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 The other brother ft. Francis Farquharson

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♛ Arrivé(e) en Ecosse le : 26/01/2017
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MessageSujet: The other brother ft. Francis Farquharson   Dim 12 Mar - 16:41

the other brother


Magnus Farquharson, le batard du laird, n’avait jamais été proche de John ou de Francis ni même de Moira.  Quand il était arrivé dans leur demeure, à l’âge de treize ans, il avait été accueilli par des regards méfiants et suspicieux. Il n’avait partagé les repas qu’une semaine avec le reste de la famille avant que Fiona décide que le batard devait manger avec les serviteurs. Il suivait le même entrainement que John et Francis, mais se faisait réprimander dès qu’il se montrait meilleur que John, ce qui arrivait assez souvent, ou alors Fiona l’accusait de tricherie. Il n’avait pas donc pas l’impression de les connaitre vraiment. Pourtant, depuis son retour d’Angleterre, avec la place plus importante qui lui avait été donnée au sein du clan, certains souvenirs lui revenait. Devenu plus observateur avec l’âge adulte, il avait une plus grande capacité à prendre du recul par rapport à certaines choses et à les étudier de l’extérieur. Plusieurs fois, dernièrement, Francis s’était opposé à son laird de frère devant le regard indigné de sa mère, lors du diner – car oui, depuis qu’il était un héros de la cause jacobite, Magnus mangeait à la même table que ses frères – ce qui avait fait sourire Magnus. Fiona avait bien sûr relever. « Cela te fait rire, Magnus ? » « Non, bien sur que non. C’est mon expression naturelle. Je croyais que vous vous étiez habituée à mon visage de batard, depuis le temps. Mes excuses. »
Et cette fois, c’était Francis qui avait sourit. Il y avait lieu de se demander pourquoi ils n’avaient jamais vraiment été proches, tout les deux. La réponse avait deux noms : Fiona et John.

S’il avait pris la peine de réfléchir plus loin, Magnus se serait sans doute souvenu que Francis était, même s’il ne se l’était sans doute jamais avoué, celui dont la présence lui était la moins déplaisante. Peut être même que sans le reste de la famille à ses côtés, la présence de Francis lui était tout à fait agréable. N’allaient-ils pas chasser à deux ? Certes, Francis donnait l’impression de traiter Magnus comme son écuyer personnel, à l’époque, dans ces moments là. Mais cela était peut être l’effet Fiona…

En tout cas, ce n’était pas vraiment la chose qui avait attiré son attention dernièrement. Les regards que se lançaient Francis et Moira à table, sa réticente inexpliquée à l’idée d’épouser la jeune Wemyss, le souvenir d’avoir entendu les pas de Francis se rendre jusqu’à la chambre de Moira quand Magnus était plus jeune et qu’il ne parvenait à trouver le sommeil, la nuit…Toute ses choses lui revenaient en mémoire pour faire un tout. Il semblait avoir découvert le secret de son demi-frère.

Magnus était descendu dans la cour principale sans un bruit. Il savait se faire discret, il avait bien du apprendre à l’être, en tant que batard de la famille. Il trouva Francis posté devant un cible, occupé à bander son arc, pour ensuite viser et tirer. Magnus avait toujours été le meilleur au tir à l’arc, mais Francis était presque aussi bon. Quant à John, c’était le plus mauvais des trois, n’en déplaise à cette chère Fiona. Le batard n’avait pu que remarquer la rage sur le visage de son demi-frère, quand il avait tiré. Francis avait un visage assez expressif. On remarquait facilement quand il était en colère.

Magnus, toujours dans la plus grande discrètion, saisit un arc et banda à son tour, plus loin derrière son frère. Pour attirer l’attention de son frère, il visa de sorte à ce que la flèche passe juste à côté de lui et aille se loger au plus près de la cible, chose qu’il n’aurait jamais pu faire adolescent. Fiona aurai crié à la provocation de le part du batard, et un manque de respect flagrant. Mais ils n’étaient plus des adolescents.
« Cette cible est elle censée représentée notre bien aimé Laird, Francis ? », demanda Magnus, une fois que Francis se soit retourné pour lui faire face. « Je demande parce que tu la regardes avec le même amour… », dit il, sarcastique.

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    When I came back from England, I had a strange though walking through Invercauld's doors. « Anyway», I though « It is still good to be home». Was it ? Surprised by my own thinkings, I've asked myself. « Is Invercauld my home ? I've never felt at home in Invercauld, have I ? »
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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Mar 14 Mar - 12:31

The other brother
Magnus Farquharson
« L'homme peut, comme le ciel, avoir une sérénité noire ; il suffit que quelque chose fasse en lui la nuit. [...] Ce qui fait la nuit en nous peut laisser en nous les étoiles. [Il] était plein de vertus et de vérités, mais qui brillaient dans les ténèbres. [...] C'était un impeccable qui se croit infaillible. Personne ne l'avait vu pleurer. Vertu inaccessible et glaciale. Il était l'effrayant homme juste. » Victor Hugo, Quatrevingt-treize.

 
Une fois de plus, j'étais sorti en claquant les portes. C'était devenu mon habitude, depuis vingt-et-une longues années de vie.

Etais-je né ainsi, colérique, bagarreur, revêche ? Ou était-ce la vie qui m'avait rendu ainsi ? Etais-je né avec cette rage sourde et continuelle qui me comprimait les boyaux en permanence ? Certains parlaient, pour décrire leur appréhension, d'une boule au ventre - moi, la boule au ventre, je l'avais depuis longtemps. Aussi loin que puissent remonter mes souvenirs, je l'avais toujours eue. Sauf qu'elle n'avait rien à voir avec l'appréhension. Je n'appréhendais pas, je haïssais. Je ne pleurais pas, je hurlais. Il me semblait même que nourrisson, je ne tétais pas ma nourrice : je la mordais. J'avais l'impression de n'être qu'un congloméras haineux, bruyant et furieux.
Qui faisait l'objet de ma haine ? Le monde entier, ou presque. Quelques exceptions étaient à noter : Moira, Lucy, les deux seuls êtres que je disais aimer sans sourciller - parce-que je les aimais. Quelques personnes que j'étais loin de déprécier, à défaut de les apprécier. Certains que je détestais moins que d'autres. D'autres que je détestais totalement. Et quelques qui allaient au delà de la détestation, qui entraient dans le rang fatal de ma haine. John était de ceux-là, il l'avait plus ou moins toujours été, il l'était plus que jamais depuis cette histoire de mariage.

Fiancé à une gamine sans cervelle des Lowlands. La belle affaire. Pourquoi fallait-il que cela soit tombé sur moi ? Que voulait John, se venger de quoi que ce soit ? Me punir ? Me punir de quoi, de ma haine ? Il se fichait bien de ma haine, il connaissait ma loyauté, il savait que malgré tout, elle lui était acquise. J'étais loyal aux Farquharson, dont il était le premier représentant. Il avait le meilleur de moi à son service - je serais éternellement son bras armé, et il le savait. Alors pourquoi cette union ?

