux, toujours en s’arrêtant un peu plus sur celui qui lui avait fait de l’œil. Un rire sortit même d'entre ses lèvres quand un des chevaux lui poussa le bras pour avoir davantage de pain, salissant irrémédiablement de bave sa robe jaune pâle. Si Agnès, George ou même James la voyait à cet instant même ils n’en reviendraient pas elle en mettrait sa main à couper. Mais ils n'étaient pas là. Soudain elle entendit des bruits de pas aller dans sa direction, ou plutôt quelqu'un rentrer dans l'écurie. Son moment de tranquillité était fini. Elle se retourna, afin de saluer la personne, s'excuser afin de partir au plus vite et trouver un autre endroit de paix. Mais aucun son ne sortit de sa bouche face à ce visage si familier. Visage d'un autre temps, d'une autre époque. D'une autre vie. Son cœur manqua un battement, et se fissura en pensant à son frère. Edwin Grey.  Edwin, le soutien, le second grand frère, quand celui de sang les avait quitté. Edwin le lâche, depuis trois années. Cependant elle se reprit bien vite. Depuis un an et demi, elle avait appris à gérer toute les situations inconfortables, surtout avec Agnès, et elle ne laisserait rien voir à celui qui avait été une personne des plus importantes dans sa vie.

"Lord Grey. C'est une surprise que de vous voir ici. Je ne peux cependant pas dire que s'en soit une bonne. "


Tout en faisant attention à sa tenue, elle reposa les bouts de pain dur dans le sac, et claqua un peu ses mains l'une contre les autres, afin de les nettoyer quelque peu. Trois années. Trois années sans la moindre nouvelle. Le caractère bien trempé d'Elizabeth resurgit, et c'est toute la rancune, la fierté et l'orgueil de la jeune anglaise qui se mit en première ligne. Elle était prête à attaquer. Elle ne le laisserait pas partir sans explication. C'était certain. Elle voulait des réponses. Pourquoi était-il parti. Pourquoi n'avait-il jamais donné de nouvelles. N'en avait-elle pas mérité? Elle qui lui avait été si loyale, si dévouée.

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Dim 19 Mar - 21:40

J'avais ressenti le besoin de me diriger vers les écuries de Fergus, où se trouvait ma fidèle monture. J'aimais aller la voir, ça me détendait, s'occuper d'elle pouvait être un sacré catharsis. J'étais effrayé par la tournure de ma relation avec Fergus, j'étais effrayé par sa femme qui pouvait tout découvrir d'un instant à l'autre. En bref, j'étais terrifié. Et ce depuis ma brève entrevue avec la femme puis par celle avec mon amant.

J'entrai donc dans les écuries, la tête dans les nuages, à imaginer le pire comme le meilleur, à refaire le monde en attendant que celui-ci change. Je vis vaguement qu'une femme s'y trouvait déjà mais je m'en moquais un peu. Elle ne me dérangeait pas, après tout c'étaient des écuries, on y était libre de faire ce qu'on voulait.

Je m'approchais donc de mon cheval quand j'entendis subitement une voix qui me ramena loin, loin en arrière dans le passé, un passé que j'avais complètement occulté tellement il m'avait fait souffrir.

"Lord Grey. C'est une surprise que de vous voir ici. Je ne peux cependant pas dire que s'en soit une bonne. "


Je me retournai brusquement, plus pour la voix en question que pour le fait d'être appelé Lord Grey alors qu'ici, j'étais simplement Edwin Wemyss. Mais j'étais plus concentré sur... Elizabeth. Elizabeth, Elizabeth. Son visage espiègle et fin, qui me rappelait tant Arthur. J'eus comme un coup de poignard dans le coeur, une baillonette dans les entrailles, une souffrance qui me rappela tant cette perte qui m'avait brisé en morceaux.

Arthur... Arthur qui fut mon premier amour, celui qui aura duré toute ma jeunesse et une partie de mon âge adulte. Six ans de ma vie. Qui partirent en fumée lorsqu'il s'envola pour d'autres cieux, rappelé par Dieu comme une punition à mon péché... J'avais tellement aimé cet homme, qui avait fait de moi un être accompli, qui m'avait soutenu dans ma recherche de vocation, qui m'avait fait grandir... Puis qui m'avait quitté.

J'avais été lâche, à sa mort. J'avais été tellement brisé par sa mort, qui était survenue peu de temps après celle de ma mère. J'étais déjà mobilisé pour partir en Ecosse, mais j'aurais pu décider de rester, de soutenir Elizabeth, mais... Je l'avais fuie comme si elle était responsable de sa mort. Mais ils se ressemblaient tellement ! Et encore plus maintenant qu'elle avait fini de grandir.

Totalement hébété, je tendis ma main vers son visage, timidement... Je ne ressemblais plus à Edwin Wemyss, amant passionné de Fergus, non, j'étais redevenu ce Lord Edwin Grey, cet anglais qui avait été amoureux puis blessé puis lâche. Mon visage ruisselait déjà de larmes. Quand je finis par toucher cette peau du bout du doigt, je compris que je n'hallucinais pas, que ce n'était pas un ange vengeur qui venait me rappeler à quel point j'étais un pêcheur.

Je tombai à genoux, submergé par tous ces sentiments qui me noyaient dans leurs eaux troubles. Le remords, l'amour, la compassion, la honte, la peur... Je baissai la tête, puis je commençai à parler :

"Mon Dieu, Elizabeth... Elizabeth, tu es vraiment en face de moi... Je te demande pardon, pardon, pardon, pardon..."


J'allais devenir fou. Sa voix avait été si sèche, si pleine de rancoeur, que je me rendis compte que si j'avais perdu mon premier amour, elle avait perdu son frère. Ils avaient été si proches... Et j'avais tout simplement rayé son nom de ma mémoire, jusqu'à maintenant, je l'avais oubliée pour pouvoir oublier son frère. Je continuai donc ma litanie de pardon, jusqu'à finalement parler :

"Mais, Elizabeth, que fais-tu ici ?! En Ecosse ! De tous les endroits que Dieu a bien pu créer, il fallait que je te retrouve ici ? Tu n'es pas en danger, au moins ?"

Je ne pouvais pas m'empêcher d'être inquiet, je savais que l'Ecosse ne faisait pas partie de ses plans de voyage, et que rien ne pouvait la forcer à aller là où elle ne voulait pas aller... Elle avait un tel caractère !
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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Dim 19 Mar - 22:43



Juillet 1742

Si Elizabeth s'attendait à avoir des explications avec lui, les larmes la prirent de court. Elle ne s'attendait pas à ça. Pas du tout. Elle ne s'attendait pas à voir cet homme qu'elle avait autant admiré, qu'elle avait tant apprécié à peine osée lui touché la joue. Pourtant ce petit contact, ce frôlement lui mirent tous ces sens en émois. Elle avait l'impression de sentir Arthur à côté d'elle. Elle était certaine qu'il était là. Elle pouvait le voir à ces côté regarder Edwin avec amour. Elle sentait ce regard sur ces épaules qui la mettait au défi de faire les choses correctement. Et alors qu'elle pensait dire quelques choses, peut-être quelque chose de moins froid. Il la surprit davantage encore. Edwin Grey venait de se jeter à genoux devant elle. Par réflexe, elle fit un pas en arrière les yeux grands ouverts. Que se passait-il? A l'instant présent elle ne savait pas si elle devait regretter de lui avoir parlé si sèchement ou si c'était amplement mérité. Après tout, il l'avait laissé tomber, elle aussi. Elle avait cru... elle avait pensé être plus proche de lui, suffisamment proche pour qu'il ne la laisse pas sans nouvelles pendant trois ans. Après tout elle lui avait été si loyale à lui et son frère pendant tant d'années. Les excuses  du beau brun fusèrent de sa bouche pour toucher en plein cœur une des plus grandes blessures qu'Elizabeth avait en elle.

