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 JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?

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♛ Arrivé(e) en Ecosse le : 05/10/2016
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♛ Mon allégeance va à : Fergus Abercromby, mon laird et époux, dont je porte l'enfant.


MessageSujet: JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?   Dim 9 Oct - 20:50



Janet Fraser



TON PERSONNAGE

NOM & PRENOM(S) ♛ Janet FRASER
ÂGE ♛ 22 ans
DATE DE NAISSANCE ♛21 octobre 1719
ORIGINE ♛ Ecossaise, originaire des Highlands.
SITUATION FAMILIALE ♛ Fiancée à Ferguson Abercromby.
METIER(S)  ♛ Fille de Laird et futur épouse de Laird.
GROUPE  ♛ Les Chardons Ardents.
CREDITS  ♛ écrire ici

LE JOUEUR

PSEUDO WEB ♛ BloodyWonder
ÂGE ♛ 20 ans
COMMENT AS-TU CONNU LE FORUM ♛ J'y suis modératrice
TON PERSONNAGE EST-IL FICTIF
OU HISTORIQUE ♛
Historique, mais à part son nom, tout sort de mon imagination.
AS-TU PRIS UN SCENARI, PV
OU INVENTE ♛
PV
AVATAR  ♛ La belle Katie McGrath


Prête allégeance à ton Laird



QUE PENSES-TU DES HIGHLANDERS ? ♛ Je suis moi-même Highlander, digne fille du clan Fraser. Cependant, mon allégeance va surtout au clan Abercromby, le clan de mon fiancé, qui soutient la cause jacobite. Je pense que tout les écossais devraient mettre leur différents de côtés et s'unir sous la cause jacobite. Ensemble, nous pourrions l'emporter.


QUE PENSES-TU DE L'INVASION ANGLAISE EN ECOSSE ? ♛ Les écossais n’ont aucune raison de se soumettre à l’envahisseur anglais. Nous devons être unis, en tant qu’écossais, peut importe le clan, pour défendre nos droits et demeurer libre de toute invasions. Je trouve les idéaux des jacobites bien plus nobles et justes que la soumission à la couronne étrangère. Ces terres sont écossaises et nous devons agir pour qu'elles le restent, et qu'elles soient donc gouvernées par un écossais.  


LE ROI JAMES STUART DEVRAIT-IL REGNER SUR L'ECOSSE SELON TOI ? ♛ Evidemment. C'est un écossais et un catholique qui doit être roi d'Ecosse et non un anglais anglican. J'étais déjà sensible aux idées jacobites autrefois, mais entendre mon fiancé en parler a su me convaincre encore plus. Tenter de rétablir James sur le trône sonne presque comme un devoir en tant qu'écossais, à mes yeux.


« une citation badass ici »

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Dernière édition par Janet Fraser le Mer 12 Oct - 19:12, édité 9 fois
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♛ Arrivé(e) en Ecosse le : 05/10/2016
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MessageSujet: Re: JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?   Dim 9 Oct - 20:50

Daughter to a Fraser


Père n’avait jamais été quelqu’un de très chaleureux. Mais en présence de mère, il paraissait le plus aimable et le plus heureux des hommes. C’est pourquoi, quand elle mourut, la petite part de bonté en lui, ou de chaleur, qui ne se réveillait qu’en la présence de la femme qu’il aimait, disparut. L’impression que nous existences lui étaient sans importance ne fut plus passagère, mais constante. On aurait pu penser qu’il aurait chérit ses filles plus que tout, dès lors, nous qui ressemblions tant à notre mère physiquement ayant hérité entre autre de ses cheveux d’ébène et de sa beauté. Mais non, point du tout. J’avais huit ans à l’époque. Georgina en avait dix, Sibyl en avait six, et Simon n’en avait que trois. Père n’était proche que de la plus froide d’entre nous, celle qui lui ressemblait déjà le plus ; ma sœur aînée, Georgina. Il aurait pu être proche de Simon, son héritier, mais il laissa pratiquement toute son éducation à d’autres, et par d’autres je veux dire moi et Sybil, car il était encore trop jeune pour être intéressant. Simon passa donc beaucoup plus de temps dans son enfance avec ma jeune sœur et moi-même, qu’avec son père. Georgina était parfois là aussi, mais il est vrai qu’elle était la seule à réellement susciter un intérêt chez notre père, qui la trouvait intelligente et intéressante. Quand elle n’était pas avec nous, c’était qu’elle avait le privilège d’être avec son père. J’aimais ma sœur et nous étions proches. Mais avec les années, elle ressemblait de plus en plus à mon père, même si j’essayais de me le cacher à moi-même. Quant à Alexander, mon pauvre jeune frère, père le détesta le jour même de sa naissance.