Quelques rayons de soleil venaient tomber sur l'herbe grasse de la cour principale. Une accalmie, c'était rare dans les Highlands, où les printemps étaient plus pluvieux que les hivers. Le vent était frais et coupant, l'air chargé d'humidité. J'eus un soupir agacé. Un jour, j'arriverais à rester dix minutes dans la même pièce que mon frère sans me disputer avec lui - quand il serait mort, sans doute que j'y arriverais. Une énième rixe avait éclaté à propos de cette histoire de mariage, une union que j’abhorrais. Dieu merci, Claire ne s'en était pas mêlée. Le problème était que Moira, qui aurait pu me calmer, était allée rendre visite à Dieu savait qui à Inverness. Il me faudrait savoir où elle était, d'ailleurs : je détestais ne pas savoir, à chaque instant, où était ma soeur. Être incapable d'imaginer le décor autour d'elle, les personnes qui iraient lui parler, cela m'était insupportable.

Hors Moira, mon seul salut en ces moments de colère étaient mes armes, mes meilleures amies. Mes parents voulaient faire de moi un homme de guerre, ils avaient réussi au delà de leurs espérances. J'avais l'impression de ne pas vivre pour mener un conflit, mais d'être un conflit, un conflit vivant, en chair et en os. Avisant rapidement une cible, et un arc non loin, je tordis ma bouche en un rictus qui, de loin, aurait pu passer pour un petite sourire. Occuper mes mains avec un quelconque poignard, un  fusil, un arc, il n'y avait rien de mieux pour me détendre quelques minutes.

John, John, maudit John. Mes doigts s'enroulèrent autour de la corde de l'arc après que j'y eut positionné la flèche, et je bandais l'arme.

Plus j'y songeais, et plus les mots frère et famille me semblaient infects. Ils avaient cet arrière-goût amer et cette odeur de putréfaction. Je ne croyais pas en la fraternité de sang, ni en la famille. Ma famille, c'était mon clan - je tenais au nom des Farquharson. Ma fraternité, c'était l'armée. Les hommes avec qui je m'étais entraîné, aux côtés de qui je m'étais battu, ceux-là étaient plus mes frères que John le serait jamais. Je tirais - et la flèche alla se loger assez près du centre de la cible pour me satisfaire. Prends-toi ça, John, toi qui tires aussi bien qu'une chèvre.
Un sifflement retentit au niveau de mon oreille droite, quelque chose me frôla l'épaule - je fis un bond de côté, et par réflexe, sortit le poignard à ma ceinture. La scène n'avait duré qu'une demi-seconde : une seconde flèche s'était logée dans la cible, plus près du centre encore que la mienne. Je me tournais à demi... Magnus. Pourquoi ça ne m'étonne qu'à moitié ? Magnus avait toujours été le meilleur tireur de nous trois. Même si je préférais me tirer une balle dans le pied plutôt que de lui avouer ouvertement qu'il était meilleure que moi. Appréciais-je sa présence ? Je ne savais trop - mais je me rendais compte que je ne la dépréciais pas vraiment. Je l'appréciais assurément plus que John, mais en soi, ce n'était pas franchement un exploit. "Me crois-tu donc si facile à déchiffrer ?" ricanais-je pour répondre à sa première question. "Après tout," poursuivis-je, "les sacrosaints liens familiaux voudraient que ce soit toi, qui soit représenté là," et j'indiquais du menton la cible.

Sacrosaints liens familiaux, tu parles ! Il y avait bien longtemps que ceux-ci avaient disparu, si tant est qu'ils avaient existé un jour. A quelques occasions, rares mais de plus en plus fréquentes, je me demandais si Magnus n'était pas, à l'instar de mes camarades de combat, plus mon frère que John le serait jamais. "Tu sais pertinemment qu'entre notre Laird et moi, la bonne entente est solide, durable et assurée." Mon Dieu, que cela puait l'ironie... "Si c'est lui que tu cherches, il est dans la salle à manger, occupé à pleurnicher auprès de ma très chère mère. Je crois qu'il n'a pas apprécié que je lui dise de fermer sa gueule. Quel susceptible ! Enfin, maintenant que tu es un héros, tu n'as plus à craindre la vindicte de Fiona, donc tu peux toujours aller le trouver."
Je ne voyais pas de réelle raison à ce qu'il vienne m'adresser la parole, bien qu'en soit la chose ne soit pas aussi désagréable qu'on aurait pu le croire. Sans doute cherchait-il John pour une quelconque raison...

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Mer 15 Mar - 20:14

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"Me crois-tu donc si facile à déchiffrer ?" ricana Francis. « Assez, oui », pensa Magnus. Contrairement au second fils légitime de son père, Magnus savait masquer ses émotions. Francis, en revanche, avait pratiquement constamment l’air énervé. On pourrait certes se dire que c’était ce à quoi il ressemblait, qu’il avait des traits durs et sévères…Il n’en était rien ; Francis arborait quotidiennement cet air de rage intense parce qu’il était au moins une fois par jour dans un état de rage intense. Et s’il pensait que cela ne se voyait pas, il s’égarait complètement.

"Après tout, les sacrosaints liens familiaux voudraient que ce soit toi, qui soit représenté là,", ajouta-t-il.
« Et voudrais tu que ce soit moi ? J’en doute. Ce n’est pas moi qui t’aie choisi la petite Wemyss. », répondit Magnus.

Il devinait sans peine que le sujet de la rage de Francis avait, de près ou de loin, un rapport avec ce mariage prochain. En cela, Francis devait sans doute envier Magnus ; il était libre d’épouser qui il souhaitait,  personne n’y verrait rien à redire. De même, adolescent, il n’avait jamais eu besoin de prévenir de ses allées et venues ou de demander la permission pour s’éclipser. La plupart du temps, on ne remarquait d’ailleurs même pas son absence puisqu’il n’était pas autorisé à manger à la table familiale. Il avait ainsi pu profiter de la chaleur du corps de Grizel quand l’envie lui en prenait et qu’il avait fait une assez bonne pioche à la chasse que pour pouvoir la vendre au boucher des environs.
En faisant remarquer qu’il n’y était pour rien dans cette planification de mariage, Magnus n’essayait aucunement de dresser ses deux frères l’un contre l’autre. Il savait que, tout comme lui, Francis était loyal envers son laird et le resterait. Le batard s'était rapproché jusqu'à arriver à la même hauteur que son demi-frère, face aux différentes cibles, et entreprit de tirer une seconde flèche, lançant peut être silencieusement un concours à celui qui tirerait le plus de flèches dans cercle rouge de la cible.