Son cœur se serra ne sachant pas trop quoi faire. Ange et démon se faisaient face. Comme depuis son mariage. Une partie d'elle surement l'Elizabeth d'Angleterre, la sœur d'Arthur la priait de rejoindre Edwin par terre, de le réconforter, de pleurer Arthur avec lui, comme ils étaient censées l'avoir fait trois ans plus tôt. Cette partie d'elle lui disait combien elle n'avait pas été la seule à souffrir et que c'était l'occasion ou jamais. Et puis il y avait elle. Elle, Elizabeth mariée. Elizabeth en Angleterre. Elizabeth la fière, l’orgueilleuse. Elizabeth qui ne laissait rentrer personne dans sa carapace. Qui ne laissait personne la toucher. Excepté James. Et encore. Cette partie d'elle lui disait de le laisser, de partir, quitte à laisser des explications qu'elle avait tant envie d'avoir. Oui, partir, le faire souffrir en le laissant comme il l'avait laissé en Angleterre. Seule.  Elle se tourna, pour se mettre dos à celui qui lui demandait pardon. Elle essaya de contenir ses émotions. Elle sentait bien que s'il continuait c'était elle qui allait se mettre à pleurer. Et elle ne voulait pas qu'il la voit comme ça. Non. Elle ne serait ni l'ange ni le démon. Alors qu'elle réfléchit un instant à ce qu'elle pouvait bien dire encore une fois il la prit de court. Face à son inquiétude, Elizabeth se tourna face à lui et lui flanqua son anneau de mariage devant le visage.

"Je ne suis pas en danger. Ma mère m'a simplement vendu à l’ennemi. J'habite dans les terres Douglas depuis un an et demi maintenant. Ni Arthur, ni mon père, ni qui que ce soit n'était là pour l’empêcher de me marier à un écossais."


Elle se passa les mains devant le visage, histoire de réussir à rassembler ses émotions. Encore une fois elle avait été un peu sèche. Peut-être trop. Pourtant c'était la vérité, personne n'avait été là pour la sauver de ce mariage. Même si elle se surprenait parfois à ne pas en vouloir un autre, elle aurait simplement souhaité que George soit anglais. Ou qu'elle soit écossaise. Cela aurait simplifié bien des choses. Elle laissa tomber ses mains le long de son corps, lasse.

"Mon Dieu Edwin, mais qu'est-ce que tu fais ici?"

Avant qu'il n'est eu le temps de répondre quoi que ce soit, la jeune femme se surprit à prendre une des mains d'Edwin dans les sienne. Pour l'instant elle ne voulait plus être aussi froide. En regardant dans les yeux d'Edwin, elle comprenait bien facilement que celui-ci n'était pas heureux, peut être pleurait il toujours Arthur.  

"Qu'est ce qu'il s'est passé...pourquoi? Pourquoi tu es parti comme ça... je... j'avais besoin de toi...»


Elizabeth Brandon faisait enfin surface. Elizabeth Douglas n'avait plus son mot à dire pour l'instant. Et quand elle plante à nouveau son regard de miel dans les yeux d'Edwin, elle laisse couler une larme. Pour l'instant son orgueil, et sa fierté qui ne l'avait pas quitté un jour depuis un an et demi venaient de rendre les armes face aux larmes d'Edwin.

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Mar 21 Mar - 10:06


Memories from the past
Feat. Elizabeth



Revoir Elizabeth après autant d’année n’était qu’un rappel de ces drames qui avaient fait que je n’avais plus remis un pied en Angleterre depuis ces trois longues dernières années. J’avais tout simplement fui ma patrie pour en trouver une autre, dans l’espoir de me laver de mes péchés, d’oublier mon passer pour me créer un nouvel avenir. Je n’avais au final fait que recommencer ce que je fuyais : trouver un nouvel homme, devenu mon obsession, et continuer mes travers.

Ah ! que j’avais honte de moi…

J’étais en pleine flagellation, demandant pardon aux étoiles et aux fleurs, aux larmes du ciel et aux torrents de la terre, quand je sentis quelque chose percuter mon visage. Je regardai au sol pour voir… un anneau de mariage. Elizabeth m’avait jeté une alliance au visage, en répondse à ma question. D’un air interloqué, je regardai la jeune femme, je ne comprenais pas.

"Je ne suis pas en danger. Ma mère m'a simplement vendu à l’ennemi. J'habite dans les terres Douglas depuis un an et demi maintenant. Ni Arthur, ni mon père, ni qui que ce soit n'était là pour l’empêcher de me marier à un écossais."

Sur ces paroles, je sentis que le qui que ce soit m’était clairement destiné, et mon cœur s’étreignit à cette compréhension. J’aurais dû être là, j’aurais dû prendre la suite d’Arthur, faire ce qu’il aurait voulu, la protéger, l’empêcher, la sauver ! Mais j’étais arrivé un an et demi trop tard, trois ans trop tard, même… Tout m’explosait à la figure. Elizabeth, pardon…

"Mon Dieu Edwin, mais qu'est-ce que tu fais ici?"


Je voulus lui dire la vérité, lui avouer que j’étais ici car Fergus y était, que j’étais retombé dans mes travers, mais je ne pouvais pas, pas sans griller ma presque fausse identité, pas sans risquer la vie de Fergus. Je devais jouer finement… Eviter qu’elle m’appelle Lord Grey, éviter qu’elle parle de moi. Dire la vérité, pas la vérité ?

Je voulus me prendre la tête avec les mains quand je sentis que les mains d’Elizabeth en attrapaient une. Je croisai alors son regard, pour me fixer sur ses iris, si semblables à ceux de son frère.

"Qu'est ce qu'il s'est passé...pourquoi? Pourquoi tu es parti comme ça... je... j'avais besoin de toi...

_Je… Je n’ai pas d’excuses, Elizabeth, j’ai… »


Cette fuite vers l’Ecosse avait été nécessaire, sans quoi j’aurais certainement trépassé de chagrin. Je n’avais pas toujours été un homme dur, impulsif, parfois même violent. Fergus me rendait ainsi, notre histoire me rendait ainsi. Mais autrefois, j’étais un jeune homme sensible, doux, rieur, proche de Mère. J’avais l’impression que c’était il y a des siècles… Mais en voyant cette unique larme couler des yeux d’Elizabeth, je n’avais plus le choix, je lui devais la vérité :

« Je venais d’être déployé sur ordre du Roi vers l’Ecosse et j’allais l’annoncer à Arthur lorsqu’il est tombé malade… Et qu’il est mort. Peu de temps après cela, c’est Mère qui s’en est allée… J’étais brisé, Elizabeth, plus que l’ombre de moi-même, et si je restais, c’était certain que je devais en mourir… Arthur est mort à cause de notre péché, c’est certain, comment Dieu pourrait-il sinon rappeler à lui un homme aussi bon, aussi parfait ? Je n’ai pas pu, j’ai fui, j’ai été lâche, pardon, pardon… »

J’essuyai cette larme qui avait laissé une trainée brillante le long de sa jour, chose que j’avais pu faire un certain nombre de fois quand nous étions plus jeunes et que nous étions si proches. Nous formions presque une famille, non, nous étions une famille, et elle était ma sœur.