« Qu’on retire cet assassin de ma vue. », avait il dit.

Je me souvins m’être indignée. Je ne le faisais pas souvent, du haut de mes huit ans. Père était un homme qui implorait le respect.

« Père, ce n’est pas de sa faute ! Comment pouvez vous dire une chose pareille ?»

« Je ne souviens pas avoir demandé l’avis d’une gamin de huit ans. »

Le regard de mon père suffisait à faire taire tout une assemblée. Je n'en ajoutais donc pas plus, mais je pris soin d'Alexander.
La mort de notre mère nous désespérait tous. Elle avait été la douceur dans une demeure froide. Je ne voyais pas ma vie sans elle. Mais ce n’était nullement la faute de notre frère s’il était décédée. J’avais pensé, au début, que c’était là une phrase dite sous le coup du chagrin et de la colère combinée ensemble. Mais Père n’aima jamais Alexander et je crains, même si cet horrible à dire, qu’il n’aurait guère éprouvé de chagrin s’il n’avait pas survécu non plus.


*



Simon et Alexander devinrent un peu mes responsabilités. De même que Sybil car même si elle m'aidait aussi pour s'occuper des garçons, je ne voulais pas qu'elle grandisse trop vite à force de devoir jouer les soeurs responsables. J’étais un peu comme une mère par substitution pour eux. Nous nous occupions beaucoup de nos frères, Georgina beaucoup moi. Avec les années, la différence se creusa. Je l’aimais malgré tout. C’était ma sœur, et même si j’étais plus proche de Sybil que de Georgina, je ne lui en voulais pas d’être plus proche de Père. Je me disais que cette froideur et cette indifférence que l’on pouvait distinguer parfois chez elle n’était qu’une apparence au fond. Qu’elle voulait juste plaire à son père. Elle pouvait être d’une très agréable présence, chaleureuse et aimable. Les garçons l’aimaient beaucoup moins, en revanche. « Tu ne vois que le bon en elle, parce que c’est ce que tu veux faire. » Peut être Alexander avait il raison, malgré sa haine. J’en devenais de plus en plus convaincue. L’amour que j’avais pour mes frères me forçait à entendre raison car parfois son comportement me choquait terriblement. Comment pouvait-elle ne pas intervenir quand Père traitait son fils d’assassin de sa mère ? Ou lançait l’une ou l’autre moquerie à Simon ?

« Nous n’avons pas à contredire père. Il est le chef du clan. », dirait-elle.
Oui car la douceur de Simon était un problème pour Père. Fallait il que son héritier soit sans cœur et froid comme lui ? Sans doute, car Georgina était son enfant préféré, et qu’elle était la moins sympathique d’entre nous.


*



Les années avaient passés. Les décisions que père prenait en ce qui concernait le clan ne m’enchantait guère. Simon partageait mon avis, ainsi qu’Alexander, évidemment. Mes deux frères étaient aussi proches l’un de l’autre que j’étais moi-même proche de Sybil, mais aussi très liée à Alexander. A nous quatre, nous étions très soudés. C’était nous contre Père, Georgina et le petit dernier, Archibald, que Père avait eu de son second mariage. La mère d’Archibald, notre belle-mère, avait elle-même quitté la demeure, ne supportant pas son mari. C’est pour vous dire à quel point mon père pouvait être un homme épouvantable. C’est Georgina qui s’était soudain senti la fibre maternelle pour s’occuper d’Archibald. Ce qui les avaient rapprochés devaient sans d’autre être que le jeune garçon ne s’entendait guère avec sa mère, et préférait son père. Il était évident que dès lors, il n’allait pas se tourner vers notre petite bande, parmi lesquels Alexander, que père méprisait. Et même Simon.