« Tu sais, on la dit plutôt agréable à regarder. Des traits fins et de longs cheveux blonds. Tu la trouveras peut être au moins à ton gout ? Certes, il y a les divergences d’opinion politique... Mais n’as-tu jamais possédé une femme sans connaître ses opinions sur l’invasion anglaise ? », demanda-t-il, avec un léger sourire en coin. Magnus estimait en effet que les opinions politiques ne devraient pas poser trop de problèmes à la consommation d'un mariage. En revanche, cela pouvait évidemment être quelque peu embêtant pour ce qui était de son maintien et du bonheur qui en découlerait. Il préféra anticiper en ajoutant, d'un air plus sérieux : « Ne m’en veux pas, j’essaie juste de t’aider à trouver du positif à cette situation, bien que je puisse tout à fait concevoir ta colère et ta déception. »

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Jeu 23 Mar - 20:34

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Magnus Farquharson
« L'homme peut, comme le ciel, avoir une sérénité noire ; il suffit que quelque chose fasse en lui la nuit. [...] Ce qui fait la nuit en nous peut laisser en nous les étoiles. [Il] était plein de vertus et de vérités, mais qui brillaient dans les ténèbres. [...] C'était un impeccable qui se croit infaillible. Personne ne l'avait vu pleurer. Vertu inaccessible et glaciale. Il était l'effrayant homme juste. » Victor Hugo, Quatrevingt-treize.

 
" - Et voudrais-tu que ce soit moi ? J’en doute. Ce n’est pas moi qui t’ai choisi la petite Wemyss.
- Effectivement,"
ricanais-je, "mais c'est toi, le bâtard. Depuis tout ce temps, je pensais que tu aurais compris que tu étais seul responsable de nos malheurs."

Presque involontairement, j'avais affiché une mimique affectée et mon ton fleurait bon l'ironie amère. Essayais-je d'imiter ma mère, par mon expression faciale faussement dégoûtée ? Je l'ignorais - Fiona n'était pas le genre de femme qui affichait son dégoût de manière affectée. Elle le hurlait avec rage, une chose que je tenais sans doute d'elle. Le petit discours que je venais de servir à mon demi-frère était celui dans lequel elle nous avait bercés - si tant est qu'elle nous ait un jour bercés... - toute notre enfance, et même plus tard. Je commençais à peine à comprendre à quel point j'avais été idiot d'y adhérer : combien de fois m'étais-je enorgueilli d'être le seul capable de parler à John sur le ton qu'il méritait, et pas sur celui qu'on attendrait de la part d'un jeune frère ? Combien de fois m'étais-je opposé ouvertement à ma mère, fier d'être le seul à avoir assez de tripes pour le faire ? J'avais pourtant suivi le mouvement, comme un mouton bien docile, lorsqu'il s'était agi de malmener Magnus. A croire que ma capacité à haïr n'attendait qu'un exutoire - rôle que le bâtard de mon père avait endossé de très longues années. Je m'en voulais, parfois, lorsque j'y pensais. Mais je n'étais pas homme à m’appesantir des heures sur des actions passées : Magnus avait prouvé sa valeur, comme soldat et comme Farquharson. Il gagnait automatiquement mon respect.

Et peut-être même, un jour, gagnerait-il mon amitié... Quand je gagnerais la sienne.
Une éventualité qui m'effleurait parfois, mais qui me semblait encore trop éloignée de la réalité pour que je puisse la voir se concrétiser un jour.

Avec un second sifflement sourd, la deuxième flèche de Magnus trancha l'air. Sans broncher, je la vis se loger plus près encore du centre de la flèche que sa première. J'eus un mouvement satisfait du menton : il ferait des miracles sur le champ de bataille. Lorsque éclaterait enfin la guerre avec les anglais, il me faudrait prendre Magnus comme lieutenant. En silence, je repris mon arme en main, et accomplissant les mêmes gestes que précédemment, je bandais l'arc, visais et tirais. Nouveau sifflement. Ma flèche pénétra la cible à quelques millimètres de la première envoyée par Magnus. Plus près de la cible donc. Mais toujours plus loin que ne l'étais mon demi-frère. A ce stade-là, il gagnerait sans doute ce petit jeu - la prochaine fois, je penserais à combattre contre John, là je gagnerais à coup sûr. Magnus était un bien meilleur adversaire, donc un bien meilleur entrainement. D'un signe de tête, j'indiquais à Magnus son propre arc. A présent qu'il m'avait lancé sur le terrain des armes, il m'en faudrait beaucoup pour me faire quitter les lieux - il m'en faudrait en tous cas bien plus que ce que John serait en mesure de me proposer. A moins qu'il ne vienne m'annoncer la rupture de mes fiançailles. Mais c'est bien trop beau pour être vrai.

Et en parlant de fiançailles...
"Elle peut bien être l'exacte copie de la belle Hélène," répondis-je à Magnus, usant de l'unique exemple littéraire que je connaissais en matière de beauté féminine, "je refuse catégoriquement d'approcher cette écervelée. Une Lowlander, Magnus, ne sera jamais à mon goût." La petite Wemyss, j'en avais vu des portraits. Jolie, a priori. Mais c'était un non d'emblée : elle n'était pas Lucy. Je n'avais jamais désiré d'autre femme qu'elle et ce n'était pas elle que j'épouserais. Tant pis pour Sorcha - j'espérais qu'elle serait assez craintive à l'endroit des Highlanders pour ne jamais chercher à m'approcher en aucune façon. Alors seulement, elle me laisserait tranquille. "Pour être honnête, je n'ai jamais possédé qu'une femme, car aucune ne m'intéresse réellement sauf celle-ci... Et je connaissais ses opinions sur la couronne anglaise avant même d'entrer dans son lit. Lit dans lequel je ne serais pas entré si ses opinions divergeaient des miennes, tu peux me croire. Il y a des sujets sur lesquels je suis peu enclin au dialogue."

Bon, en réalité, je n'étais jamais enclin au dialogue, j'avais plus tendance à frapper qu'à expliquer. C'était bien trop long, d’expliquer - frapper était nettement plus rapide et convainquant. Et au moins, avec Lucy, nous pouvions passer aux choses sérieuses sans débattre pendant dix ans et demi sur qui devait prendre la tête de l’Écosse - elle et moi étions d'accord et ne doutions jamais de la certitude de notre réponse. "C'est bien aimable de ta part, Magnus," fis-je, "mais honnêtement j'ai beau chercher le positif de la situation, je ne le trouve pas."

J'eus un rictus : Mganus me côtoyait depuis assez longtemps sans doute pour savoir que chercher le positif dans une situation qui ne l'était pas correspondait autant à ma nature que de dialoguer avec quiconque ne partageant pas mon opinion - à savoir absolument pas. "Estime-toi heureux, je ne te souhaite pas de te voir marié suivant les bonnes intentions" - quelle belle blague ! - "de notre adorable frère aîné. Comme si je n'avais que cela à faire, de me marier - et à une gamine du sud, qui plus est ! Etait-ce trop lui demander que de me laisser épouser la femme de mon choix ? La chose est belle, pour lui, il a engrossé une des nôtres ! Lui a été marié à une Farquharson. Et moi, je vais devoir me traîner une Lowlander jusqu'à la fin de mes jours. Qu'il aille au Diable."