« J’aurais voulu être là, pour empêcher ce qui t’est arrivé, j’aurais voulu, j’aurais dû, mais je n’ai pas pu, j’étais perdu et tout était mort en moi, je ne pouvais pas, je… J’ai fui. »


Je baissai la tête, horrifié de ce qui nous était finalement arrivé. Elizabeth ne méritait pas ce qu’elle vivait, je savais qu’elle avait en horreur ce pays qui, pour elle, n’était qu’une contrée de sauvage, et je savais aussi que sa mère n’aurait jamais manqué une occasion pour la marier. Chez les Douglas… Je connaissais peu ce clan, et je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le pire.

Autant je n’avais rien contre les Ecossais, autant je savais que les femmes pouvaient être les pires victimes dans ce conflit. Une anglaise mariée à un Ecossais pouvait être méprisée des deux côtés, par les Ecossais qui ne voyaient en elle qu’une anglaise venue des envahisseurs, et par les Anglais, qui ne voyaient qu’une vendue aux bottes des sauvages… Je ramassai son alliance, la faisant tourner entre mes doigts, me rendant compte que j’étais vraiment arrivé trop tard et que je ne pouvais plus rien faire maintenant. Je ne pouvais imaginer ce qu’elle vivait, j’étais horrifié. D’autant plus que divorcer n’était absolument pas une option.

« Je ne sais pas comment te demander pardon pour mon absence, j’aurais dû être là, je… J’étais là mais j’étais trop loin et je ne savais pas, je n’ai pas remis les pieds en Angleterre, depuis mon départ… Pardonne ma lâcheté… »

Je me relevai, pour prendre Elizabeth dans mes bras, comme lorsque nous étions plus jeunes et moins blessés, moins lésés par la vie, la culpabilité et le remords m’étreignant de leurs lames à leur tour.

« Que puis-je faire, Elizabeth ? Comment puis-je te soulager ? Dis-moi et je ferai. »



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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Jeu 23 Mar - 0:36



Juillet 1742

Son anneau de mariage devant le visage d'Edwin, elle observait les traits de cette personne qui lui avait fait perdre une seconde fois son frère. Parce que c'était le cas. Si elle avait perdu son frère, si le chagrin avait déjà été immense, le départ d'Edwin avait creusé davantage sa blessure, il était parti sans lui laisser une change de prendre une respiration. Si seulement il était resté, elle aurait peut-être pu s'en remettre plus vite. Elle aurait eu à ses côté une personne qui lui aurait rappelé son frère, qui lui aurait rappelé la vie. Mais elle ne pouvait refaire le monde. Elle ne pouvait refaire le passé. Ce qui était fait était fait. Et seul le présent comptait maintenant. Ou du moins elle essayait de s'en persuader. Elle essayait d'être moins dure, moins...plus...elle ne savait pas ce qu'elle essayait. Elle lui en voulait tellement. Tellement. Et pourtant elle ne pouvait se résoudre à se venger, à lui faire du mal, autant qu'il lui en avait fait. Non elle ne pouvait pas. Peut-être par respect pour son frère. Parce qu'il l'avait tant aimé, tant admiré, tant désiré. Parce qu'il s'en était tellement voulu de cette relation contre nature. Pourtant Elizabeth ne voyait pas les choses de cette manière. Jamais elle ne dirait quoi que ce soit. Mais elle ne voyait pas cela comme quelque chose de contre nature. Seulement comme quelque chose que Dieu ne comprenait pas encore. Son frère n'avait pas été le diable, Edwin n'était pas le diable. Ils étaient bons. Des hommes avec des défauts, mais des hommes bons. Et en souvenir pour l'homme bon et généreux qu'était son frère, elle renonça à être trop piquante. Elle lui ferait des remarques pour sûr, mais elle ne serait pas cette Elizabeth Douglas, dure avec tout le monde.

Les explications d'Edwin furent plus compliquées à entendre que ce qu'elle avait prévu. La culpabilité d'Edwin lui fendait davantage le cœur. Chaque mot fusait dans l'air pour déchirer encore un peu plus le cœur de la jeune anglaise. Chaque intonation plus désespérée que celle d'avant lui serrait l'estomac comme si elle n'avait pas mangé depuis des mois. Chaque expression dans les yeux d'Edwin paralysait chacun de ses muscles. Et alors qu'il renchaînait avec un lot d'excuse, des mots pleins de sincérité et de douleur, elle perdit complètement pieds. Ses larmes se firent plus nombreuses. Ses joues se firent plus humides, ses mains plus tremblantes. Elle avait tellement espéré. Tellement espéré qu'un jour son Edwin reviendrait, qu'il la soutiendrait, qu'ils se soutiendraient. Elle avait tellement espéré entendre ses mots. Trois ans. Trois ans d'attente. Elle ne pouvait en supporter davantage.

"Edwin s'il te plait...»


UN mouvement la stoppa, des mains prennent son alliance. Et alors qu'elle pensait que c'était cette alliance source de tous ses problèmes elle se surprend à ne pas se sentir plus légère. Elle se surprend à se sentir nue, sans ce lien matériel à George. Elle se surprend, trop de surprise en ce jour. Elle secoue la tête, ayant oublié ce qu'elle allait dire. Mais elle n'est pas au bout de ses peines, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle se retrouver en arrière dans le temps. Elle se retrouve dans les bras d'Edwin, elle se retrouve contre cet homme qu'elle considérait comme sa famille. Qu'elle considère toujours comme sa famille? Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Elle se sent apaiser. Elle se sent elle-même. la jeune anglaise se sent chez elle bien que loin de l’Angleterre. Elle a l’impression qu’Arthur est là aussi, encore une fois. Elle l’entendrait presque leur dire de se dépêcher, qu’il veut leur montrer une de ses fameuses échoppes qu’il a découvertes dans les rues de Londres aujourd’hui. Et elle l’entend même préciser que oui Edwin doit les accompagner, et que non ce n’est pas pour eux, mais bien un magasin pour elle. Elle a l’impression de s’y retrouver, dans ces souvenirs. Mais si elle ressent Arthur, il n’est cependant plus là. Il est dans son cœur, pour sûr. Dans leurs cœurs. Mais c’est tout. Et ça lui brise le cœur. Entendre Edwin la supplier de lui dire en quoi il pourrait l’aider lui brise le cœur aussi. Il ne lui demande pas comment se faire pardonner, il pense d’abord à elle. Et en soit, c’est un pas vers le pardon. Avec une main elle pousse un peu le torse de son compatriote, elle essuie ces larmes, le plus dignement possible. Et en prenant un air décidé elle s’adresse à celui qu’elle n’aurait jamais pensé revoir.

« Ce que tu peux faire Edwin ? Arrêter de te sentir coupable. Vous n’avez fait rien de mal. Et tu ne feras jamais rien de mal à aimer quelqu’un. « Aimer vous les uns les autres » même notre créateur l’a dit, nos hommes de foie n’ont juste pas encore compris. Arthur... aussi loin que je me souvienne a toujours eu des toux la nuit, Père disait toujours que s’il avait l’allure du lion, il n’en avait pas les poumons. Et ce sont ces poumons qui ont eu raison de lui. Et le temps anglais. Alors s’il te plait, arrête de te sentir coupable. »


Elle reprend son alliance des mains d’Edwin, et doucement la remet sur son annulaire, tout en pensant à George.

« Je comprends. Je ne peux pas imaginer le mal que tu à du ressentir Edwin, alors je peux comprendre. Mais ça ne rend pas les choses plus faciles. Trois années. Trois années. Je n’aurais même pas appris si tu étais mort. Tu aurais au moins pu envoyer des lettres. Ou quelques choses. Je comprends mais je t’en veux Edwin. Je t’en veux. »

Elle se tourne dos à lui, face aux chevaux elle se met à en caresser l’un d’entre eux, une belle jument noire. Sa gorge se serre, et elle tourne la tête vers le soldat.