Simon n’était pas le leader parfait, certes. Le charisme et l’autorité lui faisait défaut. Mais il avait un bon cœur et des idéaux pour lesquels il était juste de se battre. Il serait meilleur que père car, il aurait aussi Alexander pour l'épauler. Et de toute évidence, en tant que fils aîné, c’était lui l’héritier. Et le fait que Georgina tente de lui dérober sa place ne me plaisait guère, avec toute l’affection que j’avais pour lui. Comme mon jeune frère, j’étais séduite par la cause jacobite. Nous étions écossais, pourquoi se soumettre à la couronne anglaise comme des lâches ? Cela n’était pas dans nos valeurs et nos principes. Mais mon père avait il seulement des principes à défendre, si ce n’était ses propres intérêts ? Et il en était de même pour ma sœur…

Je venais d’avoir 22 ans quand on me fit appeler dans la salle de banquet de la demeure de mon père, le Laird et comte de Lovat.

« Janet, nous avons un invité que j’aimerais te présenter. Ma fille, voici Donald Fraser. Donald, ma deuxième et charmante fille, Janet. »

Le dénommée Donald était un vieil homme d’au moins soixante ans. Il prit ma main pour m’accorder un baise main en guise de salut. J’inclinais légèrement la tête, comme le voulait les convenances.

« C’est toujours un plaisir de rencontrer d’autres membres du clan. », dis-je.

C’était une phrase tout faite que je ressortais dans ce genre de situation. Mais quelque chose aujourd’hui semblait étrange. Pourquoi étais-je la seule à devoir me présenter à ce Donald ? Je regardais Père, mais on ne pouvait jamais rien distinguer dans son expression. Je regardais alors Georgina, interrogative. Elle était ma sœur. Et malgré les différents, nous étions tout de même amies. Elle me le dirait, s’il se passait quelque chose. En cet instant, elle restait pourtant plantée là, près de Père, mais je remarquais dans son regard une sorte de tristesse, ou de résignation. Elle semblait éviter de me regarder dans les yeux, comme si elle était mal à l'aise. Pourquoi ?

« Dois-je aller chercher Sybil, Simon et Alexander ? Pour faire les présentations ? », demandais-je.

« Désirez vous voir mon autre fille, Sybil, Donald ? », demanda Père à son invité.

« Oh non, ça ira. C’est très bien comme cela. Elle est très belle. Et elle semble avoir de bonnes hanches pour porter un enfant, n’est ce pas ? », dit le vieil homme en me regardant.

Horrifiée, je tournais la tête vers Georgina. Ayant remarqué mon mal aise, Père passa une main dans le dos de son invité l’invitant à le suivre dans une autre pièce tandis que Georgina faisait de même avec moi.
« Georgina, qu’est ce que ça veut dire ? »

« Pas maintenant, Janet. Attends que nous soyions seule. », me dit elle alors que le dénommé Donald et mon père n’avait pas encore franchi la porte.

« NON ! Je t’ai posé une question, Georgina ! », dis je en me détachant de son emprise.

Mon cri avait résonné dans les murs froids de la pièce. Donald avait tourné la tête, de même que mon père, qui m’avait foudroyé du regard au passage. Je n’en avais rien à faire, en ce moment. Rien du tout.

« Tu as vingt deux ans, Janet. Père estime qu’il est temps pour toi de te marier. », dit ma sœur, alors que père venait de disparaitre derrière la porte.

« Pardon ?! Tu as vingt quatre ans, n’est ce pas toi qui doit te marier la première ? »

« Père préfère me garder près de lui encore un temps… »

« Non, non, non. Tu ne vas pas me laisser épouser un homme aussi vieux et dégoutant, Georgina  Tu es ma sœur, tu ne vas pas le laisser faire ça. Je ne veux pas croire que tu vas le laisser faire ça. Me marier avec cet homme ?! Non, tu ne vas pas rester sans rien dire, tu ne vas pas me faire ça. Père t’écoutes, dis lui que je ne peux pas… »

Se marier était une perspective angoissante de base. Etant la fille du Laird d’un clan des plus importants d’Ecosse, je savais que j’aurais surement à faire à un mariage arrangé. Cela ne m’enchantait pas, et j’avais du mal à imaginer ma vie sans voir tout les jours Sybil, Simon et Alexander. Les garçons avaient besoin de moi. Quant à Sybil, elle était ma meilleure amie en ce monde. Mais épouser cet homme…Non, je ne pouvais pas.