Au cas-où quelqu'un en aurait encore douté, c'était désormais limpide : je détestais mon frère.

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Dernière édition par Francis Farquharson le Dim 2 Avr - 15:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Sam 25 Mar - 21:52

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Magnus avait préféré répondre à l’accusation de son frère touchant son statut de batard en tirant une flèche au plus près de la cible.
« Certes. Ceci dit, il y a des jours où je suis bien aise d’être un batard. Personne n’entend me marier à personne, et je profite au mieux de mon célibat dans les bras des plus belles rousses que l’Ecosse a vu naître. », avait il ajouté après avoir eu un regard satisfait en voyant la flèche se loger là où il l’avait espéré. L’amour de Magnus pour les femmes aux cheveux de feu n’était pas un secret.

Alors qu’il avait essayé de trouver du bon à la situation de Francis, et de l’encourager à regarder les choses sous un autre angle, la réaction de celui-ci ne l’étonna pas. Francis était un mur, sur certains sujets. Tenter de le convaincre avec des arguments contraire à ceux qu’ils chérissaient revenait littéralement à foncer dans un mur. Une lowlander ne serait jamais à son gout, avait il dit. Il ajouta autre chose ;

« Pour être honnête, je n'ai jamais possédé qu'une femme, car aucune ne m'intéresse réellement sauf celle-ci... Et je connaissais ses opinions sur la couronne anglaise avant même d'entrer dans son lit. Lit dans lequel je ne serais pas entré si ses opinions divergeaient des miennes, tu peux me croire. Il y a des sujets sur lesquels je suis peu enclin au dialogue. »


Magnus aurait du être étonné par de telles affirmations. Francis, l’indomptable Francis, fidèle à une seule et même femme ? Il ne l’était cependant pas. Francis était aussi un homme qui recherchait, au dessus de tout plaisir ou divertissement, la qualité. Si une femme avait su le convaincre qu’elle l’incarnait, il était logique qu’il n’en changerait pas.

« Estime-toi heureux, je ne te souhaite pas de te voir marié suivant les bonnes intentions de notre adorable frère aîné. Comme si je n'avais que cela à faire, de me marier - et à une gamine du sud, qui plus est ! Etait-ce trop lui demander que de me laisser épouser la femme de mon choix ? La chose est belle, pour lui, il a engrossé une des nôtres ! Lui a été marié à une Farquharson. Et moi, je vais devoir me traîner une Lowlander jusqu'à la fin de mes jours. Qu'il aille au Diable. »

Magnus eut un rictus à son tour. « Parce que tu aurais aimé épouser Claire ? Soyons honnête, elle n’a de Farquharson que le nom… »  Magnus n’avait jamais aimé Claire, et cela n’était pas prêt de changer. Il détestait sa façon de se comporter comme une véritable reine, de même qu’il avait détesté apprendre que Fiona l’acceuillait à table, quand lui, fils du Laird, devait manger avec les serviteurs. Mais il avait surtout beaucoup ironisé sur cela. Après tout, ces repas avec les serviteurs avaient toujours été joyeux, surtout lorsqu’Erlina était là. La seule chose qu’il déplorait était de ne pas avoir pu assister à toutes les disputes opposant cette chère Fiona à son second fils.

« Tu sais Francis, je crois savoir qui est cette unique femme que tu as possédé.
» Il fit une pause, baissa son arc  alors qu’il s’était apprêté à tirer et ajouta, baissant un peu la voix. « Je ne compte pas le vendre à qui que ce soit. J’ai d’autres choses à faire que de propager des ragots sur mon clan. » Il avait dit clan pour ne pas dire famille, car c’est un mot qu’il ne pouvait prononcer sans être certain de se faire reprendre sur le terme, étant adolescent, et il avait fini par le remplacer sans cesse, tel un automatisme. Ce que Magnus croyait avoir compris était un inceste de longue date entre Francis et sa sœur, Moira. Toutefois, malgré le peu de considération que son frère et sa sœur avait eu toutes ces années, il ne l’annonçait pas d’un air accusateur. Ce n’était pas dans le but de plaire à Francis, ou de lui être agréable. En fait, contrairement à beaucoup de monde, Magnus n’avait pas pour habitude de remplacer Dieu au jugement dernier. Ce n’était pas à lui de juger, que ce soit les actions de son frère ou les femmes de petites vertus. Il avait d’ailleurs bien du mal à comprendre sous quel droit le commun des mortels le faisaient. « Mais vous devriez vous montrer plus discrets. Si la petite Sorcha Wemyss le découvre, cela ne serait pas très bon pour vous. »

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Dim 2 Avr - 16:42

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Magnus Farquharson
« L'homme peut, comme le ciel, avoir une sérénité noire ; il suffit que quelque chose fasse en lui la nuit. [...] Ce qui fait la nuit en nous peut laisser en nous les étoiles. [Il] était plein de vertus et de vérités, mais qui brillaient dans les ténèbres. [...] C'était un impeccable qui se croit infaillible. Personne ne l'avait vu pleurer. Vertu inaccessible et glaciale. Il était l'effrayant homme juste. » Victor Hugo, Quatrevingt-treize.

Cette affection bien particulière que Magnus nourrissait à l'égard des femmes aux cheveux roux avait déjà atteint mes oreilles - rien n'était plus bavard qu'un soldat ivre, or des soldats, mon demi-frère et moi en avions fréquenté à la pelle. Aussi, cette réflexion me tira un bref rire de nez - chacun sa préférence, sans doute. En ce qui me concernait, la seule femme qui m'avait un jour attiré était Lucy, et depuis jamais je n'avais désiré d'autre personne qu'elle. Etait-ce à dire que j'appréciais les blondes ? Pas sûr. C'était Lucy - elle et personne d'autre. Cela pouvait sembler surprenant, mais c'était ainsi. Les garçons que j'avais pu entraîner, ceux qui avaient servi à mes côtés ou sous mes ordres, me trouvaient parfois étrange. Les descentes des régiments dans les bordels, tant d'Inverness que d'Edimbourg, étaient assez réguliers... Sauf pour certains rares, dont j'étais. Et tous avaient fini par s'habituer.
J'avais entrevu des représentations picturales de Sorcha Wemyss, et à aucun moment elle ne m'avait semblé laide. Mais qu'elle l'ait été ou non, cela n'aurait rien changé, ni notre mariage, ni le dégoût qu'elle m'inspirait. Je ne toucherais pas cette femme. C'était chose dite - dès que cet accord de fiançailles avait été ratifié. Et jamais je ne changerais d'avis. Ceux qui me connaissaient, et Magnus en était, pourraient aussi bien avertir cette Lowlander dès qu'elle mettrait le pied ici : l'homme ou la femme qui me ferait changer d'avis n'était pas encore de ce monde. Les seules personnes dont l'avis m'importait vraiment étaient de toute façon du même que le mien : Moira désapprouvait cette union, Lucy plus encore. Avec leste, je repris mon arc, tirais à nouveau : cette fois, c'était à plusieurs centimètres du centre de la cible que se logea la flèche.