« Ne m’abandonne pas encore. Pas cette fois s’il te plait. »

Sa voie s’est serrée, ses mots se sont faits hésitants. Et elle lui en veut toujours, pour autant il fait partir de sa vie, de sa famille, et elle ne veut pas perdre encore.

« Ecris, rends moi visite, mais tu n’as pas le droit de me laisser, pas encore une fois. J’ai besoin de... de ce qu’il reste de ma famille. »


Elle baisse les yeux sur son alliance, et en signe de stress infini, elle la fait tourner autour de son doigt. Elizabeth Douglas la piquante, Elizabeth la méchante, la dure, la froide, Elizabeth l’anglaise, Elizabeth la sœur, la fille, la douce, toutes celle-là, on peut d’être déçue, d’être blesser encore. Alors toutes les Elizabeth même si elles regardent ce doigt, ce morceau de métal qui y tourne dessus, oui, toutes celle-là, sont pendus aux lèvres d’Edwin Grey.

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Ven 24 Mar - 22:02


Memories from the past
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Elisabeth avait toujours eu un coeur miséricordieux sous une apparence parfois superficielle. Elle était une jeune fille comme nulle autre, et j'en avais encore la preuve. Elle voulut me consoler, me prouver qu'Arthur n'était pas mort à cause de nos péchés. Mais il était difficile d'enlever une telle souffrance, à l'aide de mots qui finalement n'avaient du sens que lorsque les blessures étaient guéries.

La peine me bloquant la gorge, je ne pus réagir lorsqu'elle déclara qu'elle m'en voulait, qu'elle n'aurait pas su si j'avais été mort. Je n'avais pas donné son nom chez les personnes à prévenir, je ne savais même pas si l'armée savait à qui envoyer mon faire part de décès ! ... Je n'avais même pas de testament. Pour laisser quoi ?... A qui ?... Les bijoux de famille de Mère étaient dans ma chambre à la garnison, et l'armée aura vite fait de les revendre pour pouvoir se financer si je mourrai en laissant cela derrière moi.

Lorsqu'Elisabeth me demanda de ne plus l'abandonner, en moi quelque chose se brisa pour ensuite se reconstruire, comme si mon coeur déboîté venait de se remettre en place. Je me sentis pris dans une spirale de résolutions nouvelles, de décisions qui allaient donner un nouveau tournant à ma vie. Je devais prendre soin d'elle, je devais rattraper mes erreurs, redevenir l'homme bon et bien que j'étais avant... Avant.

« Ecris, rends moi visite, mais tu n’as pas le droit de me laisser, pas encore une fois. J’ai besoin de... de ce qu’il reste de ma famille.

_Je te le promets, ma douce Elisabeth... Je te le promets. Je serai là pour toi, je ne manquerai plus rien, je le jure devant Dieu, sur mon honneur. »


J'attrapai sa main pour lui faire un baise main, debout, droit comme la justice, comme pour sceller ce qui était une promesse solennelle. Je m'y tiendrai, et cette fois ci, Elisabeth ne sera plus seule devant l'adversité. Mais je pensai d'un coup à ma situation, à ce que j'étais en train de faire, mes mensonges.

Je regardai Elisabeth, et je me dis que je lui devais ça, qu'elle m'aimait autant que je l'aimais, qu'elle méritait que je lui fasse confiance. Je ne savais pas si elle s'en rendrait compte, mais j'étais sur le point de lui mettre ma vie entre ses mains. Elle avait juste à lâcher ces informations, à n'importe qui, pour que je finisse en morceaux, pour que Fergus soit définitivement meurtri.

"Elisabeth, je... Je dois te dire quelque chose."


J'hésitais un peu. J'avais peur mais d'un autre côté, je devais le faire, c'était mon devoir ! Et cette fois-ci j'ouvris les vannes.

"Je suis un red coat, tu le sais. Tu me connais comme étant Lord Edwin Grey, officier de l'armée royale anglaise. Mais ici... Tu auras remarqué ma tenue qui fait des plus écossais. Je me nomme Edwin Wemyss, du nom de jeune fille de Mère. Je passe pour un écossais, et je..."


Je voulais lui parler de Fergus, mais je ne pouvais pas faire ça, pas maintenant, pas comme ça, pas alors que nous pleurions Arthur tous les deux. Alors je décidai de mentir, à nouveau, d'un demi mensonge qui n'aurait que peu de conséquences, puisqu'il tirait un peu de la vérité.

"Je visite souvent le pays et principalement ces terres, dans le but d'obtenir des informations sur les mouvements des jacobites, afin de mener des stratégies en conséquences. J'ai été choisi car je connais la culture écossaise, je parle leur langue, et surtout j'ai une famille ici, étant donné que Mère était écossaise, comme tu dois certainement te souvenir."


Je soupirai, c'était sorti. Il fallait maintenant que je lui demande de se taire, de me protéger, malgré le fait que je l'avais abandonnée comme si elle était un fardeau.

"Si tu m'appelles Lord Grey en public, ici, je me ferais tuer sur la place publique. J'ai du mal à me souhaiter un tel sort... Je te fais donc confiance pour garder le secret..."

Je ne la croyais pas pour la mouvance des jacobites, non, elle n'avait aucun intérêt là dedans, au contraire. Je la voyais beaucoup plus rester fidèle à son Roi et à ses directives. Donc j'étais confiant... Mais pas trop.




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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Jeu 30 Mar - 14:40



Juillet 1742

Cette phrase sonne comme une musique à ses oreilles. Elizabeth ferme les yeux un instant, hésitant à croire, hésitant à mettre son cœur sur la table encore une fois. Il lui promet. Promesse d'un présence, d'un soutien. D'un ami. Mais cette hésitation prend fin en sentant les lèvres d’Edwin sur sa main. En souvenir d’Arthur, en souvenir du passé, elle rejoue son cœur, sa confiance, elle remet en jeu son cœur. Elle se remet en jeux. Le cœur d’Elizabeth rate un battement. Elle ne sait pas à quoi s’attendre. IL doit lui dire quelque chose. Quelle chose? Des milliers de questions se frayent un chemin jusque dans son cerveau et la jeune femme  plante ses yeux couleur miel dans ceux bruns de son ami. Une petite boule se forme dans son ventre et elle ne sait pourquoi elle a l’impression que l’information qu’elle va recevoir ne va pas lui plaire. Elle cherche sur les traits de son visage, dans l’expression de ses yeux ce que l’anglais va lui avouer. Des idées lui traversent l’esprit mais elle n’ose s’attarder sur aucune d’entre elles.


"Je suis un red coat, tu le sais. Tu me connais comme étant Lord Edwin Grey, officier de l'armée royale anglaise. Mais ici... Tu auras remarqué ma tenue qui fait des plus écossais. Je me nomme Edwin Wemyss, du nom de jeune fille de Mère. Je passe pour un écossais, et je..."