« Janet…Donald est un membre du clan, qui a récemment perdu sa dernière femme et qui a une grande importante parmi nous. »

« Il a l’âge de Père ! Georgina, je t’en prie, s’il te plait, fais quelque chose !
»
Les larmes me montaient aux yeux.

« Je suis désolée, Janet… »

Georgina avait l'air sincère quand elle disait qu'elle était désolée. Cependant, ce jour là, je fus certaine de l'égoisme de ma soeur. Elle n'avait rien fait, peut importe si mon sort l'attristait ou non, elle avait encore une fois choisi ses interêts par dessus tout c'est à dire ; l'estime que père avait pour elle. Je ne pouvais lui pardonner.

*

« Georgina est un monstre. Un mot de sa part et Père aurait changé d’avis, j'en suis certaine. Et tu appelles ça une sœur ? »

Sybil était terriblement énervée. Allongée sur mon lit, je n’avais plus la force de me mettre en colère. Je me contentais d’être triste à l’idée de mes fiançailles et mon départ pour la maison de Donald. Certes, ce n’était pas très loin. J’aurais été heureuse d’épouser un homme vivant si près de notre demeure familiale, afin de pouvoir voir mes frères et MA sœur (la seule vraie sœur qui me restait)…Mais cet homme là…Il était tout bonnement répugnant. Il m’avait regardé comme on regarde des fruits sur le marché.  Je n’étais qu’un objet pour lui.

« Je vais venir avec toi, Janet. Tu seras moins seule comme ça. », dit Sybil.

« Tu dois rester », dis je, alors que je frottais mes yeux pour effacer mes larmes. « Pour Simon et Alexander. Qui empêchera Alexander de lancer le contenu de son verre sur père et d’écoper d’une lourde punition si tu n’es pas là ? »

« Alexander a quatorze ans maintenant, il peut bien se contrôler sans que nous l’y aidions pendant quelques jours. »

« Non Sybil, restes avec eux. Simon aussi a besoin de toi. Père ne fait que se moquer de lui. »

« Père est l’homme le plus cruel que je connaisse. »

« Tu as raison, malheureusement. »


Pour la première fois de ma vie, je n’allais pas déjeuner et dîner en compagnie de mes frères et sœurs plusieurs jours d’affilée. Les au revoirs furent difficiles. J’enlaçais Simon, qui, émotif, dut retenir ses larmes. Cela lui vallut un regard méprisant de père, que je me permis à mon tour de foudroyer d’un coup d’œil. Après tout, que pouvait il me faire maintenant ? Il m’avait déjà condamné au pire. C’était bien le seul moment de ma vie où je pouvais lui tenir tête sans rien risquer ; j’avais déjà tout perdu. Après Simon, à qui je murmurais d’être courageux, j’enlaçais Alexander. Il sut davantage maitriser ses émotions. Après tout, se faire insulter constamment par père lui avait forgé un caractère. « Reste calme, ne prête pas attention aux foutaises que père dit. Il ne mérite pas que tu en accordes. », lui conseillais je toujours dans un murmure. Puis finalement, j’enlaçais Sybil. Je regrettais déjà d’avoir refusé qu’elle m’accompagne. J’aurais peut être dû penser à moi pour une fois. C’est dans cette étreinte que les larmes me montèrent aux yeux. Mais je ne voulais pas que Père me voit pleurer. D’un rapide mouvement, je les essuyais et me détachais finalement de l’étreinte de ma sœur. Je passais ensuite devant Georgina sans la saluer, et sans non plus saluer mon père. Puis, c’est la tête haute que je pris la main de Donald. Je ne lui souriais, ni même ne le regardais pas pour autant. Je me contentais juste de garder la tête haute, pour ne pas montrer à mon père qu’il m’avait brisé. Comme je l’avais dit à Alexander, il ne méritait pas cette attention. De toute façon, il n’avait aucun sentiment pour personne. Si ce n’est son lui version féminin qu’était ma sœur. Aidée par mon futur époux, je montais à cheval.