'Je me déconcentre, c'est très mauvais,' grognais-je dans la barbe que je n'avais pas.
A croire que ces affaires matrimoniales étaient vraiment en train de perturber mon quotidien que je m'efforçais de rendre imperturbable. Au fond, je nous en voulais, à Lucy et moi : nous avions tout notre temps pour nous marier. Il aurait suffi de faire ça à la sauvette, entre deux portes, et d'annoncer ensuite le fait accompli à John... Il n'aurait jamais pu s'opposer à une union déjà contractée... Et l'aurait-il fait, lui enfoncer mon poing dans la mâchoire aurait été pour moi une intense source de bonheur. 'Parce que tu aurais aimé épouser Claire ? Soyons honnêtes, elle n’a de Farquharson que le nom…
- Berk, non !'
protestais-je aussitôt. 'J'ai mal exprimé ce que je voulais dire. Disons que quitte à me marier' - chose dont, en réalité, je n'avais jamais eu réellement envie - 'j'aurais préféré que ce soit avec une femme de mon choix. Et je sais que mon choix se serait porté sur une des nôtres, une Highlander. Une Farquharson. Cela, notre bien-aimé Laird ne sera jamais à même de comprendre, lui croit s'être marié dans le monde du roi Arthur. Même si tout rapport entre Claire et la reine Guenièvre se serait que pure coïncidence. Et je ne parle même pas du rapport entre John et Arthur.'

C'était une chose à laquelle je ne m'attendais pas : j'étais l'amant de Lucy depuis mes quatorze ans. J'en avais vingt-et-un, et jamais je n'avais eu envie de l'épouser. J'avais envie d'elle, et je l'aimais bien réellement, mais l'idée de me marier me faisait fuir. Comme si un anneau et un sermon de Dieu savait que curé du coin pouvait changer quoi que ce soit à mon engagement. Aujourd'hui, je le regrettais, mais avant tout parce-que c'était une autre union que celle qui m'aurait plu qui se dessinait à l'horizon. Preuve que ce qui se dit dans les chaires des églises, c'est quand même un beau ramassis de foutaises... Jamais je ne serais fidèle à la femme que j'allais épouser. Je serais fidèle à celle que jamais je ne pourrais conduire devant l'autel.

Les mots de Magnus, cependant, me tirèrent bien vite de mes réflexions.

Ainsi, il savait.
Je pivotais lentement mon visage vers le sien, à deux pas. J'ignorais quel visage était le mien mais me connaissant, il ne devait pas refléter la chaleur et l'affection. Comment savait-il ? Lucy ne venait presque jamais ici, elle résidait habituellement chez son défunt mari, à Inverness. Les soldats avaient-ils parlé ? Ceux qui nous avaient vu ensemble ne connaissaient pas Magnus, depuis son séjour forcé en Angleterre. La seule au courant était Moira. Et elle ne me trahirait pas. Alors comment mon diable de demi-frère avait-il su... ?

'La petite Sorcha Wemyss', repris-je d'un ton glacé, 'son avis ne m'importe en rien. Je n'ai pas l'intention de passer plus de deux jours consécutifs sous le même toit, et encore moins de partager sa couche. Quel que soit ce qu'elle découvre, elle n'y pourra rien. Quant à cette unique femme, elle a assez de ressources pour clouer le bec de la gamine du sud, du moins je compte là-dessus. Ce qui me surprend en revanche...' Je me tus un instant, encochais une flèche, inspirais. Vidais mes poumons à moitié. Tirais.

Expirais doucement.

Dans le mille : cette fois, ma flèche s'était logée dans le cercle central. Mais cela ne me tira aucun sourire : 'comment as-tu su ?'

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Dim 2 Avr - 22:58

the other brother
Surpris, Francis avait posé son regard froid sur Magnus pendant quelques secondes. Magnus ne s’en formalisait pas ; Francis n’avait jamais l’air très chaleureux.

« La petite Sorcha Wemyss. Son avis ne m'importe en rien. Je n'ai pas l'intention de passer plus de deux jours consécutifs sous le même toit, et encore moins de partager sa couche. Quel que soit ce qu'elle découvre, elle n'y pourra rien. », Répondit-il dans un premier temps. Magnus ne pouvait s’empêcher de se sentir quelque peu désolé pour la jeune fille qu’il ne connaissait pas. Elle n’avait pas plus choisie ce mariage que Francis, et pourtant, étant une femme, il lui incomberait de le faire fonctionner. Elevée par une mère célibataire, Magnus avait plus de respect pour les femmes que la plupart des hommes. S’il comprenait son frère et sa colère à l’encontre de  cette union, il appréhendait la souffrance que celui-ci infligerait à la Wemyss en l’assaillant de ses regards froids et de son indifférence.

«  Quant à cette unique femme, elle a assez de ressources pour clouer le bec de la gamine du sud, du moins je compte là-dessus. Ce qui me surprend en revanche... » Magnus hocha la tête. En effet, Moira n’était pas le genre de fille à se laisser faire. Un nouveau tir permit à Francis d’atteindre le cercle central. Magnus sourit à ce tir réussi. Pas son frère. Si Magnus souriait trop souvent selon Fiona Farquharson qui percevait chacun de ses petits sourires comme une provocation à l’encontre de la famille légitime, Francis lui, ne souriait presque jamais.  « Comment as-tu su ? »
Magnus regarda son frère et baissa son arc. « Cette gamine du sud souffrira sans doute beaucoup de ce mariage, qu’elle n’a pas plus désiré que toi au fond. Enfin. C’est ton mariage, je ne vais pas avoir la prétention de te conseiller ou de te juger là-dessus. », dit-il dans un premier temps au sujet de Sorcha.

« Je ne sais pas exactement comment j’ai compris. Les regards que vous vous échangez, sans doute. Je ne peux jamais rien dire à table, alors j’ai pris l’habitude d’observer. Vous n’avez pas besoin de vous parler pour vous comprendre, ça se voit, on peut vous voir converser en silence. En fait, je crois que j’ai toujours eu un doute au fond. Quand j’étais plus jeune, je t’entendais la rejoindre dans sa chambre, parfois, la nuit…» Magnus rangeait son arc sur le présentoir prévu à cet effet. « Le problème n’est pas tant Sorcha Wemyss. Mais tu sais bien que si elle le découvre et le dévoile à tous, car les épouses délaissées sont des fouineuses, l’Eglise ne se montrera pas des plus clémentes et une mauvaise image planera sur le clan, ce qui ne rendra pas John fou de joie. Je dois dire que si tu venais à être exilé, les dîners familiaux seraient bien moins amusants…Et ils ne sont déjà pas des plus agréables, tu en conviendras. », répondit Magnus, en adressant un léger sourire à son frère.