Elizabeth entend cette hésitation, ce moment de réflexion infime qui la frappe pourtant en pleine figure, il hésite, elle l’a senti alors même qu’il a recommencé à parler. Elle sait déjà à partir de ce moment qu’il lui cache quelque chose, cette hésitation, elle la ressent encore, et elle sait que les questions viendront plus tard. Il parle et comme une enfant elle boit ses paroles afin d'essayer d'en comprendre toutes les nuances. Elle sourit un instant en entendant la dernière phrase du désormais Lord Wemyss. Bien sûr qu’elle ne le trahirait pas. Elle ne l’avait pas fait pendant toutes ses années près de son frère, et qu’importe si elle lui en voulait encore ou pas, elle ne souhaitait pas sa mort. Ni maintenant, ni jamais. Elle ne voulait la mort de personne, même pas d’Agnès, ou de n’importe qui. Cependant elle pensa un instant à George. Elle le savait pour la mouvance jacobite, ils n’en avaient jamais parlé, mais elle le savait. Et soudain, elle se sentit prise entre deux feux. Elle n’avouerait pas aimer George, elle n’avouerait pas avoir peur pour lui à chaque fois qu’il part voir « des amis » qu’elle sait être les jacobites, non jamais elle n’avouerait cela. Mais si elle était pour la couronne anglaise, pour sa patrie, elle se sentait déjà déchirer entre protéger son mari, ou protéger sa patrie. Pouvait-elle confier à Edwin qu’il était jacobite ? Pouvait-elle confier à celui qui devait rapporter des informations à la couronne ce qu’elle savait. Si elle ne disait rien elle trahissait sa patrie. Peut-être même Edwin. Mais si elle disait quoi que ce soit, elle mettait des vies en danger. Pour la première fois ces questions s’inscrivirent en lettres de feu devant ses yeux. C’était trop tard. Elle était de toute façon prise entre son cœur et sa raison. Sa patrie, et …George. Elle baissa la tête, réfléchit à ce qu’elle pouvait bien dire. Non, elle ne le trahirait pas. Mais que devait-elle dire. Que devait-elle cacher.

« Je me souviens très bien de ta mère Edwin. Et tu ne devrais pas t’en faire pour ton nom. Je ne dirais rien. Je ne souhaite la mort de personne. Encore moins la tienne. Même si la rancœur ne sera pas facile à extraire de mon cœur. »

Elle n’allait pas cacher sa rancœur pour autant, Edwin la connaissait. Il savait à quel point elle pouvait être de mauvais caractère aussi. Et elle n’allait pas être agréable tous le temps avec les reproches qu’elle lui avait fait plus tôt.

« Que fait tu exactement ? Est-ce que tu fais une sorte de liste de tous les jacobites que tu rencontres ? Vont-ils être exécutés ?
»

Si elle aurait aimé ne jamais poser la question, elle s’en sentait pourtant obligée. Elle ne connaissait pas grand chose à la politique envers les jacobites. Elle ne connaissait rien, de ce monde d'homme et de politique. Pouvait-elle demander à Edwin de ne jamais transmettre le nom de George ? Et de James ? De sa belle-famille ? Pourquoi pas Agnès y comprit. Pour George. Non.

« Tu dois bien te douter que je ne soutiens point la mouvance jacobite. Je trouve cela complètement idiot. Des traités ont été signés. Cependant… »


Elle fit quelques pas, cherchant ses mots. Cherchant à se comprendre elle-même. Cette discussion ne faisait que réveiller une peur, que réveiller des choses qu’elle ne voulait pas admettre. Elle poussa un petit rire nerveux. Elizabeth n’aimait pas cette situation. Pas du tout. Elle tourna sur elle-même, lentement, essayant de deviner où elle-même voulait en venir. Et puis finalement elle se lança. Elle décida, que pour en venir où elle craignait en arriver, il fallait qu’il comprenne tout depuis le début. Peut être qu'elle même pourrait comprendre?

« Il y a un an et demi, mère m’a annoncer que j’étais fiancée. Un jeune homme respectable m’at elle dit. Quelqu’un qui à accepter une petite dot était ce qu’elle voulait dire. Je n’ai pas beaucoup cherchée à comprendre. Je savais que cela arriverait un jour ou l’autre. Et je m’étais faite à l’idée de vivre avec quelqu’un qui aurait l’âge de mon père, ou pire. C’est le destin des femmes. Je n’y avais aucune réelle opposition. Lors d’un bal cependant, j’ai rencontré un jeune homme, charmant, doux, rieur, et...quelqu’un qui aurait tellement pu me convenir, tu n’as pas idée. Et cette soirée m’a fait tellement de mal, parce que je venais de comprendre que je n’aurais jamais quelque chose d’aussi bien que ce que j’avais eu pendant quelques heures en dansant. »


Elle soupire, elle se souvenait encore de la jolie petite fleur qu’il avait pris et lui avait glissé dans les cheveux, lui racontant que n’importe quel homme serait heureux d’avoir ses faveurs à elle.

« Le lendemain, mère m’annonça, au bras de ce jeune homme qu’il était mon fiancé. Tu ne peux pas savoir à quel point j’étais heureuse. Et puis le kilt m’a frappée, un kilt qu’il n’avait bien sûr pas prit la peine de porter la veille pour pouvoir m’approcher. Deux semaines plus tard j’étais mariée. Ma belle-famille n’aime pas les anglais, spécialement ma belle-sœur. Mais je lui rends bien. Comme à tous ceux qui m’approchent. J’aurais supporté un vieil anglais Edwin. Mais pas un écossais. Il en était hors de question. Et il en est toujours hors de question. George et moi... nous ne… nous parlons pas vraiment. Il me reproche de ne pas être la femme qu’il à rencontrer à ce bal. Et… je le soupçonne d’être pour sa cause… mais il reste mon mari. »

Cette dernière phrase lui avait brulé la gorge. Toutes ses phrases l’avaient fait. Elle venait d’avouer non ouvertement à Edwin qu’elle tenait à son mari, malgré son caractère et son comportant désobligeant. Lui demandait-elle de ne pas mettre le nom de son mari sur un quelconque papier anglais. Surement. Mais encore une fois, bien trop têtue et fière, elle ne l’avouerait jamais.

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Dim 2 Avr - 23:50

Je fus rassuré qu'Elizabeth me promette de protéger ma couverture. Je savais qu'il devait rester en elle une partie de l'amour qu'elle pouvait avoir à mon égard à l'époque, mais j'ignorais si elle parviendrait à dépasser sa rancoeur pour garder le secret. A moi à présent de me montrer digne de sa miséricorde et de savoir me faire pardonner pour mes erreurs passées. Elizabeth possédait un caractère très affirmé mais elle avait grand coeur. Je ne perdais pas espoir de parvenir à l'atteindre.

Cependant, quand je crus que l'affaire était close, que nous pouvions savourer nos retrouvailles, je l'entendis me poser des questions sur mon travail, si je faisais une liste de personnes à exécuter. Je me sentis obligé de lui répondre, sachant pertinnement qu'elle devait s'inquiéter pour certaines personnes de son entourage.

"Je ne fais pas vraiment de liste... Disons que je prends... La température. Je ne tiens pas à condamner des hommes pour des opinions, mais pour ce qu'ils font. Si besoin est... Je le ferai pour protéger d'autres citoyens. Nous ne voulons pas d'une nouvelle révolte."


Elle se sentit obligée de me préciser qu'elle ne soutenait pas la mouvance jacobite. Elle trouvait même idiot de se révolter alors que des traités avaient été signés. Je ne pouvais m'empêcher d'être en désaccord. Les jacobites étaient pour la plupart des Ecossais n'ayant jamais été consultés lorsque ces traités avaient été signés, ou alors avec un mousquet dirigé vers eux. Ils exprimaient leur désaccord comme ils le pouvaient. Cependant, certains en abusaient pour causer des remous mortels, qui coutaient cher à ceux qui n'y étaient pour rien.

Mais je gardai mon opinion pour moi-même. Si mes paroles exprimaient autant de sympathie pour les Ecossais, je risquais moi-même d'être fusillé pour trahison envers mon Roi. Néanmoins, je rompis vite le fil de mes pensées pour suivre Elizabeth qui était de toute évidence en train de chercher une façon d'exprimer le fond de sa pensée. Je savais ce qu'elle voulait... Protection de ses amis, certainement.