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Dernière édition par Janet Fraser le Dim 16 Oct - 21:29, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?   Dim 9 Oct - 20:50


Engaged to a Abercromby





Tout en lui me dégoutait. Lorsque je dinais face à lui, j’avais l’impression d’être un vulgaire bout de viande devant un homme qui n’avait pas mangé depuis des jours. Certaines de ses filles avaient mon âge, mais je n'avais aucune envie de discuter avec elle. J'étais complètement déprimée. J’avais passé deux jours en tant que fiancée de Donald du clan Fraser, et j’avais l’impression que déjà, s’était écoulée une éternité. Quand j’étais seule dans ma chambre, je laissais ma tristesse s’échapper par des larmes. Le reste du temps, en sa présence ; je restais muette et froide, mais je gardais la tête haute, toujours. Du moins, j’essayais. Je me rappelais ce que j’avais dit à Simon. Cela fallait pour moi. Je devais être courageuse. Même si en ce moment, je n’avais aucune envie d’être courageuse. Je ne voulais qu’une chose ; être moi-même et vivre ma propre vie. Non être un objet à servir les intérêts d’un père sans cœur.

Le matin du troisième jour, alors qu’une servante avait pris mes mesures pour la confection de ma robe, un invité surprise arriva. Il s’appelait Fergus Abercromby, était laird de son clan, et venait tenter de convaincre Donald, si j’avais bien compris, de reprendre ses convictions jacobites. Donald avait soutenu avec ferveur les jacobites autrefois, mais très proche de mon père, il le suivait, et demeurait dans une certaine neutralité aujourd’hui. Cependant, le dénommé Fergus semblait avoir compris que pour convaincre le comte de Lovat de se rallier à la cause, mieux valait commencer par des intermédiaires du clan qui était plus susceptibles d’être séduit. Le jeune homme devait avoir eu une sacré bonne intuition de venir maintenant qu’une fille du clan Fraser était promise à Donald. Quoique…est ce qu’au fond cela changeait quelque chose pour mon père ? Il n’accordait aucun interêt à ses enfants, si ce n’est à Georgina.


Comme Donald aimait beaucoup festoyer, il organisa une petite fête pour accueillir ses invités, où comme cela lui ressemblait bien, il s’empiffra de bière jusqu’à ne plus en pouvoir. Durant le banquet, je n’avais fait que regarder le jeune Laird, qui me regardait souvent lui aussi, m’accordant un sourire ou l’autre. Il était tout à fait charmant. Je pouvais le sentir à des kilomètres ; cet homme là était un homme bon. Quand il défendait la cause jacobite, il parlait avec assurance. C’était un bon orateur, un homme charismatique. Il avait tout d’un bon chef, et dans ces idées, je voyais se refléter un homme juste et courageux. Fergus devait désespérer de voir que Donald n’écoutait pas un mot de ce qu’il lui racontait, trop occupé à s’empiffrer et à boire. Mais moi en revanche, je l’écoutais. J’étais captivée. Pour la première fois depuis mon séjour en ces murs, je me sentais bien. Je savais que je n’étais qu’une femme, mais mon futur époux étant saoul et cet homme m’ayant l’air d’un gentleman, je me permis d’intervenir dans la conversation. Finalement, alors que Donald m’humiliait en touchant les fesses des servantes qui passaient près de lui, j’étais emportée dans une intéressante discussion avec Ferguson Abercromby. Donald pouvait bien continuer de boire et de m’humilier, cela me permettait de profiter de ce moment avec Ferguson, et je ne demandais que ça ! C’est ce qu’il fit, si bien qu’il s’endormit assez rapidement, après bien sûr m’avoir humilié en touchant les fesses de l’une ou l’autre servante qui passait à côté de lui.
La conversation dériva alors sur mon mariage et je me confiais à Ferguson sur les circonstances difficiles de l’annonce de celui-ci, ma déception par rapport à ma sœur, et le fait qu’il avait peu de chances de convaincre mon père sur la cause jacobite car celui-ci ne servait que ses intérêts. Je lui parlais tout de fois de mon frère Simon, qui était déjà séduit par ces idées malgré son jeune âge, mais que ma sœur semblait décider à évincer.