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Sam 8 Avr - 16:41

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Magnus Farquharson
« L'homme peut, comme le ciel, avoir une sérénité noire ; il suffit que quelque chose fasse en lui la nuit. [...] Ce qui fait la nuit en nous peut laisser en nous les étoiles. [Il] était plein de vertus et de vérités, mais qui brillaient dans les ténèbres. [...] C'était un impeccable qui se croit infaillible. Personne ne l'avait vu pleurer. Vertu inaccessible et glaciale. Il était l'effrayant homme juste. » Victor Hugo, Quatrevingt-treize.

Aussi bâtard soit-il - et il l'était ! - Magnus restait quelqu'un de bien. C'était étrange à formuler de la part d'un individu que j'avais mis un point d'honneur à mépriser jusqu'à ma plus tardive adolescence. Mais il était quelqu'un de bien. Ce qui ne nous rapprochait pas pour autant : étais-je, moi, quelqu'un de bien ? Moira prétendait que oui. Sorcha Wemyss, à coup sûr, serait la première à dire que non. Et honnêtement, je me fichais d'être quelqu'un de bien ou pas, j'ignorais totalement ce que cela voulait dire. Nul n'avait jugé bon de faire de moi un homme conscient du sens des mots honneur, famille et justice - je n'étais pas John, né pour être Laird, j'étais Francis, deuxième-né, venu au monde pour être soldat. La main armée des Farquharson. C'était l'armée qui avait forgé l'homme que j'étais, armée que j'avais fréquenté dès mon plus jeune âge, moi qui avait été ballotté de régiment en champ de bataille et de champ de bataille en villes de garnison. Le sens des mots honneur, famille et justice, c'était l'armée qui me les avait appris : l'honneur ne va pas sans la guerre. La famille, c'est le régiment. La justice, c'est celle du sang. Je n'avais jamais cherché à voir plus loin, peut-être parce-que c'était dans ma nature, peut-être aussi parce-que personne ne m'avait encouragé à le faire. Peut-être parce-que j'ignorais totalement qu'il y avait un plus loin - parce-que personne ne me l'avait dit. Comment, alors, identifier quelqu'un de bien avec des critères tels que ceux qu'on m'avait inculqués ?

Magnus était un bon soldat - les flèches qu'il avait expédiées dans la cible en étaient la preuve. Il avait maintes fois fait montre de sa valeur de militaire, un aspect de lui qui ne pouvait que m'attirer de la sympathie... Si tant est que j'étais capable d'une sympathie réelle. Parfois, j'avais l'impression d'être violent même dans l'amour que je portais aux gens, en l’occurrence Lucy et Moira. J'ignorais comment corriger cela, et au fond, je ne cherchais pas vraiment à le faire.
Et Magnus ne cherchait ni à juger, ni à conseiller. Je n'avais besoin ni d'un juge ni d'un conseil - aussi eus-je un hochement de tête muet, mais approbateur, à ses paroles concernant mon mariage prochain. Les seuls aptes à me conseiller étaient les militaires plus gradés que moi, les seuls aptes à me juger étaient les membres de la Cour martiale. Dieu lui-même ne pourrait me juger, j'avais depuis longtemps cessé de croire en lui. John s'y essayait régulièrement, et se retrouvait systématiquement sur les roses. Au moins, Magnus restait à sa place - pas à sa place de bâtard, mais à sa place de frère, et d'homme. Je mentirais en disant que je n'y étais pas sensible.

Mais rapidement, les paroles de mon demi-frère tirèrent mon attention ailleurs. Il savait pour Lucy et moi, mais comment ? La réponse vint, des plus déroutantes... "Les regards que vous vous échangez, sans doute. Je ne peux jamais rien dire à table, alors j’ai pris l’habitude d’observer..." Le dernier repas de Lucy à Inverclaud remontait à l'époque où elle était la femme de mon crétin de cousin. Se pouvait-il que Magnus ait eu si bonne mémoire ? "Quand j’étais plus jeune, je t’entendais la rejoindre dans sa chambre, parfois, la nuit…" Mais de quoi diable parlait-il ? Lorsque Lucy était devenue ma maîtresse, elle était veuve depuis quelques années, et ne revenait plus guère sur nos terres. Elle restait à Inverness, chez elle. Alors qu'est-ce que Magnus avait-il donc pu entendre ?

C'est avec étonnement que j'entendis ma propre voix, et que je compris que malgré mes réflexions, j'avais enregistré les derniers mots de Magnus. "Les repas de famille sont la plus subtile des tortures. Ravi d'apprendre que ma présence aide à les rendre plus supportables..." Pourtant, mon visage ne devait refléter aucun ravissement. Mais comme tous les miens, Magnus devait être habitué à me voir aligner une tête de six pieds de long. Et puis, soudainement, je compris enfin : "Moira !"
Évidemment. Ça tombait sous le sens. Ma soeur et moi n'avions jamais eu besoin de parler pour nous comprendre. Et combien de fois avais-je dormi dans son lit, et elle dans le mien ? Les pièces s’emboitaient à la perfection. Ainsi, mon demi-frère avait cru deviner un inceste entre Moira et moi. Cela aurait dû me choquer, mais je constatais avec une demi-seconde de retard qu'il n'en était rien. Et dans la demi-seconde qui suivit, que je n'avait rien pour prouver le contraire. "Je n'ai aucune preuve à t'apporter, mais aussi étrange que cela puisse paraître, tu n'y es pas." Mon ton était le même, froid et détaché. Serais-je un jour capable de montrer une autre émotion que la colère ? Pas aujourd'hui, apparemment... "Pour autant, je ne peux pas dire que tu es à des lieues de la vérité. J'ai dormi à côté d'elle près de quinze ans, et je la comprends sans lui parler. La réciproque est vraie. C'est l'unique personne à qui je confierais tout, ma vie y compris, sans hésiter, l'unique personne à qui je fais confiance les yeux fermés. Nous avons tout fait tous les deux, sinon ce à quoi tu penses. A présent, libre à toi de me croire ou non."
Mais cela ne suffisait pas. Magnus avait cru à un inceste entre ma soeur et moi, je n'en étais pas choqué, parce-que peu de choses étaient réellement aptes à me choquer. Sauf qu'il avait raison : si une autre personne que lui avait la même idée, l'étincelle ne tarderait pas à mettre le feu aux poudres. L’Église s'en mêlerait. Le scandale impacterait tout le clan, m'impacterait moi, impacterait aussi Moira. Je pouvais me remettre de beaucoup, mais pas de voir mon clan et ma sœur traînés dans la boue. "Tu te souviens d'Angus Farquharson, le fils du frère cadet de notre père ? Quand il s'est marié, j'avais six ans. Sa femme en avait seize - Lucy Farquharson, une cousine éloignée du clan. Quand Angus est mort, elle avait vingt ans, moi dix. Elle n'est plus revenue ici depuis de très, très longues années." A l'instar de mon demi-frère, je rangeais mon arc. Malgré mon dernier coup de génie, auquel j'avais à peine prêté attention, il avait envoyé plus de flèches près du centre de la cible que moi. "C'est ma maîtresse depuis que j'ai quatorze ans. Elle en avait lors vingt-quatre. J'ignore ce qu'est l'amour, personne n'a jamais essayé de m'expliquer et je t'avoue ne pas avoir envie de comprendre. Je suis soldat, pas troubadour. Mais j'aime cette femme autant que je sois capable d'aimer." C'était la première fois que je parlais de Lucy à quelqu'un d'autre à Moira, et je manquais cruellement d'éloquence pour m'exprimer sur autre chose que les affaires de la guerre. Pourtant, j'étais sincère dans mes propos... Et être sincère face à quelqu'un d'autre que ma soeur avait quelque chose de terriblement perturbant.