Pourtant, elle sembla commencer à m'expliquer comment elle s'était retrouvée en Ecosse. Elle me raconta sa rencontre avec un homme, qu'elle aurait pu aimer, s'il avait été anglais... Sa désillusion, sa souffrance. Je me souvenais de la mère d'Elizabeth et d'Arthur. Elle avait toujours eu à coeur le bonheur de ses enfants mais... Un bonheur tout relatif. Elle pensait savoir mieux qu'eux ce dont ils avaient besoin, et plusieurs fois Arthur était venu se réfugier dans mes bras pour crier sa colère.

En voici un nouvel exemple. J'aurais dû être là, et je compris parfaitement pourquoi elle m'en voulait. J'aurais pu agir, voire même l'épouser elle, au lieu d'une vague connaissance d'une famille que je fuyais, dont l'hypothétique mariage n'était peut être même plus d'actualité. Si j'avais su... J'aurais pu protéger la chair et le sang de l'homme que j'avais aimé. Et le mariage aurait certainement été plus doux avec elle, pour elle comme pour moi.

Que de regrets...

Je mis une main sur son épaule en soutien moral, espérant qu'elle ne rejetterait pas cette preuve d'affection et de compassion. Puis, enfin, elle m'expliqua où elle voulait en venir. A son mari qui, même distant, restait son mari. Etant liés devant Dieu, ils se devaient malgré tout fidélité, au moins. Et la fidélité était aussi cela : chercher la protection de son compagnon de vie. Même si cela semblait lui coutait énormément que d'en parler, elle le faisait, et je louai sans grandeur d'âme.

Elle le soupçonnait d'être pour la cause jacobite. Comme beaucoup de ses compatriotes... Je baissai la tête. Je ne pouvais pas le protéger. Ce n'était pas dans mes prérogatives, et ce serait une trahison, qui couterait cher autant à cet homme qu'à moi. Alors je répondis comme je pouvais, avec un compromis :

"Elizabeth... Comme je te disais, je prends la température, et veille qu'il n'y ait pas de débordements. Je n'ai pas de pouvoir sur qui doit être exécuté ou pas, je fais des rapports principalement. Je suis un officier, mais pas non plus très haut gradé. Cependant..."


Je réfléchis clairement à ce que ma morale m'imposait, mon coeur me demandait et mon allégeance à mon Roi m'autorisait. Il était difficile de lier les trois, mais pas impossible. Et j'y parvins à mon tour :

"Cependant, je peux oublier ce que tu m'as dit sur ton mari, et passer mon chemin si je croise son nom un jour. Comme je te disais, mon travail n'est pas de réprimer mais de veiller à ce que les Ecossais restent... Calmes. Crier sa colère dans son salon ou dans une taverne n'est pas la même chose qu'aller au combat, l'arme au poing. Tant ton mari se tiendra tranquille... Il n'a rien à craindre, du moins de moi. Est-ce que cela te convient ?"


Je la regardai dans les yeux. J'étais impressionné quelque part. Quelle femme n'aurait pas profité de cette occasion pour justement faire en sorte d'être libérée d'un engagement qui lui pesait ? Certes, je ne pensais pas Elizabeth fourbe, mais je pouvais comprendre son malheur. Jusqu'où serais-je moi-même prêt à aller pour me débarasser de Janet ?

"Je suis admiratif devant ta grandeur d'âme, Elizabeth. Je te vois grandir et mûrir, c'est un vrai plaisir à mes yeux. Toute autre femme que toi aurait souhaité au contraire que je rende une visite à ton mari, pour te libérer de tes chaînes... J'aime la femme que tu es devenue."

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Dim 23 Avr - 16:30



Juillet 1742

"Elizabeth... Comme je te disais, je prends la température, et veille qu'il n'y ait pas de débordements. Je n'ai pas de pouvoir sur qui doit être exécuté ou pas, je fais des rapports principalement. Je suis un officier, mais pas non plus très haut gradé. Cependant..."

Elle hocha la tête. Un peu honteuse qu'il est si vite compris ce qu'elle ne voulait pas admettre. Complètement honteuse en fait, surtout en comprenant que cette question caché n'avait pas de réponse en Edwin. IL ne pouvait rien faire. Et elle s'était ridiculisé, c'était la seule pensée qui envahissait son esprit. Elle pouvait entendre Elizabeth, celle qu'elle est depuis son mariage lui rire au nez, elle l'insensible, elle l’anglaise plus que fière s'était ridiculiser à demander quelque chose d'impossible à son interlocuteur. Et si son cœur se félicitait d'avoir enfin admis certaines choses à voix haute, ses murmures étaient bien trop silencieux pour que cette honte se taise. L'anglaise sent ses joues rougir, de honte. Pourtant Edwin continue, lui assurant qu'il se taira, qu'il ne dira rien sur son mari, tant que celui-ci se tient tranquille. Elle a honte qu'il en parle si ouvertement aussi. Elle ressent la honte de ses sentiments pour l'écossais jusqu'au bout de ses ongles. Finalement tout ce qu'elle souhaitait c'était un changement de sujet. Elle avait l'impression de trahir Arthur, son Père, ses coutumes, ses traditions et ses racines en ayant osée demander cela. Elle hocha sensiblement la tête, ne pouvant rajouter un mot, morte de honte. Le cœur abandonna, encore une fois, la partie. La raison à gagner, elle est formaté en tant qu'anglaise, ennemie des écossais. Et le chemin à parcourir est bien long. Peut-être trop long. Quand Edwin lui fait un compliment, qui aurait dû la ravir elle sent pourtant cette honte grandir. Foutu sentiment. Elle essaie de prendre un peu de contenance, de ne pas montrer qu'en elle une guerre sans fin prend lieu.

"Je ne souhaite nullement rester mariée à un écossais."


Mais à George? Voilà tout le problème. Elle se tourna dos à son ami.

"Et puis de toute façon entre l'Ecosse et l'Angleterre, ce n'est qu'une question de temps, que ce passera t'il quand le combat ferra rage, comme pour nos aïeux. Tous les anglais sur le sol écossais seront bien mis à rude épreuve. Ce mariage n'a aucun sens, et lorsque George s'en apercevras, il me demandera de retourner en Angleterre, autant pour se protéger que pour être tranquille. Il n'est déjà pas bien vu parce qu’il à accepter de m'épouser. Il n'y a que pour moi que cela ait été un mariage forcé. La guerre est inévitable, je ne sais pas si tu peux le ressentir de ta position, mais moi qui vit dans un domaine qui est pourtant pour le Roi, je peux t'assurer que le calme ne durera pas longtemps. "

Elle disait tout et son contraire, elle le savait, elle s'entendait. Une minute avant la voilà qui à demi-mot demande protection pour les Douglas, et voilà maintenant qu'elle affirme qu'il y aura la guerre, et qu'elle sera vite de retour en Angleterre. La même rengaine depuis son mariage, les mêmes mots qui lui permettent de ne pas craquer, de ne pas vivre, mais seulement de survivre dans son clan. Le clan de son mari.

"Tu viendras me rendre visite dans les prochaines semaines? Je n'ai personne à qui parler là-bas.  J'évite George le plus possible, et Agnès, sa sœur, me déteste, mais je me défends très  bien crois-moi, cette écossaise n'a pas compris ce à quoi elle se piquait. Il y a bien James, mon autre beau-frère, mais c'est un écossais et il ne remplacera jamais une présence anglaise. J'ai bien Hannah Howard, mon amie d'enfance qui est mariée à un Laird, mais elle se plait dans son mariage, et je dois t'avouer que nous ne nous comprenons plus très bien.