« Vous êtes ravissante, lady Fraser. Vous méritiez un homme plus respectueux comme époux. Je suis désolé que votre père en ait décidé ainsi pour vous. », m’avait il dit. Un époux comme lui, me plaisais-je à penser. N’était il pas parfait en tout point ? Le destin était bien cruel de me présenter un tel homme alors que j’étais condamnée à épouser Donald.
Finalement, Ferguson, tel un gentleman issu des rêves de toute jeune femme, m’invita à danser. Alors que mes yeux ne quittaient pas les siens, j’eus l’impression que ce dont les poètes parlaient dans leurs plus belles œuvres m’arrivait. Je tombais amoureuse.


*


Ferguson resta encore quelques jours. J’étais désespérée à l’idée de son départ prochain et de mon mariage futur. Il avait mis un peu de bonheur en ces murs.  Une fois qu’il les aurait quittés, tout redeviendrait morne et triste.
Le dernier jour, Ferguson était occupé à sceller son cheval. Il était seul, ceux qui l’accompagnaient devait être encore occupés à préparer leurs affaires à l’intérieur pour le départ. Je me dis que c’était maintenant ou jamais. J’allais être mariée, je ne pourrais plus jamais faire ce dont je désirais. Et sous le regard autoritaire de mon père, je n’en avais jamais eu le loisir non plus.

« Ferguson. », avais je appelé. Et à peine s’était il retourné que, ne me demandez pas où j’avais trouvé le courage pour le faire, je l’embrassais. C’était sans compter que mon mari alla à ce moment là regardait le paysage à sa fenêtre, et nous surprit. Dans une colère noire, il descendit à toute vitesse et s’en prit à Ferguson. Evidemment, il imaginait que c’était lui le coupable. Et si je disais que c’était moi, je serais officiellement considérée comme une véritable catin. Mais je ne pouvais mentir, et alors que je m’apprêtais à défendre Ferguson des accusations portée contre lui, celui-ci me devança, avouant qu’il n’avait pas su résister à ma beauté, et qu’il en était désolé. Cela ne suffit pas. Donald était dans une fureur noire. Pour respecter sa foi catholique, il attendait le mariage même ne fusse que pour embrasser sa promise, et voilà qu’un autre homme posait ses lèvres sur elle ! Il décida que cela ne pouvait se régler que dans un duel. A l’ancienne. Un duel jusqu’à la mort pour réparer l’affront commis.


*

J’étais terriblement désolée pour Ferguson d’avoir causé cela. Mais je ne comprenais pas la décision de Donald. Il me paraissait évident qu’il était trop vieux pour battre Ferguson. Certes, Donald avait été un vrai guerrier dans sa jeunesse comme il le racontait à longueur de journée…Mais ce temps était révolu. Et en effet, Ferguson l’emporta. Personne ne pouvait aller contre les lois d’un duel judiciaire. Cependant, le laird Abercromby se hâta de partir. Il se doutait que mon père n’apprécierait pas d’apprendre qu’on avait tué le futur époux de sa fille. Trois membres du clan étaient déjà montés sur leurs chevaux pour aller l’en informer à toute vitesse.

Ferguson ne m’avait pas repoussé durant ce baiser, mais j’ignorais si c’était car ses sentiments étaient les même que les miens, ou car il était très humiliant pour une femme d’être repoussée ainsi et qu’il avait voulu m’éviter l’humiliation. Cependant, son comportement durant son séjour me donnait l’impression qu’il m’aimait aussi. Ne serait ce pas magnifique ?
Donald ne possédait pas beaucoup de chevaux. Et trois chevaux étaient déjà partis. Il n’en restait donc que deux ; le préféré de Donald, et le mien. Alors que les gens restant regardait Ferguson partir, je fis mine de me retirer dans ma chambre. En réalité, je sortis par une autre porte et attendait mon heure dans les écuries. Encore une fois, c’était maintenant ou jamais. Si je restais, on me ferait épouser quelqu’un d’autre, et peut être quelqu’un de pire encore.

Un peu plus tard donc, je détachais le cheval de Donald et lui donnait un coup pour le forcer à partir au galop. Voyant le cheval sortir à toute vitesse des écuries, les gens de Donald se précipitèrent derrière lui, tandis que moi, après être montée sur mon propre destrier, je m’en allais dans l’autre direction, à la vitesse la plus rapide également. Il me fallut un peu de temps pour rattraper Ferguson et ses acolytes, mais je les vis finalement au loin.

« Ferguson ! », appelais je. Il ne m’entendit qu’au bout de la troisième fois, et se retourna alors.