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Lun 10 Avr - 14:01

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"Je n'ai aucune preuve à t'apporter, mais aussi étrange que cela puisse paraître, tu n'y es pas. Pour autant, je ne peux pas dire que tu es à des lieues de la vérité. J'ai dormi à côté d'elle près de quinze ans, et je la comprends sans lui parler. La réciproque est vraie. C'est l'unique personne à qui je confierais tout, ma vie y compris, sans hésiter, l'unique personne à qui je fais confiance les yeux fermés. Nous avons tout fait tous les deux, sinon ce à quoi tu penses. A présent, libre à toi de me croire ou non."
Magnus était étonné d’avoir eu tort, mais ne mettait pas en doute la bonne foi de Francis. Son frère n’avait aucune raison de lui mentir, après tout.

« Loin de moi l’idée de te traiter de menteur. », répondit Magnus. « Cela n’est plus de notre âge. », ajouta-t-il, repensant à ses premiers jours au sein du clan, à ses premiers entrainement, où Fiona, Francis ou John l’accusaient de tricher au tir à l’arc, de dépasser la ligne pour avoir plus de facilités. Au début, il lui était arrivé de s’emporter et de crier au mensonge. Mais il avait assez vite apprit à accepter sa condition et à vivre avec celle-ci.

Francis poursuivit en parlant d’une femme du clan, Lucy Farquharson. Magnus voyait de qui il s’agissait, sans la connaitre davantage. Il n’avait pas assisté au mariage de la dite Lucy avec Angus, ne vivant à Invercauld que depuis l’âge de treize ans. Il devait l’avoir vue une fois ou l’autre, mais ne pensait même pas avoir déjà conversé avec elle.

"C'est ma maîtresse depuis que j'ai quatorze ans. Elle en avait lors vingt-quatre. J'ignore ce qu'est l'amour, personne n'a jamais essayé de m'expliquer et je t'avoue ne pas avoir envie de comprendre. Je suis soldat, pas troubadour. Mais j'aime cette femme autant que je sois capable d'aimer.", expliqua Francis.

Magnus avait lui aussi perdu sa virginité dans les bras d’une femme plus âgée, à l’âge de quatorze ans. Grizel avait alors vingt ans. Il était attaché à elle, il ne pouvait dire le contraire. Mais ce n’était pas ce qu’on pouvait appeler de l’amour, il ne le pensait pas.

« Je vois… Et tu parvenais à échapper aux regards de Lady Fiona pour la rejoindre ? J’ai toujours eu l’impression qu’elle surveillait vos moindres faits et gestes. Surtout pour ce qui est de John, évidemment. », demanda Magnus, quelque peu curieux. Il avait toujours eu la liberté d’aller où bon lui semblait et de rentrer quand il voulait ; personne ne s’en inquiéter. Il ne ratait jamais un seul entrainement, évidemment, mais en dehors de cela, en tant qu’enfant illégitime, il ne comptai pas suffisamment pour qu’on garde un œil sur lui, ce dont il ne s’était jamais plaint.

« Mais…Puisque Lucy est veuve, pourquoi n’as-tu pas anticipé en demandant à feu notre père la permission de l’épouser ? Il aurait sans doute été plus enclin à accepter que John aujourd’hui et cela t’aurait évité de te retrouver dans un mariage arrangé de toutes pièces. Tu es un fils légitime de Laird, tu devais bien t’attendre à ce qu’on t’oblige à te marier un jour ou l’autre.... », demanda Magnus.

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Ven 14 Avr - 17:58

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"Cela n'est plus de notre âge."
Non, en effet. Il me fallut quelques secondes pour comprendre à quoi Magnus faisait allusion - incroyable comme cette période de ma vie où je vivais quotidiennement à Inverclaud avait disparu dans les limbes de mes souvenirs lointains. C'était le temps où Magnus nous avait rejoint, et on ne pouvait pas dire qu'il avait été bien accueilli parmi nous alors... Il ne l'était d'ailleurs toujours pas réellement, même si John était forcé de ronger son frein depuis que notre demi-frère lui avait sauvé la mise face aux anglais. Je me demandais parfois si cette vie avait bel et bien été la mienne, tant elle me semblait alors vue par les yeux d'un autre. Ma vie, ma vraie vie, avait commencé l'année d'après, lors de mes premiers séjours avec les garnisons. C'était l'armée qui m'avait appris à vivre, et qui m'avait parallèlement appris que la valeur d'un homme ne se mesurait pas à sa naissance mais à son talent face à l'ennemi. Pour autant, je ne regrettais en rien mon comportement à l'égard de Magnus, du moins n'était-ce pas l'impression que j'avais. A quoi ressemblait le regret ? Je n'en savais rien. Et je m'en moquais : les regrets, c'était bon pour les faibles et les lâches. Les forts assumaient leurs actes jusqu'à la fin - et j'assumais les miens. Quels qu'ils soient.