Le rouge de son visage fait place à son teint habituel au fur à mesure de sa conversation, et Elizabeth reprend de sa contenance. Elle pense un instant à Arthur, au petit lion en bois qu'elle a dans sa boite en bois. Elle pense à la fierté d'Arthur d'avoir ce lion, cette sculpture donnée par leur père. Et pour la première fois, elle pense à s'en séparer. A le donner à Edwin, parce qu'elle se rend compte que voir Edwin était peut-être la dernière partie de son deuil. Et que ce petit lion si important pour son frère serait peut être utile à Edwin, un souvenir. Une façon d'avoir quelque chose d'Arthur. Elle en a tellement elle.

"Il faudrait vraiment que tu viennes, j'aurais quelque chose pour toi. Combien de temps restes tu dans les Lowlands? "


George n'aura rien à dire, il ne sera pas ravie d'avoir un anglais sur les terres, cela était certain. Mais peut-être qu'Edwin pourrait garder sa couverture écossaise. Comment expliquer qu'il vienne pour lui rendre visite alors. Les questions fusent dans sa tête, se demandant comment elle peut introduire Edwin dans le domaine sans avoir milles et une question.

"Nous sommes deux roses au milieu d'un grand champs de Chardon Edwin. Nous sommes bien loin de la maison. "

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Dim 30 Avr - 14:08

Lui offrir de fermer les yeux sur son mari n'avait pas été un exploit pour moi : je pouvais le faire, alors pourquoi ne pas le faire ? Qu'est-ce qu'un homme pouvait bien changer ? Après tout j'étais moi-même en train de fermer les yeux sur beaucoup de choses. A mes yeux ces voyages étaient certes approuvés par ma hiérarchie et j'étais protégé si j'étais attrapé par des red coat en compagnie d'écossais en colère, mais je m'en servais surtout pour voir Fergus... De plus, en moi semblait se former une sorte de véritable compassion envers ces hommes et ces femmes envahis. J'avais toujours pensé que si on voulait être libre, il fallait être assez fort pour défendre cette liberté. Mais était-ce juste d'envahir pour ensuite écraser ?

En tant qu'officier je pouvais voir la vérité, le sort qu'on réservait aux Ecossais. J'avais pu observer le déclin de leur niveau de vie, je pouvais comprendre leur colère, d'autant que leur sang parcourait aussi mes veines. Peut-être était-ce cela qui m'empêchait de réellement bien fouiner ?

J'eus la vague impression à sa réponse à mes paroles qu'en Elizabeth la même guerre se formait. Elle me tourna le dos, comme pour cacher une honte que j'avais fugitivement lue sur ses traits. Elle voulait me dissimuler cette guerre, mais je pensais l'avoir perçue... A moins que ce fusse le reflet de mes propres démons ?

Elle tenta de faire une diversion avec ces paroles, sur une possible guerre entre l'Ecosse et l'Angleterre, une guerre que je devais avouer inévitable, d'un côté comme de l'autre. Mais ces paroles étaient confuses à mes oreilles. Je préférai néanmoins ne pas les soulever, répondant du mieux que je pouvais :

"La guerre est effectivement inévitable, je le crains, Elizabeth... Mais je m'assurerai de ta sécurité. Je ferai de mon mieux pour sentir le vent tourner et te mettre à l'abri à ce moment-là. Tu n'as rien à voir avec ce conflit, quand bien même tu serais mariée à un écossais."

Puis, par la suite, elle me demanda si je pouvais lui rendre visite dans les prochaines semaines. Je sentis sa solitude dans ces paroles, dans ses explications. Notamment lorsqu'elle me parla d'Hannah Howard, je me souvenais vaguement d'elle, de cette fillette qui courait avec Elizabeth lorsqu'elles étaient jeunes, surtout à mes débuts de relation avec Arthur. Tout semblait fait pour qu'Elizabeth se sente si seule. Alors je calculai dans ma tête. Je devais prendre en compte mes visites à Fergus, les voyages que je devais faire pour le compte de mes supérieurs... Je devais pouvoir aller dans ses terres pour Septembre, Octobre au grand maximum. C'était le plus tôt que je pouvais faire.

"Je peux te proposer de venir aux alentours de Septembre, voire Octobre. Je sais que c'est assez loin, mais je ne pourrai probablement pas avant... Qu'en penses-tu ?"

Je la voyais reprendre contenance, j'étais ravi. De toute évidence, Septembre ou Octobre lui allaient, et je pouvais ainsi lui offrir une présence pour combler sa solitude. Cependant, elle insista réellement pour que je vienne, me signalant qu'elle avait quelque chose pour moi. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Un cadeau, des informations ? J'étais curieux, mais je sentais qu'elle ne me dirait rien avant ma venue que je devais lui promettre à nouveau.

"Je viendrai, tu as ma parole d'honneur. Tu attises ma curiosité avec ce quelque chose, et je sens bien que tu garderas le secret jusqu'à ce que tu me le donnes, alors je viendrai. Cependant, je retourne à Fort Williams après-demain. Je suis ici depuis quelques jours et je dois retourner au Fort sous peu."

Je pris ses mains dans les miennes après l'avoir retournée, lorsqu'elle déclara que nous étions bien loin de la maison. Il était vrai que nous étions loin de l'Angleterre, mais avais-je désormais une maison là bas ? Mon frère et moi n'étions pas en bons termes, comment dire que le manoir familial était aussi mien ?

J'allais lui répondre, lorsque je vis Fergus émerger de chez lui, certainement pour me rejoindre aux écuries. Heureusement que j'avais gardé l'oeil sur mon environnement. Je lâchai subitement les mains, ne voulant pas que l'homme que je voulais se pose des questions auxquelles je ne saurais pas répondre. Je regardai néanmoins Elizabeth dans les yeux pour ensuite lui chuchoter, ne voulant pas que ma voix porte, au cas où.

"Je dois malheureusement te quitter pour l'instant. Le Laird de ces terres approche de nous, et je dois maintenir ma couverture."

C'était vital, autant pour ma vie que pour mes désirs. S'il apprenait quoi que ce soit, j'ignorais si j'allais survivre à cette débâcle. Tant de choses pourraient me tuer dans mes actes, mes mensonges... Hors de question d'emmener Elizabeth dans ma chute.

"Je vais le rejoindre, mais sache que si tu as quoi que ce soit à me dire, envoie une lettre à l'auberge du cheval noir, à Inverness. J'y passe souvent, pendant mes courtes permissions à Fort Williams. Je pourrai y récupérer la lettre. N'envoie par à Fort Williams, c'est dangereux, pour toi comme pour moi. Tu as bien compris ? L'auberge du cheval noir à Inverness."
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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Jeu 4 Mai - 15:36



Juillet 1742

C’est bien là sa crainte, la guerre. La fin inévitable de son mariage. Mariage qu’elle ne préfère alors pas commencer.  Voilà qu’Edwin la conforte dans son idée, elle doit rester aussi éloignée des écossais que possible, elle ne doit pas céder au sentiments qui lui sont plus compliqué à gérer à l’égard de son mari. Parce que tout cela aura une fin, une fin par la guerre. Elle retournera de toute façon en Angleterre, que ce soit comme veuve ou comme une personne fuyant un pays qui ne veut pas d’elle non plus. Elle le sait. Elle le sent. Comment pourrait-il en être autrement. Dans son for intérieur, elle reconstruit la barrière qui s’est défaite au fur et à mesure. Elle refait cette froideur, cette promesse de ne pas céder à George. Ni à personne d’autre. La carapace se reconstruit doucement en elle, rassurer de sa légitimité par les mots d’Edwin. Edwin le disparu, Edwin celui qui l’a abandonné, et pourtant elle boit ses paroles comme si elles venaient d’Arthur lui-même. Elle se sent protégé, en sécurité, alors que quelques minutes auparavant elle lui en voulait comme jamais. Mais le cœur est un traitre. C’est ce qu’elle se dit.  Septembre, Octobre,  trois mois. C’est ce qu’il lui propose. Un peu déçue, même si elle ne l’avouera pas elle aurait aimé qu’il lui dise qu’il pouvait venir avec elle maintenant, qu’il resterait pendant des mois et des mois, qu’ils parleraient d’Arthur, qu’ils reconstruiraient leur relation ensemble, dès à présent, sans délai. Mais la réalité est tout autre, bien évidement. Et elle se contente d’hocher la tête tout en réfléchissant encore une fois à la façon dont elle va introduire Edwin dans son clan.