Je lui demandais alors la permission de venir avec lui, dans son clan. Je ne voulais pas être promise à nouveau à un homme aussi répugnant. C’était un peu comme si je lui demandais de me kidnapper. Certes, l’idée était saugrenue, mais il venait de toute évidence de se faire de mon père un potentiel ennemi.

« Ce n’est pas dans mes manières de kidnapper des dames, Janet. », me dit il, une fois que j’eus expliqué ma demande.

« Je peux vous assurer le soutien de mon frère, le futur laird. Il partage vos opinions, comme je vous l’ait dit. », dis je, tentant de le convaincre.

« Je ne peux vous enlever de la sorte, Janet. Mais je vous aime beaucoup, et je m’en voudrais que vous subissiez à nouveau une décision si dure de la part de votre père. », dit il. A ces mots, il descendit de son cheval, et me tendit la main pour que j’en fasse de même. Je ne compris pas, mais je fis.

« Si vous me considérez être un mari plus digne de vous, alors seulement je peux vous emmener. » Il mit un genou à terre. Je n’avais même pas eu le temps d’y rêver que tout cela devenait une réalité.

«  Voulez vous devenir ma femme, Janet Fraser ? », demanda-t-il. Au diable le fait que le clan Abercromby était insignifiant à côté du clan Fraser. J’avais toujours tout fait pour Père, et il n’avait jamais rien fait pour moi. J’étais amoureuse, et j’allais suivre mon cœur.

*


Ferguson semblait tout aussi amoureux de moi que je l’étais. Ma sœur et mes frères me manquaient mais je vivais un véritable bonheur avec lui, et la plupart des gens de son clan étaient tout à fait adorables avec moi. Je me sentais déjà plus Abercromby que Fraser. D’ailleurs, qui, à part Georgina et Père se sentaient vraiment Fraser ? Les Abercromby étaient d’ailleurs tous de fervents jacobites. Quant à Ferguson, il se comportait en véritable gentleman, me faisait rire, parlait de politique avec moi et écoutait mon avis quand bien même étais je une femme, et il n’oubliait jamais de me complimenter sur ma coiffure ou mes tenues.

Nous n’étions pas encore mariés, Ferguson prétextant vouloir m’offrir une cérémonie des plus ravissantes et m’ayant fait commandé une robe en France. Il était parfait. J’étais si chanceuse d’avoir son amour. Certes, j’avais envie de presser les choses car tant que je n’étais pas officiellement mariée à Ferguson, mon père pourrait toujours me récupérer s’il le voulait vraiment. Mais je ne pouvais tout de même pas dire à Ferguson de laisser tomber tout le mal qu’il s’était donné pour faire commander cette robe et tout les préparatifs en cours de la cérémonie, qui prenaient du temps. Pour l’heure je me contentais de vivre pleinement mon bonheur en tant que fiancée de cet homme admirable qu’était Ferguson. Je n’étais pas sans remarquer que contrairement à Donald, Ferguson n’avait jamais de gestes déplacés envers moi ou envers d’autres femmes ; comme Donald le faisait avec les servantes. C’était un véritable gentleman, et un bon catholique. J’étais vraiment chanceuse, et très impatiente de devenir son épouse, et la Lady du clan Abercromby. Mais mis à part le fait que notre union n’était pas encore officielle ni consommée, tout se déroulait déjà comme si c’était le cas, Ferguson m’accordant beaucoup d’attention et d’importance au sein du clan. Je l’aimais plus que tout et je savais que rien ne pourrait obscurcir ce bonheur. L’année 1742 n’était que le début d’une longue idylle pour moi…


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Dernière édition par Janet Fraser le Mer 12 Oct - 18:54, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?   Dim 9 Oct - 20:51

La parole est au peuple :016:

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MessageSujet: Re: JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?   Dim 16 Oct - 20:26

Ma Lady <3

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A mhic un de diabhoi. + N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force, ou tu t’en repentiras comme d’une faiblesse. Fais-t-en une armure, et nul ne pourras l’utiliser pour te blesser.
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MessageSujet: Re: JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?   Dim 16 Oct - 21:07

My prince charming :013;:

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JANET FRASER - Love is a risk. What if it doesn't work out ? Ah, yes. But what if it does ?
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