"Elle surveillait ceux de John," répondis-je à Magnus lorsqu'il mit sur le tapis le sujet de la présence maternelle. "Moi, je n'ai jamais été sa préoccupation. Que le sacrosaint John s'écorche le genou et c'était une armée de médecins qui rappliquait. Elle se serait mise à genoux devant le roi d'Angleterre s'il l'avait fallu - que ne ferait-elle pas pour John ?" Je ne pus retenir un reniflement méprisant. "Moira et moi, en revanche..."
Bon, j'exagérais sans doute en ce qui concernait Moira, elle était l'unique fille de Fiona et cette dernière en prenait relativement soin, pour peu qu'elle soit apte à s'occuper de quelqu'un d'autre que son abruti de fils aîné. "Et puis, si tu te souviens bien, à quatorze ans déjà je restait assez peu ici comparé à John. C'était lui, le futur Laird. Moi, j'étais bon pour guerroyer, pas pour régner." Et au fond, ce n'était pas plus mal : toute cette paperasse qui s'accumulait sur le bureau de mon aîné me donnait la nausée. Un coup d'épée, un tir de fusil, voilà qui réglait bien mieux les problèmes que tous les textes de loi du monde. "Le régiment auquel feu notre père m'avait fait rentrer passait pas mal de temps à Inverness, et comme Lucy vit à Inverness, je profitais des séjours des autres gars au bordel pour m'éclipser chez elle. Simple comme bonjour. Et comme les seuls à savoir étaient - et sont toujours - nous deux et Moira, et toi maintenant, aucun risque que ma mère le sache."
Magnus avait été infiniment plus laissé à lui-même que nous l'avions été - dans le genre, je ne tenais pas la comparaison. Mais par rapport à John ou même Moira, j'avais aussi été le laissé pour compte de la fratrie légitime. Ce qui expliquait peut-être pourquoi je n'étais réellement proche que de ma soeur, et pourquoi les autres m'étaient au mieux indifférents, au pire complètement exécrables.

Magnus pointa bientôt un autre problème, qui avait commencé à m'effleurer l'esprit lorsqu'il avait été question que j'épouse cette mijaurée de Sorcha Wemyss.
"En vérité, je crois qu'aucun de nous n'était prêt à se marier. Lucy avait déjà enterré un mari dont elle n'avait que faire, elle n'a jamais voulu renoncer à sa liberté ensuite. A croire que les veuves sont les seules femmes libres de ce bas-monde... Et je ne voulais pas me marier non plus. Je ne veux toujours pas, d'ailleurs. C'est certain que j'aurais préféré l'épouser elle, plutôt que Sorcha, mais lorsqu'il était temps, je n'étais pas prêt. Je ne le suis toujours pas. Tu me vois en homme marié, sérieusement ?" Personnellement, j'aurais éclaté de rire si j'avais été un homme prompt au rire. Au lieu de quoi, je me contentais d'un rictus tordu entre amertume et mépris. "Et puis des noces, ça implique une cérémonie à l’Église, avec sermons et discours de prêtre que je n'écoute jamais, une belle perte de temps en somme. Je n'ai de compte à rendre à personne et sûrement pas à Dieu, hors de question qu'il se mêle de mes affaires." Oui, c'était puéril, comme réflexion. Mais concrètement, c'était vrai : je détestais qu'on vienne fouiner dans ce qui ne concernait personne d'autre que moi. Fut-il humain ou divin. L'idée même d'un être supérieur qui imposait sa morale et dirigeait nos faits et nos actes me mettait plus en colère que je ne l'étais de nature.

" - Tu es un fils légitime de Laird, tu devais bien t’attendre à ce qu’on t’oblige à te marier un jour ou l’autre...
- En fait,"
répondis-je avec un temps de recul, "absolument pas. Aussi loin que je me souvienne, on ne m'a jamais qualifié de fils légitime de Laird, mais de soldat. De main armée. De guerrier. On m'a dit que j'étais l'homme d'armes du clan, mais pas que j'étais un pion sur l'échiquier du Laird. C'est certainement très naïf de ma part, mais c'est vrai. Je n'ai jamais su que j'aurais une importance pour le clan, autre que sur les champs de bataille. Je n'ai jamais vraiment cherché à le savoir non plus, pour moi c'était acquis... Ma mère, notre père... Le maître d'armes... Ils parlaient comme si c'était acquis. Dans ma tête, c'était à John que revenait cette responsabilité. Engrosser Claire, avoir des mioches, c'était bon pour le Laird, c'est à lui de laisser une trace. Nous, les soldats," je haussais une épaules, "on est là pour s'entraîner, se battre le jour venu, crever comme des rats et repartir comme on est venu. N'est-ce pas ?"

Ma vision du monde et de l'humanité était d'un optimisme à toute épreuve...

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MessageSujet: Re: The other brother ft. Francis Farquharson   Dim 16 Avr - 22:12

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Magnus écouta son frère lui expliquer pourquoi il n’avait pas épousé Lucy. Lui non plus, à vrai dire, ne se sentait pas prêt à se marier. Mais cela n’était pas un problème, puisque personne ne lui demandait de le faire.

Normalement, si les choses suivaient leur cours en ce sens, il épouserait une jeune fille d’une famille anglaise importante, pour que ses enfants aient une certaine légitime dans la vie des hautes sphères du royaume d’Angleterre. Mais il n’y pensait pas. Depuis qu’il était parti d’Angleterre en acceptant ce pacte, il n’avait encore rien fait pour l’honorer…
« Tu es un fils légitime de Laird, tu devais bien t’attendre à ce qu’on t’oblige à te marier un jour ou l’autre... », avait dit Magnus.

« En fait, absolument pas. Aussi loin que je me souvienne, on ne m'a jamais qualifié de fils légitime de Laird, mais de soldat. De main armée. De guerrier. On m'a dit que j'étais l'homme d'armes du clan, mais pas que j'étais un pion sur l'échiquier du Laird. C'est certainement très naïf de ma part, mais c'est vrai. Je n'ai jamais su que j'aurais une importance pour le clan, autre que sur les champs de bataille. Je n'ai jamais vraiment cherché à le savoir non plus, pour moi c'était acquis... Ma mère, notre père... Le maître d'armes... Ils parlaient comme si c'était acquis. Dans ma tête, c'était à John que revenait cette responsabilité. Engrosser Claire, avoir des mioches, c'était bon pour le Laird, c'est à lui de laisser une trace. Nous, les soldats,on est là pour s'entraîner, se battre le jour venu, crever comme des rats et repartir comme on est venu. N'est-ce pas ? »

Magnus eut un léger rire. « Non, ça c’est pour les soldats fils d’une personne insignifiante, cinquième mâle de la fratrie, ou batard. John pourrait mourir en ne laissant que des filles. Tu serais alors laird à ton tour. Tu n’es que le deuxième fils, tu pourrais très bien être laird. Cela est souvent arrivé qu’un deuxième fils le devienne. », expliqua Magnus. « Mais moi, pas. Je ne suis pas né légitime. En fait, c’est étrange à dire mais, il me semble parfois que tu aurais peut-être été plus heureux si tu étais né batard, Francis… », pensa Magnus, à haute voix.

En effet, Francis n’était pas proche de sa famille, excepté Moira. Cela n’aurait donc rien changé s’il avait été un batard. Il aurait été élevé pour être soldat également, et il n’aurait pas eu à honorer ce mariage. Y avait-il déjà pensé ?
Evidemment, Magnus avait déjà imaginé la situation inverse le concernant. Il n'aurait jamais voulu que Fiona soit sa mère, ça non. Mais il s'était déjà plu à imaginer avoir été élevé en fils légitime par son père, avec un regret amer au fond de la gorge...

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