« Ce serait parfait, Edwin. Comment voudras-tu te présenter ? J’imagine que tu ne peux pas prendre le risque de te faire découvrir anglais ? »

Alors qu’elle vit les lèvres d’Edwin s’ouvrir pour lui répondre, son regard se fit alerte et il rompit leur contact. Son propre regard allait suivre celui de l’anglais quand il lui chuchota  la voie pressante que leur conversation allait devoir s’arrêter, que le Laird approchait. Maudit Laird. Son regard se fit plus noir, elle détestait déjà cet homme qui lui arracher Edwin dans ce moment de retrouvailles. Son ami lui donna quelques dernières directive, pour lui écrire. Et son cœur explosa. Ce n’était pas des paroles en l’air. Il allait vraiment venir la voir. Cependant quelque chose la troubla, le fait qu’il veuille rejoindre le Laird surement, la lueur qu’elle eut  cru voir dans ses yeux un instant ? Mais surtout le fait qu’elle ne puisse pas écrire à Fort Williams. Pourquoi donc, il était anglais, il faisait son devoir en espionnant plus ou moins les écossais. Alors pourquoi était-ce dangereux. Une question qu’elle ne se priverait pas de mettre sur papier dans la première lettre qu’il lui enverrait pour sûr. Elle aussi était anglaise, il n’y avait donc à son sens aucun danger. Mais soit, elle ferrait ce qu’il lui demande. S’il le désirait ainsi. L’auberge du cheval noir. L’adresse était gravée à présent dans sa tête.  

« Très bien, vas-y. Prends soin de toi, Edwin, soit prudent surtout s’il te plait. Je t’enverrai une lettre dès mon retour sur les terres Douglas. Je te vois dans quelques semaines alors.»


Sans tarder, et pour éviter des au revoir trop déchirant elle se détourna d’Edwin, reposant son regard sur le beau cheval qu’elle avait observé avant toute cette discussion si surprenante. A nouveau elle prit un morceau de pain, le donna à l’étalon. Ses pensées se firent nombreuses, se bousculant, s’emmêlant. Merci James. Grace à lui, grâce à son entêtement à vouloir qu’Elizabeth l’accompagne, elle avait revue Edwin. Elle avait retrouvé une partie d’elle-même. Et surtout, elle avait pu se conforter dans ses idées. Elle était anglaise, et tout ce cirque entre George et elle, elle ne pouvait pas y céder, c’était vouée à l’échec. La tête haute, elle jeta un coup d’œil à Edwin qui avait rejoint le Laird.

***

HJ: Du coup tu veux répondre encore une fois ou on termine le rp là, et quand le temps du forum aura avancé on lance les retrouvailles chez le clan Douglas?

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MessageSujet: Re: Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth   Jeu 4 Mai - 15:52

[quote="Elizabeth Brandon"]

Juillet 1742

C’est bien là sa crainte, la guerre. La fin inévitable de son mariage. Mariage qu’elle ne préfère alors pas commencer.  Voilà qu’Edwin la conforte dans son idée, elle doit rester aussi éloignée des écossais que possible, elle ne doit pas céder au sentiments qui lui sont plus compliqué à gérer à l’égard de son mari. Parce que tout cela aura une fin, une fin par la guerre. Elle retournera de toute façon en Angleterre, que ce soit comme veuve ou comme une personne fuyant un pays qui ne veut pas d’elle non plus. Elle le sait. Elle le sent. Comment pourrait-il en être autrement. Dans son for intérieur, elle reconstruit la barrière qui s’est défaite au fur et à mesure. Elle refait cette froideur, cette promesse de ne pas céder à George. Ni à personne d’autre. La carapace se reconstruit doucement en elle, rassurer de sa légitimité par les mots d’Edwin. Edwin le disparu, Edwin celui qui l’a abandonné, et pourtant elle boit ses paroles comme si elles venaient d’Arthur lui-même. Elle se sent protégé, en sécurité, alors que quelques minutes auparavant elle lui en voulait comme jamais. Mais le cœur est un traitre. C’est ce qu’elle se dit.  Septembre, Octobre,  trois mois. C’est ce qu’il lui propose. Un peu déçue, même si elle ne l’avouera pas elle aurait aimé qu’il lui dise qu’il pouvait venir avec elle maintenant, qu’il resterait pendant des mois et des mois, qu’ils parleraient d’Arthur, qu’ils reconstruiraient leur relation ensemble, dès à présent, sans délai. Mais la réalité est tout autre, bien évidement. Et elle se contente d’hocher la tête tout en réfléchissant encore une fois à la façon dont elle va introduire Edwin dans son clan.

« Ce serait parfait, Edwin. Comment voudras-tu te présenter ? J’imagine que tu ne peux pas prendre le risque de te faire découvrir anglais ? »

Alors qu’elle vit les lèvres d’Edwin s’ouvrir pour lui répondre, son regard se fit alerte et il rompit leur contact. Son propre regard allait suivre celui de l’anglais quand il lui chuchota  la voie pressante que leur conversation allait devoir s’arrêter, que le Laird approchait. Maudit Laird. Son regard se fit plus noir, elle détestait déjà cet homme qui lui arracher Edwin dans ce moment de retrouvailles. Son ami lui donna quelques dernières directive, pour lui écrire. Et son cœur explosa. Ce n’était pas des paroles en l’air. Il allait vraiment venir la voir. Cependant quelque chose la troubla, le fait qu’il veuille rejoindre le Laird surement, la lueur qu’elle eut  cru voir dans ses yeux un instant ? Mais surtout le fait qu’elle ne puisse pas écrire à Fort Williams. Pourquoi donc, il était anglais, il faisait son devoir en espionnant plus ou moins les écossais. Alors pourquoi était-ce dangereux. Une question qu’elle ne se priverait pas de mettre sur papier dans la première lettre qu’il lui enverrait pour sûr. Elle aussi était anglaise, il n’y avait donc à son sens aucun danger. Mais soit, elle ferrait ce qu’il lui demande. S’il le désirait ainsi. L’auberge du cheval noir. L’adresse était gravée à présent dans sa tête.  

« Très bien, vas-y. Prends soin de toi, Edwin, soit prudent surtout s’il te plait. Je t’enverrai une lettre dès mon retour sur les terres Douglas. Je te vois dans quelques semaines alors.»


Sans tarder, et pour éviter des au revoir trop déchirant elle se détourna d’Edwin, reposant son regard sur le beau cheval qu’elle avait observé avant toute cette discussion si surprenante. A nouveau elle prit un morceau de pain, le donna à l’étalon. Ses pensées se firent nombreuses, se bousculant, s’emmêlant. Merci James. Grace à lui, grâce à son entêtement à vouloir qu’Elizabeth l’accompagne, elle avait revue Edwin. Elle avait retrouvé une partie d’elle-même. Et surtout, elle avait pu se conforter dans ses idées. Elle était anglaise, et tout ce cirque entre George et elle, elle ne pouvait pas y céder, c’était vouée à l’échec. La tête haute, elle jeta un coup d’œil à Edwin qui avait rejoint le Laird.

***
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Memories from the past ☼ Edwin - Elizabeth
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